Présentation d’Evan Garnier, rédacteur de la Revue de la Toile

Voici l’histoire de deux espions d’opérette, opérant dans un bureau, enquêtant sur votre serviteur, Evan Garnier ! J’aurais pu faire une présentation classique (ou presque)…mais j’ai voulu tester quelque chose. Vous allez lire une fiction qui raconte la vérité…à un ou deux détails près…

Dites moi ce que vous en pensez. Et si j’écrivais certains articles comme ça, sous la forme d’une fiction dialoguée?

Époque de Guerre Froide. C’était un soir comme un autre au siège de la CIA. Les corbeaux croassaient, les espions espionnaient, les russes buvaient, et les employés de bureau glandaient. Enfin presque tous.

– Qu’est-ce qu’on a comme missions sur les bras, Jack ?

– Un projet d’assassinat de Fidel Castro qui consiste à placer un explosif dans son cigare. De la vente de farine à une boulangerie paumée du sud de la France. Tuer des chèvres par la pensée…

– Trop compliqué, mieux vaut laisser ça aux gens compétents. Je me ferais bien un peu de surveillance de cocos. C’est tranquille, c’est posé. Par exemple, ce type-là, Evan Garnier… commença John en retirant une feuille de papier d’une pile de documents bien trop grande pour être stable. Il la fixa quelques instants, puis enchaîna :

– Comment ça se fait qu’un français ordinaire comme lui se mette à écrire de la propagande pro-Staline dans ce journal-là, la Revue de la Toile ?

– Je consulte les archives… Alors c’est un Maître en Histoire…

– Bah dis donc…quelle modestie, constata John, les yeux au ciel.

– C’est juste que c’est le nom du grade et que ça fait stylé. Il est actuellement au chômage.

– Faites des études qu’il disait…Et c’est pas écrire dans cette revue qui va payer son loyer !

_Eh bien ça dépend… S’il devient citoyen soviétique, il aura le logement quasi-gratuit, rétorqua Jack.

– Seriez-vous en train de faire de la propagande pour le camp d’en face cher collègue ?

L’accusé toussota nerveusement :

– Du tout John ! Bref, je disais… Il a développé très jeune sa passion pour la pop-culture. En effet, il dévorait le Seigneur des Anneaux, Pirates des Caraïbes et Harry Potter en VHS. Il bavait devant les cartes Magic.

– Des trucs de jap quoi…

– En parlant de japs, il a bouffé pas mal d’animes. Pour le moment, il se drogue musicalement au Cowboy Bebop, il voue un culte quasi religieux à JoJo’s Bizarre Adventure et il aurait des convulsions à l’évocation du mot Devilman…

– D’accord, on sait d’où il vient. Mais qu’est-ce qu’il veut concrètement ?

– Il essaye de s’améliorer pour devenir un meilleur humain…

– En bossant pour les cocos ?!

– Quand la procrastination et des restes de timidité ne l’en empêchent pas. Il espère pouvoir améliorer le monde assis derrière son PC. Mais…

John, s’employait à mordre un cigare cubain. Le regard de son compère lui fit comprendre que le paradoxe de la situation avait été relevé. Ce n’était pourtant pas de sa faute à lui, John Smith, si les cubains faisaient d’aussi bons cigares !

Jack repris son résumé.

– Il a des projets en tout cas. Il rêverait d’écrire des livres de fiction, mais a l’angoisse de la page blanche. Et il veut se lancer sur Youtube depuis un bail ; mais l’article 13, la flemme d’acheter le matos…et ses séances de bières-création d’une série abrégée avec un pote qui finissent souvent en séances bières-bières…

– Il faut bien être un alcoolique notoire pour être un gratte-papier, regarde les nôtres au bureau…

– De quel papier tu parles ? La Revue est un journal sur Internet.

Smith faillit s’étouffer avec une bouffée de fumée. Ses yeux ronds et clignotants signifiaient qu’il ne saisissait pas un broc du dernier mot qu’il venait d’entendre.

Les yeux larmoyants de John Smith s’illuminèrent. Une étincelle s’était embrasée dans son cerveau en même temps que celle du cigare s’éteignait. Il venait d’avoir une révélation :

– D’où Staline !

– Oui. Un certain nom de code Vauban, alias Justine Frugier l’aurait recruté pour écrire dans la Revue. Il adore écrire sur la pop-culture. Donc, pour lui, c’est une occasion rêvée d’avoir davantage de lecteurs, et d’apporter sa plume à une page un peu plus grande.

– Mais comment nos archives savent tout ça ?

– Ça ne vient pas des archives John, mais de moi-même…

L’agent quitta son ordinateur pour se lever et saisir la peau de son visage d’un geste franc. Un sourire malsain ornait désormais ses joues :

– Parce que je suis…Evan Garnier !

Il s’arracha la face d’un coup sec. Son faux visage tomba sur le sol pour en révéler un autre, et John ne put qu’exclamer sa stupéfaction.

– OH SHIT ! What a twist !

– I know. A bit cliché but forever efficace…

– Un masque ! Où est le vrai Jack ?!

– Jack a dû s’absenter de ce monde pour une durée indéterminée, précisais-je, en vissant tranquillement un silencieux sur l’AK-47 que je venais de sortir de ma poche.

– Evan Garnier, comment vous faites ça ?!

– On n’est plus à une incohérence près…

RATATATATATATA !

John, désormais plus troué que César un jour de mars, s’étala sur le sol. Je remarquai tout à coup un détail problématique. Des dizaines d’yeux m’observaient.

Jusqu’à quel point fallait-il être distrait pour commettre un assassinat dans un bureau ouvert sur l’extérieur ? Et qui était l’imbécile qui avait un jour décidé de remplacer les murs opaques par des vitres translucides ? Il faudra faire des heures supp… Mais quand bien même j’arriverais à remplacer la femme de ménage pour nettoyer ces bureaux…comment quitter le bâtiment ?

Et, soudainement, mon regard se posa sur le top films d’Allociné qui était resté sur l’écran de l’ordinateur. Je venais d’avoir une idée.

Suis-nous sur Twitter ici
Aime notre page Facebook ici

Inscris-toi à notre newsletter!

Laisser un commentaire