[Top] 10 des chansons des méchants Disney

Disney brille dans l’univers de la pop culture grâce à ses héros, ses histoires et ses chants qui parlent aux petits et aux plus grands ! Aujourd’hui, je vous propose un top 10 des chansons des méchants Disney. Nous redécouvrirons ces chants qui les rendent terrifiants ou, au contraire, beaucoup plus humains.

Je ne sais pas en ce qui vous concerne, mais, moi j’ai tendance à juger de la qualité d’un Disney à la qualité de ses antagonistes. Les vilains sont souvent réfléchis, comploteurs, rusés, et il n’y aurait pas de bonnes histoires sans eux. Imaginez…Le Roi Lion sans Scar, Aladdin sans Jafar, La Belle et la Bête sans Gaston, La Reine des Neige sans Olaf (comment cela ce n’est pas un méchant ? Pourquoi j’ai autant envie de le frapper alors ?). Aujourd’hui, je vous livre mon top 10 des chansons des méchants de Disney.

Top 10 des chansons des méchants Disney

N°9 : Hans et Anna, La Reine des Neige, composée par Christophe Beck et écrite par Kristen Anderson-Lopez et Robert Lopez

Oui, nous commençons ce top 10 des chansons de méchants Disney par le numéros 9…Vous comprendrez pourquoi à la fin de l’article !

Qui pourrait croire qu’Hans est le véritable comploteur de la Reine des Neiges en écoutant cette chanson pour la première fois ?

Cette chanson reprend habilement tous les clichés des musiques romantiques de ses prédécesseurs : les petits passages enchantés sous les étoiles avec une flûte…en fond musical. Les violons. Les cœurs. La lune. La danse trop mignonne digne d’une bonne comédie musicale de Broadway dont s’inspire les films Disney...Les paroles qui suintent tellement la guimauve qu’elles finissent par en coller les oreilles du spectateur avec sa mièvrerie. Pourtant, deux ou trois indices nous indiquent déjà la tromperie à venir. Hans et Anna courent et se cachent dans l’ombre dérobée d’une porte. Plus tard, ils forment un cœur avec leur deux mains pour entourer la lune, et celles d’Hans sont gantées.

Dans la Reine des Neige, et dans pas mal de Disney, les vêtements symbolisent l’humanité, la nature profonde de celui ou celle qui les porte.

C’est la raison pour laquelle Kirk dans Atlantide se dévêtit au fil que l’aventure avance. C’est pourquoi la bête dans La Belle et la bête, passe des lambeaux au début de l’histoire à un costume noble à la fin. Jane, dans Tarzan, troque ses vêtements de lady pour un pagne plus tendance. Et vous l’aurez donc deviné, le choix d’Elsa de laisser partir ses gants et sa cape dans le vent glacial avant de bâtir sa propre forteresse et créer sa propre robe sont donc des détails qui n’en sont pas.

Les paroles de cette chanson sont, quant à elles, à double-sens. « L’amour est un cadeau », adaptées de l’anglais « Love is an open door » (l’amour est une porte ouverte). Ces paroles, au passage, sont beaucoup plus raccord avec les images de portes qui ne cessent de s’ouvrir tout au long de la chanson. En anglais, « an open door », est aussi une opportunité, ce qui fait d’emblée de notre petit Hans, un vilain petit opportuniste. Tout était écrit entre les lignes : le mariage avec Anna est la clef qui lui permettra de lui ouvrir toutes les portes.

N°8 : N’écoute que moi, Mère Gothel, Raiponce, composée et écrite par Alan Menken

Mère Gothel déploie tout ses talents de comédienne à travers cette chanson. Les idées contraires se succèdent, et nous perdent dans son jeu en demi teinte. Rassurante, puis angoissante, puis dramatique : mère Gothel adopte plusieurs masques, tout comme le font les expert-e-s en manipulation. Gothel a l’art de se mettre en scène dans un théâtre d’ombres et de lumières. Elle ne cesse d’apparaître et de disparaître. « N’écoute que moi », la pose comme la grande méchante de l’histoire. Comme Frollo, dans Le Bossu de Notre Dame, elle entretient une relation parentale toxique avec sa protégée. Entre faux-compliments et dénigrement permanent, Mère Gothel ne cesse de jouer sur les peurs de Raiponce pour mieux l’avoir sous son contrôle. Elle fait semblant de la protéger de tous les dangers, alors qu’elle incarne sa plus grande menace.

Sa chanson est une représentation très juste de la torture affective que subit Raiponce. C’est, par ailleurs, la seule chanson dont les notes oscillent entre les aiguës et les graves, et dont les instruments sont principalement des vents. Comme les paroles de Gothel.

La chanson de Gothel illustre les mécanismes du mensonges, de la tromperie, et de la théâtralité dont usent les manipulateurs-trices. Paradoxalement, elle nous montre également son ambivalence à travers sa générosité et son dévouement envers sa protégée. Les manipulateur-trices sont, tout comme Mère Gothel, souvent généreux-euses, et particulièrement attentionné-é-s.

De mémoire, Raiponce est l’un des rares et seuls Disney dans lequel l’héroïne doit se confronter à un parent de substitution qui l’a autant manipulée sur le plan affectif. Tout comme Quasimodo qui doit se défaire de l’emprise néfaste de Frollo, ou Simba qui doit affronter Scar. Or, qu’y-a-t-il de plus délicat que se confronter à un méchant, qui est aussi son parent, et qui par essence, est la personne qui devrait vous aimer inconditionnellement et vous protéger ? C’est en comprenant que Mère Gothel est une usurpatrice que Raiponce parviendra à se détacher d’elle.

Son parcours initiatique est un bon exemple de ce que nous devons faire lorsque nous sommes confrontés à des manipulateurs-trices. Déjà, ne pas s’enfermer dans ses paroles et ses mensonges. Ne pas se laisser troubler par ses promesses, ses faux compliments et ses élans de générosité démesurées. Et surtout, ne pas le laisser jouer sur nos peurs les plus profondes (comme celle de se retrouver tout-e seul-e et abandonné-e dans un monde cruel auquel nous ne saurions pas faire face sans lui ou elle, n’est-ce pas ?)

N°7 : Prince Ali, Jafar, Aladdin, composée par Alan Menken, écrite par Howard Ashman et Tim Rice

Jafar, c’est presque écrit sur son front que c’est un méchant. Ce sorcier incarne le pervers narcissique par excellence, qui envoûte ses proies avec son sceptre de serpent. Il s’agit là d’une image : par ses mots, il ensorcelle, comme le font les narcissiques, toutes les personnes dont il désire obtenir des faveurs ou un plus grand pouvoir. Par ailleurs, il ira jusqu’à violer Jasmine, mais là encore, la métaphore est plutôt subtile. En effet, il croque dans sa pomme. Pomme qu’elle a partagée avec Aladdin lorsqu’ils se sont envoyés en l’air sur leur tapis volant (vous l’aviez pas vu venir non plus celle-là, hein ?). Pomme qui symbolise la virginité d’Adam et Eve dans la Bible. Si vous ne me croyez pas, vous n’avez qu’à réécouter la chanson d’introduction, qui le suggère :

« Oh nuits d’Arabie,
Mille et une folies.
Insomnie d’amour,
Plus chaude à minuit
Qu’au soleil, en plein jour !
 » (Et c’est encore plus flagrant en VO).

Mais ce n’est pas la chanson qui nous intéresse. La chanson de Jafar est une reprise tragique de »Prince Ali ». Cette fois-ci, le voleur est démasqué par la magie de Jafar, qui détourne et retourne donc la chanson du Génie pour dénigrer et rabaisser son ennemi.

Au lieu de lui faire directement du mal, Jafar s’attaque à Aladdin en brisant la confiance que lui a donnée Jasmine. Il expose ses mensonges à sa belle, avant de l’envoyer loin de lui. Les notes de Prince Ali sont plus graves. Le tempo est plus lent, lui conférant une tonalité plus dramatique et moins enjouée, beaucoup plus sobre. Le Génie est quant à lui devenu un esclave. En quelques secondes, l’univers coloré d’Aladdin est devenu aussi sombre et froid que l’hiver arrivé au bout de 8 saisons dans Game of Thrones. De tous les méchants, Jafar et Scar sont les deux seuls à parvenir à leurs fins. L’espace d’un court instant pour Jafar, beaucoup longtemps pour Scar.

N°6 : Des sauvages, Pochaontas une légende indienne, composée par Alan Menken et écrite par Stephen Schwartz

Ce qui est intéressant dans cette chanson, outre qu’elle catalyse le clivage dramatique ambiant, c’est qu’elle nous démontre à quel point le racisme peut être universellement destructeur. Cette chanson transpire de Vérité sur la Guerre. Elle met en scène deux factions que tout opposent, pensant lutter pour des idéaux identiques, mais qui sont manipulées par un seul homme dans ses intérêts personnels. Les deux peuples se perçoivent comme des sauvages. Le conflit est imminent, comme le suggère les nuages qui amoncellement dans le ciel du côté de chaque camp, finissant par s’entrechoquer, et laisser un orage éclater. Quant aux lumières, elles passent de la douceur bleuté de la nuit, au sang des flammes de la colère qui gronde.

La construction en crescendo de la musique reprend un élément historique, et pas des moindres ! Les tambours, instruments de guerre par excellence, sont ici mis en lumière via l’arythmie de la musique.

Ils ont notamment servi à François Ier à communiquer certaines instructions sur les champs de bataille. Chez les amérindiens du Nord, ils représentaient la séparation entre le monde terrestre et le monde spirituel, thème repris dans ce disney à travers les personnages principaux. De plus, le bruit des armes est incorporé à la musique, comme s’ils faisaient partie des instruments qui la composent. Ces instruments accentuent la tragédie inévitablement à l’oeuvre. Ce processus de création était particulièrement innovant, et méritait sa place dans ce top 10 des chansons de méchants Disney.

N°5 : Tuons la Bête ! Gaston dans La Belle et la Bête, composée par Alan Menken et écrite par Howard Ashman

Gaston est l’archétype du prince pas du tout charmant : il est beau, mais stupide et brutal. Ce personnage a été élaboré en parfaite opposition avec la Bête. Les réalisateurs l’ont d’ailleurs créé selon les critères de beauté des princes. C’est la raison pour laquelle, il a le physique et le charisme d’un prince. Toutefois, Gaston est un monstre à l’intérieur. Gaston, c’est la masculinité toxique avant l’heure. Au début de l’histoire, Gaston est un chasseur qui collectionne les trophées de chasse, et pas que. L’allusion à son statut de chasseur est en réalité une subtile métaphore #enfancebrisée. Il désire conquérir le seul cu…euh, cœur qui lui soit inaccessible : celui de Belle.

Cependant, ses tentatives de séduction sont des échecs.

Gaston est probablement le seul méchant de Disney qui nous soit présenté comme un idiot pathétique aux premiers abords. Il ne semble pas menaçant. Puis, il fait enfermer le père de Belle, afin de l’obliger à l’épouser. Ensuite, vient cet instant terrible où il emprisonne Belle et harangue la foule des villageois. Non pas pour des raisons politiques ou sociales, mais par jalousie.

Pour la petite leçon d’Histoire, ce conte prend place au XVIIIème siècle, lorsque la Révolution Française grondait. Oui, les villageois menés par Gaston vont donc « tuer la bête », ou la Noblesse, qui languit sous le joug d’un sortilège dans un château aux allures de cathédrale terrifiante. Vous la tenez de nouveau la subtilité de la métaphore ? Cette chanson, composée par Howard Ashman et un jeunot qui était alors son padawan, un certain Alan Menken, possède donc un double sens de lecture que seuls les plus vieux peuvent saisir. Chapeau les artistes !

N°3 et 4 : Queen of Mean, Princesse Audrey, Descendants 3, composée par Thomas Armato Sturges et Adam Schmalholz, écrite par Antonina Armato et Tim James et l’ensemble des chansons de Descendants 1, 2 et 3

Descendants est une saga dont le concept est purement marketing, puisqu’il s’agit de téléfilms crées par Disney pour les fans adeptes du fan-service de Disney. Ces téléfilms racontent et mettent en scène les descendants des héros et héroïnes de Disney, mais aussi, la vile progéniture de ses méchants. Et à leur tête, Mal, la fille de Maléfique, Evi, la fille de la méchante Reine, Jay, le fils de Jafar, et Carlos, le fils de Cruella.

-RIP Cameron Boyce, son interprète, parti trop tôt :'(-

Tout ce petit monde est convié par le prince Ben, fils de la Belle et la Bête, à venir étudier à Auradon, île sur laquelle se sont regroupés les Etats-Unis de Disney (plus américain, on meurt). Comme nous sommes dans un Disney, les méchants doivent prouver qu’ils sont cruels. Mais comme nous sommes dans un Disney, l’amour finit par l’emporter. Ben tombe donc amoureux de Mal, alors qu’il était destiné à Audrey. Celle-ci finit par prendre sa revanche dans la troisième opus en devenant la Queen of Mean, Queen Bee maléfique et plus terrifiante que les véritables fils et filles des vilains.

Les Descendants proposent dans l’ensemble des chansons diversifiées et divertissantes : comme par exemple Ways to be wicked, ou encore, One Kiss et What’s my name ! Chaque chanson a son propre style, ce qui permet de définir musicalement les personnages. Il y a de tout : pop, soul, ou encore hip-hop et il y a de très bons titres.

Comme c’était impossible de tous les mettre dans ce top 10 des chansons de méchants Disney, j’ai choisi d’analyser la chanson que je préfère. Queen Of Mean qui nous intéresse, a été composée dans un style pop, parfaitement raccord avec sa tonalité lyrique.

Queen of Mean relate les espoirs déçus d’une jeune fille qui s’imaginait déjà reine au bras de son prince, et dont les rêves éclatent en même temps que son petit cœur. Le sentiment de trahison est parfaitement mis en exergue, et finit par révéler le côté obscur de la jeune fille. Elle laisse corrompre son cœur par ses désirs de vengeance.

En outre, Audrey se sent coupable d’avoir failli à sa mission d’épouser l’héritier du trône. Sa grand-mère lui a fait remarquer que même endormie, sa mère a su garder un prince. La violence de cette remarque achève d’exploser son estime et son amour propre. Finalement, Audrey a le sentiment d’avoir toujours agi en œuvrant pour le bien commun ou pour les autres, et de ne pas avoir été récompensée en retour. Cette chanson marque le point de non-retour. Surtout, elle exprime un sentiment d’injustice fort, qui parle à mon avis, à beaucoup.

Audrey est un personnage intéressant : imbu d’elle-même, charismatique, capricieuse, elle possède un potentiel de méchanceté qui était resté inexploité jusque-là. Au final, cette chanson nous donne l’occasion de mieux la comprendre, et de compatir.

Bonus : Playlist de l’ensemble de la franchise

N°2 : Soyez Prêtes, Scar et les hyènes, Le Roi Lion, composée par Hans Zimmer, écrite par Tim Rice

La force du Roi Lion, c’est d’avoir repris un manga (Le Roi Leo), une pièce de Shakespeare, avoir badigeonné le tout de sauce Disney et de chansons entraînantes ! Dans cette réécriture ou création géniale, Scar campe le rôle de l’oncle-conseiller du Roi dont le but est de conquérir le monde des Lions. Il y parvient en tuant Mufassa, traumatisant ainsi notre enfance pour toujours. Même les chats pleurent devant la mort de Mufassa !

Au lieu de nous présenter un personnage morose et comploteur, Scar est amené comme le leader des populations de l’ombre, délaissées par le règne solaire de Mufassa. Ses acolytes, les hyènes, sont appelées à se tenir prêtes à prendre le pouvoir, telle une milice du troisième Reich. La musique est à la fois entraînante, grave, et éreintante. Elle est à l’image de Scar. Elle joue sur le tempo rapide, et monte en crescendo dans les aiguës, parallèlement à l’ascension de Scar. C’est à ce moment-là qu’il s’érige en roi. Roi de l’obscurité, tyrannique, autoritaire, prêt à tout pour parvenir à ses fins. Cette scène annonce l’apocalypse du règne à venir, en totale opposition avec le rayonnement qu’a instauré Mufassa. Elle invite le spectateur à se préparer à l’inévitable. « Soyez prêtes » résonne comme un cri d’alarme du traumatisme à venir.

N°1 : Infernal, Frollo, Le bossu de Notre Dame, composée par Alan Menken et écrite par Stephen Schwartz

Alan Menken a réussi à s’imposer comme le compositeur attitré de Disney dans les années 90. On lui doit notamment les succès des titres de Pochaontas, La petite Sirène, ou encore, Aladdin, et les musiques du Bossu de Notre Dame. Ce génie s’est illustré dans des styles parfaitement opposés, passant de la chanson aux accents orientaux, à celle plus classique de l’Eglise du XIXème. Ici, nous nous trouvons une musique classique et aussi romantique qu’elle est romanesque.

D’une façon générale, Le Bossu de Notre-Dame est particulièrement sous-estimé en France, étant donné que cette adaptation de Victor Hugo ne lui est pas fidèle. Le bossu de Notre Dame a été réalisé par Gary Trousdale et Kirk Wise, les papas de la Belle et la Bête et Atlantide.

Si l’adaptation est décriée, elle est en faite une véritable réussite sur plusieurs plans. Surtout pour sa musique et ses personnages.

« Infernal » commence par une prière en Latin (pour tous ceux qui se demandaient à quoi sert le Latin dans la vie quotidienne, voilà, ça sert à traduire des chansons Disney et les sortilèges dans les Nouvelles aventures de Sabrina). Elle commence par « Confiteor », soit « je confesse à Dieu ». C’est un moment particulier au cours d’une messe, puisqu’en se reconnaissant pêcheur, le fidèle demande ensuite le pardon divin. Puis, vient le temps du « Kyrie Elieson », qui veut dire « Seigneur, prends pitié », invitant au pardon divin puis au sacrement de l’eucharistie. La chanson Infernal est construite en parallèle avec un chœur qui chante les paroles suivantes au cours d’une messe :

« Confiteor Deo, Omnipotenti
Beatae Mariae, Semper Virgini
Beato Michaeli Archangelo
Sanctis apostolis Omnibus Sanctis / Et tibi Pater / Quia peccavi nimis / Cogitatione / Verbo et opere / Kyrie Elieson »

Soit :

« Je confesse à Dieu tout puisssant et à la bienheureuse Marie, toujours Vierge, à l’archange Saint-Michel, aux Saints apôtres, et à tous les Saints / Et à votre père / que j’ai beaucoup péché / par pensées / par paroles et par actions. / Seigneur, prends pitié. »

C’est une véritable prière liturgique qui se mêle à la confession de Frollo, soit une des rares chansons disney où le réel et l’imaginaire s’entrelacent. Frollo, quant à lui adresse, ses confessions et ses troubles à la Vierge Marie. Déchiré entre sa passion et sa raison, il confesse et avoue son obsession secrète pour Esméralda. Il prie Marie de le protéger, puis blâme Esméralda de ses désirs et de sa convoitise. Comme tous les machistes de l’Eglise qui ont décidé que si ça frétillait dans leur slip, c’était forcément de la faute des femmes, pas de la leur.

Les images sont particulièrement fortes, puisque Frollo s’imagine subir son propre inquisitoire. Son désir, quant à lui, se matérialise dans les flammes, avant de devenir un écran de fumée et de disparaître. Il s’agit d’une image de son for intérieur qui brûle de posséder la gitane, mais son statut et sa Raison l’en empêchent.

Je ne suis pas tout à fait certaine que les Enfants aient pu saisir les références culturelles aux Fleur du Mal, recueil emblématique de poésies de Charles Baudelaire. Des poésies dans lesquelles il évoque explicitement son addiction à l’opium. Il y a aussi un poème intitulé « la pipe ». Et dire qu’on fait étudier ce recueil aux lycéens, mais qu’on interdit 13 reasons why aux moins de 18 ans…

Ou encore, la mention des Bacchanales, fêtes de débauche dans l’Antiquité en honneur au dieu Bacchus (plus ou moins équivalent de Dyonisos chez les Grecs, dieu de la Civilisation, de la Culture et de la Folie). Ou comment les orgies furent popularisées et justifiées en l’honneur d’une divinité.

De toutes les chansons de méchants, celle-ci nous offre une fresque complexe de ce personnage torturé et autoritaire. Frollo, contrairement aux autres méchants, a l’impression d’agir pour le Bien commun, en réprimant ses pulsions. Il croit que les Gitans sont des pêcheurs qu’il faut anéantir pour le salut de l’humanité. En soit, il incarne la mentalité génocidaire à l’oeuvre dans les jours les plus sombres de notre Histoire. (Point Godwin atteint).

Bonus : N°10 : Au plus noir de la Nuit, Raspoutine, Anastasia, composée par Stephen Flaherty,  écrite par Lynn Ahrens

Bon, à l’époque, ce n’était pas un Disney. Maintenant que Disney a tout racheté, on peut dire que si. Raspoutine, c’est le Hadès russe. Drôle, impertinent, satirique, sombre, fou, génial, carrément plus intéressant que le personnage principal… Il a vendu son âme au diable en échange de ses pouvoirs. Pourquoi donc ? Pour que les Russes se rebellent contre la famille impériale et fassent périr les Nobles. Genre, OKLM, la Révolution bolchevique est le faîte des œuvres démoniaques d’un usurpateur qui s’est fait passer pour un conseiller. Coucou la propagande post-guerre froide, comment tu vas ? Viens donc t’installer près de celle contre la Révolution française, il reste un peu de place.

Dans son délire, Raspoutine qui est un cadavre sur patte, décide de sortir de l’ombre. Ses petits os se baladent partout sur le rythme effréné de « Au plus noir de la Nuit », entre des larves, des insectes et d’autres formes de vie dont j’ignore le nom scientifique et que je ne veux probablement pas connaître. Vous non plus. Cette chanson n’a aucun intérêt scénaristique. Elle marque simplement la résurrection de Raspoutine qui décide de prendre lui même les choses en mains, au lieu de laisser faire ses sbires. Enfin « prendre les choses en mains », vu comment les siennes se baladent…Bref. Cette musique ne fait donc pas vraiment avancer l’histoire, mais elle est sacrément géniale. Je la chante dans ma tête depuis tout à l’heure tout en écrivant ce paragraphe.

C’est à présent la fin de ce top 10 des chansons des méchants Disney !

Maintenant que je vois votre enfance se décomposer dans le tréfonds de votre âme, je vous dis à très vite ! Et je vous fais des gros bisous.

N’hésitez pas à me donner votre top 10 des chansons de méchants Disney dans les commentaires 🙂

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