[REPORTAGE] Carlos Sablón, le peintre qui parle aux femmes

Jaoued Saoudik/ février 14, 2018/ 0 comments

“Femmes je vous aime !” Telle est le genre de phrase que pourrait dire Carlos Sablón, artiste peintre exposant au salon Comparaisons 2018 qui se tient au Grand Palais à Paris du 14 au 18 février.

Pourquoi les femmes ?

Parce que, pas les hommes ! on constate leur présence mais ce n’est que très rarement que vous verrez leur visage.

Carlos Sablón dessine les femmes de façon à ce qu’elles représentent une ode à la douceur, à la pureté. Il les représente sûres d’elles-mêmes et de ce qu’elles sont. Elles incarnent aussi l’union entre l’humain et la nature, soit le respect le plus total entre l’humain et l’environnement. Vous l’aurez compris, les femmes sont fortement présentes dans ses œuvres. Peintes de manière mythologique, auraient-elles atteint une forme de divinité ? NON ! Car Carlos Sablón ne cherche pas à idéaliser la femme, bien au contraire. Elles sont tellement bien dans ce qu’elles sont et ce qu’elle font qu’il cherche à peindre l’admiration qu’il éprouve pour elles dans ses toiles : “on naît d’une femme, on se mélange avec une femme, on se marie avec une femme” précise l’artiste.

Par opposition, les hommes peints dans ses tableaux cherchent à modifier leur environnement, voire essayer de le contrôler. Les toiles concernant les hommes, représentent ces derniers stressés.  Les hommes ont du mal à accepter leur nature, je pense à la toile intitulée Le général dans son labyrinthe dans laquelle l’impression d’une position annihilante entre l’homme et la nature ressort.

Carlos Sablón dans son atelier
Il s’agit d’une photo du peintre dans son atelier, finissant une toile. Il porte des lunettes et un blouson noir sans manche. Une toile achevée se trouve derrière lui. Elle présente une femme, semblable à la vierge Marie, portant une outre entre les mains. Elle est assise. Les couleurs dominantes sont le bleu de sa robe et du ciel, mais aussi, le rouge. La toile qu’il est en train de peindre représente un jeune homme entouré de végétations. Au-dessus de lui, un singe campe sur un arbre. On voit bien là l’opposition manifeste entre la femme, sereine, paisible, et qui vit en harmonie dans son environnement, et l’homme, mine renfrognée, qui semble vouloir contrôler les éléments naturels.
Source : Jaoued Saoudik, Portrait de Carlos dans son atelier, n.c., 2018.
 

Et entre nous, quand on veut citer une œuvre d’une époque donnée, les femmes apparaissent majoritairement : la Vénus de Milo, la Joconde, les Demoiselles d’Avignon…. Alors oui, parce que les femmes !

Est-ce seulement de la peinture ?

Certains diraient ce n’est que de la peinture. Non, leur rétorquerais-je, cela va bien au-delà. Chaque couleur a sa signification, chaque coup de crayon a sa portée hautement symbolique. Carlos Sablón ne dessine pas, il exprime sa pensée philosophique et spirituelle. Lors de mon entretien, j’ai ressenti une forte émotion à l’évocation du tableau Coquette : “c’est une période délicate pour moi, c’est une vision de la France, il y a une histoire culturelle : la manière de parler, de se comporter. C’est comme ça que je vois la France.” En tant qu’étranger cubain, ce tableau représente son arrivée en France et le regard porté sur les étrangers tels que lui. Les couleurs et la posture montrent toute la dualité des sentiments éprouvés à leur égard.

Mais au fait, qui est Carlos Sablón ?

Carlos Sablón est un cubain de 36 ans, qui vit en France depuis 6 ans. Par ailleurs, il a exposé ses œuvres dans de nombreux pays (Chine, Italie, Espagne, Mexique, Allemagne). Mais au-delà de tout ça, c’est un artiste influencé par le fantastique, la mythologie et le surréalisme. Enfant, Carlos Sablón vécut dans d’un petit village reclus de Cuba, coupé du monde. Semblable au “Mythe de la Caverne” de Platon, depuis son enfance, l’artiste n’a fait qu’imaginer le vaste monde qu’il rêvait d’explorer.

Vous l’aurez compris, les tableaux de Carlos Sablón ne sont pas là pour être assortis au canapé du salon, mais pour inviter le spectateur à la réflexion. Au travers de chaque œuvre, l’artiste se dévoile et vous invite à découvrir sa vision du monde et de la femme.

A découvrir donc de toute urgence, Carlos Sablón, au salon Comparaisons 2018 sur le thème “paradis infernal ou enfer paradisiaque”, au Grand Palais à Paris jusqu’au 18 février.

Jaoued Saoudik et Magalie Moulanier

Relu par Margot Dupont

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