Revue de la Toile

Top 8 des clichés sur la grossesse dans la pop-culture

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La grossesse est l’un des thèmes les plus abordés dans la pop-culture ! Voici le top 8 des clichés de ce moment extraordinaire !

Tomber enceinte et le rester 

Le cliché : Ressort dramatique dans de nombreux films et séries, ou heureux événement, une grossesse est souvent fortuite. C’est tellement facile de fabriquer un bébé dans la fiction ! Ou de le perdre…

17 ados qui tombent enceintes en même temps. OKLM.

La réalité : Que ce soit le traitement de la maternité ou de l’infertilité, les films et séries nous montrent toujours le côté glamour ou tragique d’un heureux événement. En fait, il peut être difficile de concevoir un enfant. Certains couples font plusieurs tentatives avant d’y parvenir. Concernant les causes de l’infertilité qui sont rarement traitées dans les films et séries, elles sont nombreuses. Hommes comme femmes deviennent naturellement moins fertiles après 35 ans. Chez les femmes, l’infertilité peut avoir pour cause le syndrome des ovaires polykistiques, l’endométriose, ou des maladies telles que le lupus. Les couples ayant des difficultés sont alors contraints de passer par des protocoles médicaux lourds. Parmi lesquels : médication pour enfanter, acupuncture, FIV (implantation de plusieurs œufs dans l’utérus), poupées vaudous.

Une fois que tu as réussi l’épreuve du feu, qui peut donc prendre un temps fou, tu n’es pas à l’abri d’une fausse couche dans les 15 premières semaines.

Tu devras surveiller tout ce que tu manges pour éviter les infections, surtout si tu n’es pas immunisée contre la toxoplasmose. Maladie que tu peux attraper à cause des légumes mal lavés et du caca des chats. Tu dois donc bien laver tes légumes et ne pas manger de caca de chat (excusez cette blague de jeune parent fatigué, je n’assume absolument pas). Tu devras alors arrêter l’alcool, les cigarettes, et pour certaines, le sexe. Cette période passée, tu devras prendre garde aux risques de prématurité si tu y es sujette, puis te limiter peu à peu dans tes activités quotidiennes.

Quand tu ne peux pas avoir d’enfants, tu peux alors adopter. Je te laisse apprécier les critères d’adoption qui sont tout à fait discriminants. Il faut avoir plus de 28 ans et/ou être marié-e-s pour que l’enfant soit juridiquement reconnu comme étant légitime pour les deux partenaires, produire une certification chez un psychiatre… Personnellement, j’appelle cela une double peine.

La working girl

Le cliché : Dans les films, les femmes enceintes sont capables de travailler d’arrache-pied, 24h/24, 7j/7, voire littéralement escalader des montagnes (coucou les Orphelins Baudelaire). Elles ne sont dérangées que par quelques petites nausées, par-ci, par-là.

La réalité : Beaucoup de femmes restent alitées une bonne partie de la grossesse. Au début à cause des nausées ou des chutes de tension. Ou à la fin, à cause des problèmes ligamentaires (#syndromedelacomme si tu sais pas ce que c’est, tu as de la chance). Sans compter les mamans qui ont des contractions, ou celles qui ont un col de l’utérus qui menace de s’ouvrir à tout instant. Ou encore celles qui ont des problèmes veineux. Scoop : fabriquer un autre être humain peut être tellement éprouvant que cela peut littéralement te clouer en PLS durant plusieurs mois. En outre, en tant que femme enceinte, on finit par découvrir des parties de son corps dont on ignorait l’existence (comme son périnée qu’il faudra rééduquer). On s’en serait bien passé.

Parce que il y a une arnaque, celle « des petits maux de grossesse ».

Je ne sais pas qui a inventé le terme « petits mots de grossesse », mais pour vous donner une petite idée avec ces quelques mots : cholestérol, hémorroïdes, brûlures d’estomac, descente d’organes, hémorragie, vergetures, hypertrophie mammaire (prendre plusieurs kilos de seins), hyperémèse gravidique (vomissements pathologiques), pré-éclampsie (augmentation de la pression artérielle), diabète gestationnel, déchirures, syndrome de lacomme, hernie discale, fuites urinaires ou fuites anales, incontinence, cellulite, ptôse mammaire (seins qui tombent), montée de lait, dépression (liste non-exhaustive).

Les nausées

Le cliché : C’est souvent en allant vomir que la femme découvre qu’elle est enceinte. Ô joie de visiter le trône pour y répandre de bon matin sa semence gastrique, signe qu’un petit être grandit dans ton ventre !

La réalité : Les nausées peuvent être totalement inexistantes, ou au contraire, tellement invalidantes que certaines femmes finissent par perdre du poids, voire être hospitalisées pour déshydratation dans les cas les plus graves. Comme Kate Middelton qui a souffert d’hyperémèse gravidique. Les nausées peuvent aussi être le signe d’une pré-éclampsie (élévation de la pression artérielle qui peut induire une prématurité). En théorie, elles durent les trois premiers mois. En pratique, elles peuvent durer toute la grossesse, ou s’arrêter après le premier trimestre et reprendre au troisième. #quedubonheur 

Le ventre

Le cliché : Les femmes enceinte arborent un ventre rond et splendide, et ce, très rapidement ! Et puis elles le perdent le jour même de l’accouchement. Comme c’est joli et pratique. 

La réalité : Le ventre pointe rarement le bout de son nez avant le quatrième mois de grossesse pour un premier bébé. Puis, la rétention d’eau te fait rapidement ressembler à un phoque échoué sur une banquise. Crois-tu que ce surplus disparaîtra le lendemain de ton accouchement ? Spoiler alert : nope. Tu vas te le trimbaler encore un à trois mois post partum. Et ton ventre deviendra tout flasque, probablement couvert de vergetures et de cellulite, comme le reste de ton corps #imsexyandiknowit.

Sauf. Sauf si tu es chanceuse.

Concernant la prise de poids, si comme moi tu avais entendu l’adage « pas plus d’un kilo par mois » et que tu t’es toujours demandé comment les nanas enceintes peuvent avoir un ventre aussi lourd avec seulement 9 kilos de plus. Et bien, je peux maintenant te le révéler : la prise de poids est totalement anarchique et se situe davantage entre 12 et 16 kilos, plutôt que 9. Tu peux prendre 1 kilo par mois comme 1 par semaine, suivant les périodes. Et pour les perdre… bref. Bonne chance.

Les visites chez le gynécologue et la préparation à l’accouchement

Le cliché : Qui n’a jamais vu cette scène de la préparation à l’accouchement en piscine ou dans une salle chaleureuse où s’entasse des couples heureux et épanouis à l’idée d’avoir procréé ?

La réalité : Souvent, toute la partie médicale de la grossesse est occultée dans les films ou les séries, ou elle est au contraire, l’unique centre de préoccupation des réalisateurs. Une femme enceinte passe sa vie chez les médecins. Entre les trois échographies de contrôle, à laquelle se rajoute celle qui permet de dater la conception du bébé au premier trimestre. Il faut ajouter les visites chez le gynécologue ou chez la sage femme une fois par mois… Sans compter les allers-retours aux urgences à la moindre inquiétude, ou les rendez-vous chez l’endocrinologue pour vérifier son diabète (ah bin oui parce que tu peux déclencher un diabète gestationnel, sinon ce n’est pas drôle)… La préparation à l’accouchement, c’est la partie immergée de l’iceberg, et la plus sympathique. Parce que personne ne filmerait le nombre hallucinant de médecins qui vont mettre leur doigt ou une sonde échographique là où tu sais.

L’accouchement

Le cliché : La femme perd les eaux, elle accouche en poussant 5 minutes dans la demi-heure qui suit d’un magnifique bébé. Ou elle meurt dans d’atroces souffrances. 

La réalité : Comme me l’a si bien dit mon gynéco : »un accouchement, ça ne se passe jamais bien ». Voilà. Globalement, un accouchement peut prendre 20 min à beaucoup plus longtemps (comme 48 heures). En moyenne, il faut compter 8 à 12 heures pour un premier accouchement. Tu as donc le temps de le voir venir : de prendre un bain, de te gaver de spasfon (ton meilleur ami du début à la fin de la grossesse), préparer ta valise si ce n’est pas fait, et partir tranquillou à la mater. Bien entendu, tu passes ta vie au fond de ton lit avec des contractions douloureuses quelques jours avant d’accoucher. Peut-être même que tu perdras le bouchon muqueux, soit un truc plus ou moins jaunâtre ou vert que tu vas retrouver au fond de ta culotte.

D’où la question que de nombreuses femmes se posent. Est-ce qu’il y aura un jour une représentation réaliste d’un accouchement ?

Les films ne montrent que rarement le travail sur le ballon et les positions à prendre pour faciliter l’ouverture du col de l’utérus. Ils ne montrent pas non plus l’admission purement administrative à l’hôpital. Quid de la péridurale, appliquée après une anesthésie locale, et dont l’aiguille est tellement grande qu’elle peut laisser un bleu qui ne disparaîtra que plusieurs jours après l’accouchement. Et quid de la dite péridurale qui peut ne fonctionner que d’un seul côté voire pas du tout. Et qui t’oblige à rester alitée.

Quid des positions pour accoucher : certaines accouchent à quatre pattes ou sur des chaises percées. Et font caca sur leur bébé, ce qui est tout à fait normal. Quid de l’épisiotomie : une incision qui part du vagin et qui permet de l’agrandir. Et quid de la boucherie… pardon. De la césarienne. Et bien sûr quel film te montrera comment déclencher un accouchement ? J’adresse une mention spéciale au cliché de la maman qui meurt en plein accouchement sans avoir expulsé son placenta (parce que oui, un placenta, ça s’expulse).

Les bébés qui pèsent 6 kilos à la naissance

Le cliché : Bien entendu qu’on ne peut pas filmer un bébé qui vient de sortir tout chaud d’un utérus, et qui pèse 3 kilos tout mouillé…Mais quand même ! 

La réalité : Heureusement que les bébés ne sont pas aussi gros que ceux des films, déjà qu’on se demande comment ils ont fait pour sortir de là…

La place des papas ou des autres partenaires

Le cliché : Le papa ou le partenaire est investi-e dans tous les plans de la grossesse de la maman. Il ou elle se pose des tas de questions et monologue longuement sur sa future place en tant que parent. 

La réalité : Les sites, les documentaires, les dépliants sur la grossesse ne semblent s’adresser qu’à un seul type de personne : un humain en parfaite santé doté d’un utérus vivant harmonieusement en couple avec un autre humain en parfaite santé doté d’un pénis. Il y a parfois quelques lignes par-ci, par-là pour évoquer la place du partenaire. Du style : »le papa peut toucher le ventre de la maman pour entrer en communication avec sa progéniture ». Genre 5 lignes ou 1 paragraphe sur l’ensemble du dépliant/site internet…Plus sexiste, tu meurs ! Sans compter que les dépliants ne s’adressent jamais aux autres possibles partenaires de naissance (comme les autres femmes), aux femmes seules, ou aux personnes handicapées.

L’allaitement après la grossesse

Le cliché : Dans les films, l’allaitement semble être la chose la plus naturelle du monde !

La réalité : Les bébés ne s’accrochent pas nécessairement au sein de leur maman, et lorsqu’ils le font, cela peut être excessivement douloureux. Réussir son allaitement n’est pas chose aisée, même si vous en avez envie. En outre, tu peux ne pas produire assez de lait, ce qui peut vous contraindre à prendre des tisanes absolument dégueu à base d’objet redondant (ou fenouil pour les non-fans de Kaamelott). Et compléter l’alimentation de ton bébé avec du lait artificiel, tout aussi dégueu. Si cela ne suffit pas, tu devras tirer ton lait, à l’aide d’un tire-lait qui te donnera littéralement l’impression d’être une vache laitière glamour et sexy.

La maternité

Un heureux événement, film culte qui retrace la grossesse et les premiers mois de vie familiale d’un papa délaissé par une maman « nazie »

Le cliché : La jeune maman toute pimpante sourit en prenant dans les bras son bébé de 6 kilos tout propre, tout neuf. Elle est aux anges. 

La réalité : Tu crois vraiment que tu auras le temps de te reposer ?  Non, tu le ne pourras. Tu seras souvent dérangé(e) à peu près une douzaine de fois par jour. Non, tu n’auras peut-être pas du tout envie que ta famille et tes amis passent te voir. Déjà parce qu’un accouchement ça fatigue un petit peu beaucoup. Ensuite, parce que le deuxième jour, tu vas pleurer toutes les larmes de ton corps à cause de la chute hormonale. Enfin, parce que tu vas certainement passer ta vie en pyjama ou en culotte jetable, affublée de protections hygiéniques que tu auras directement acheté au rayon incontinences urinaires. Surtout si tu as été déchirée ou que tu as subi une épisiotomie ou une césarienne, parce que tes points de sutures risquent de te brûler très fortement.

Je vous conseille de consulter la BD d’Emma sur ce sujet :

Au final

Avoir un bébé, c’est encore mieux que ce que tu pourras voir dans les films ou les séries. Tu ressens un torrent d’émotions indescriptibles, ton quotidien est bousculé pour le restant de tes jours -comme ton compte en banque-, ton corps va changer pour toujours… Mais tenir ce tout petit bout qui te regarde comme si tu étais la huitième merveille du monde, ça n’a pas de prix. Tous les parents te le disent : « profite » ! C’est la plus belle expérience au monde. Même si ça peut te prendre du temps de créer un lien avec ce mini-toi qui a passé neuf mois -ou moins, ou plus- au chaud dans un gros bidou. Et ça ne pourra jamais être retranscrit avec autant de réalisme dans un film quelqu’il soit, car c’est le genre d’histoire qui vaut la peine d’être vécue dans la réalité si l’on en a envie.

 

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