Ambiance revue de la toile critique de série netflix ? Cette semaine, on évoque une des séries qu’on a beaucoup apprécié : Un soupçon de magie !
Bonjour les étoilés ! Aujourd’hui, place à une série fantasy qui a été (encore) découverte sur Netflix, même si ce n’est pas une exclusivité.
Un petit peu de douceur et d’amour avec Un soupçon de magie (The Good Witch en VO). Il est difficile de trouver une série, au moment où cet article est écrit, qui puisse être comparable et comparée à The Good Witch. Elle est unique en son genre.
La série fait suite à une saga de sept téléfilms, c’en est d’ailleurs la continuité, avec les mêmes acteurs. Les téléfilms n’ont été vus qu’après la saison 2 et cela n’a pas dérangée. Finalement, c’est assez comparable à Star Wars : voir la deuxième trilogie après la première n’impacte en rien la compréhension générale de l’histoire.
Mais cette continuité explique aussi une partie de ce qui fait le charme très particulier de la série : The Good Witch ne cherche pas à repartir de zéro. Elle arrive dans un univers qui existe déjà, avec ses habitudes, ses familles, ses maisons, ses petites rancœurs et ses relations. Middleton n’est pas simplement un décor : la ville devient progressivement un personnage à part entière.
Synopsis d’Un soupçon de Magie / The Good Witch
Cassandra Nightingale vit dans la petite ville de Middleton. Aidant au quotidien les habitants de la ville, elle a une boutique baptisée « Bell, Book and Candle », qui propose une myriade d’objets insolites. Tout commence avec l’arrivée du docteur Sam Radford et de son fils Nick… qui deviennent les voisins de Grey House, la maison d’hôte tenue par la famille de Cassie.
Le principe paraît finalement assez simple : une femme mystérieuse et particulièrement intuitive rencontre un médecin rationnel qui débarque avec son fils adolescent dans une petite ville où tout le monde semble déjà se connaître. Pourtant, c’est précisément cette opposition entre Cassie et Sam qui permet à la série de construire une grande partie de son identité.
Mon avis pas du tout objectif sur Un soupçon de magie
De la magie, oui, mais juste un soupçon
Comme indiqué précédemment, il y a eu sept films avant la série qui, elle, compte cinq saisons. Dans celle-ci, on ne sait jamais si Cassie est vraiment une sorcière, ou si elle est juste très intuitive. On se doute qu’elle en est une…
Cependant, comme le dit le titre, il n’y a qu’un soupçon de magie.
Et c’est probablement l’un des choix les plus intéressants de la série.
Dans beaucoup de fictions consacrées aux sorcières, la magie constitue le moteur principal du récit. Les personnages lancent des sorts, combattent des créatures, découvrent leurs pouvoirs ou doivent affronter les conséquences surnaturelles de leurs actes. Ici, rien de tout cela. La magie est beaucoup plus ambiguë.
George R. R. Martin, célèbre écrivain de GoT, dit justement qu’il ne faut pas trop de magie dans les histoires. Il a raison et cette série en est la preuve. En effet, contrairement à Charmed, Un soupçon de magie n’est pas une série de fantasy pure. Cassie ne chasse pas des démons. Ce sont ses relations familiales, amoureuses et amicales qui sont au cœur de l’intrigue. Chacun se retrouvera aisément dans les thèmes abordés. La série est avant tout familiale et chacun pourra facilement s’identifier à ses personnages haut en couleur.
Et surtout, Cassie n’a pas besoin de démontrer qu’elle est une sorcière. Son « pouvoir » tient avant tout à son intuition, à sa capacité à observer les autres et à comprendre ce qu’ils ne disent pas. Catherine Bell a d’ailleurs décrit Cassie comme une femme extrêmement intuitive, qui écoute et suit ses impressions plutôt que comme une sorcière traditionnelle.
C’est ce qui rend le personnage intriguant : la série laisse volontairement planer le doute. Cassie sait-elle réellement des choses que les autres ignorent ? A-t-elle simplement une capacité exceptionnelle à lire les gens ? Ou les deux ? The Good Witch n’a jamais vraiment besoin de trancher.
Et cette ambiguïté permet surtout à la série de parler de magie sans réellement faire de la magie son sujet.
Source : Gerald Packer, The Good Witch, Whizbang films Inc., 2015
Un soupçon de magie, une série douce et apaisante
L’écriture est légère. Simple et efficace, tout ce qu’on aime. Par ailleurs, la réalisation met bien en avant la douceur du personnage principal. Toute la série retranscrit son esprit positif et bienveillant.
Un soupçon de magie est une feel good serie, en ce sens où chaque épisode transmet une philosophie dont les piliers sont la paix et l’amour de son prochain. Elle nous rappelle à quel point la solidarité et la générosité sont essentielles dans notre vie.
Et c’est précisément là que la série se distingue de nombreuses productions contemporaines. Elle ne cherche pas constamment à créer du conflit pour maintenir l’attention. Il y a des problèmes, évidemment, mais ils sont généralement liés aux relations entre les personnages : un malentendu, une rupture, une difficulté familiale, un choix professionnel ou une personne qui ne sait plus très bien quelle direction prendre.
Le conflit n’est donc pas forcément là pour être spectaculaire : il est là pour permettre aux personnages d’évoluer.
Cela peut paraître très naïf, et soyons honnêtes : ça l’est parfois. The Good Witch assume complètement une vision extrêmement optimiste des relations humaines. Les habitants de Middleton peuvent être agaçants, maladroits, jaloux ou en désaccord, mais la série part presque toujours du principe qu’une discussion, un peu d’écoute et une dose de bonne volonté peuvent arranger les choses.
C’est aussi ce qui explique pourquoi la série peut être aussi réconfortante. Elle propose un monde dans lequel la gentillesse n’est pas considérée comme une faiblesse.
Et ce n’est pas seulement une impression : les analyses consacrées à la série soulignent justement ses thèmes de compassion, de communication, de pardon et de relations humaines.
Cassie, une héroïne qui n’a pas besoin d’être sauvée
Cassie est probablement l’un des éléments qui portent le plus la série.
Elle n’est pas construite comme une héroïne de fantasy classique. Elle ne cherche pas à devenir plus puissante, à maîtriser son don surnaturel ou à sauver le monde. Son rôle est beaucoup plus ancré dans son quotidien : elle aide les gens à trouver eux-mêmes leur chemin.
Sa boutique participe énormément à cette impression. Bell, Book and Candle ressemble presque à une extension de Cassie : c’est un endroit rempli d’objets mystérieux, de plantes, de livres… On ne sait jamais exactement si ces objets ont un pouvoir réel ou si ils n’en ont qu’un pourvoir symbolique.
La série joue ainsi constamment avec notre envie de croire à la magie.
Et c’est probablement la meilleure définition de The Good Witch : elle nous invite à croire aux possibilités qui rendent le monde meilleur.
Des acteurs biens (et bons) dans leur rôle
Les acteurs sont bons et la majorité de ceux qui jouaient dans les films sont toujours présents dans la série. Et, fait non négligeable, on retrouve également notre sympathique James Denton. Après avoir été plombier dans Desperate Housewives, il incarne maintenant un médecin. Il joue toujours le rôle d’un gentil garçon, gentleman, avenant. Il est difficile de dire qui de Mike ou Sam est préférable tant ces deux personnages sont réussis. James Denton a le don de rendre ses personnages attachants et attendrissants.
Quant à Bailee Madison (qui joue la fille de Cassie – Grace Russell), cette actrice semble être partout, même si elle n’a que des rôles secondaires. Regardez-les bien, elle et son sourire, et vous vous apercevrez comme moi qu’elle a beaucoup joué malgré son jeune âge.
Le fait que les acteurs et actrices incarnent des personnages ordinaires les rend humains et crédibles. Ce sont des personnes comme vous et moi, avec leurs tracas quotidiens, qui les affrontent toujours avec courage et humilité.
Mais la vraie force du casting repose aussi sur la dynamique entre les générations. The Good Witch ne se limite pas au couple Cassie/Sam. Grace, Nick, George, Abigail, Martha et les autres personnages permettent à la série d’être mémorable.
De plus, la romance n’est jamais totalement séparée du reste. La relation entre Cassie et Sam n’est pas seulement une histoire d’amour : elle est aussi une rencontre entre deux visions du monde. Lui est médecin, rationnel, habitué à chercher des explications concrètes ; elle fonctionne davantage à l’intuition et accepte de laisser une place à ce qu’elle ne peut pas expliquer.
Leur relation fonctionne justement parce que la série ne demande pas nécessairement à l’un de convaincre l’autre.
Des décors & des costumes bien pensés
Les décors et la lumière sont en totale adéquation avec l’ambiance chaleureuse qui règne. On se retrouve plongé au sein d’une banlieue américaine. Ces décors donnent une dimension réaliste à la série et aident d’autant plus à se plonger dans son univers. Ils ajoutent une touche de « magie » à l’ensemble.
Les costumes, quant à eux, sont simples, et à l’image de chacun des personnages. Cassandra porte des robes ravissantes, qui la mettent en valeur. Ses tenues sont sources d’inspiration : jamais provocantes, mais toujours un peu originales.
Et c’est ici que la réalisation rejoint le propos.
Middleton est presque trop jolie pour être totalement réelle. Les maisons, les boutiques, les rues, Grey House, les jardins : tout est pensé pour créer cette impression de cocon. La série appartient clairement à une tradition télévisuelle très identifiable, celle du confort visuel et émotionnel.
Certains spectateurs pourront d’ailleurs trouver cette esthétique trop artificielle. Les critiques les plus sévères reprochent justement à Good Witch son rythme très lent, ses dialogues parfois explicatifs et son adhésion très assumée aux codes Hallmark.
Mais c’est aussi ce qui fait son identité.
On ne regarde pas The Good Witch pour retrouver la noirceur de Penny Dreadful, les créatures de The Witcher ou les drames de Game of Thrones. On la regarde pour entrer dans Middleton.
Et c’est une différence importante.
Une série feel-good… avec ses limites
Évidemment, cette douceur a aussi son revers.
À force de vouloir rester bienveillante, la série peut parfois donner l’impression de lisser ses conflits. Les personnages sont rarement confrontés à des situations réellement irréparables et les antagonismes ont tendance à finir par se résoudre dans le dialogue.
C’est agréable lorsque l’on cherche une série réconfortante. C’est beaucoup moins efficace si l’on attend une intrigue à rebondissements.
Certaines critiques ont ainsi reproché à la série son rythme particulièrement tranquille et son côté très prévisible.
Mais finalement, est-ce vraiment un défaut si c’est précisément ce que la série cherche à proposer ?
Il faut regarder The Good Witch pour ce qu’elle est.
Ce n’est pas une série qui veut nous faire trembler.
Pourquoi cette série est toujours d’actualité ?
Ce qui a finalement le plus séduit dans Un soupçon de magie, c’est peut-être son refus de considérer la gentillesse comme une forme de vulnérabilité.
Dans beaucoup de séries, les personnages doivent être sarcastiques, cyniques, torturés ou moralement ambigus pour être intéressants. Cassie, elle, est bienveillante. Sam veut aider ses patients. George est attaché à sa famille. Grace cherche sa place.
Et ces intrigues se suffisent à elles-mêmes.
Ce choix peut sembler démodé, mais dans un paysage audiovisuel saturé de drames, de morts, de trahisons et de personnages qui passent leur temps à se faire du mal, il y a quelque chose d’assez agréable à regarder une fiction qui choisit délibérément une autre voie.
C’est probablement pour cela que The Good Witch possède une identité aussi particulière : sa magie n’est peut-être pas dans les pouvoirs de Cassie, mais dans l’atmosphère qu’elle crée autour d’elle.
En conclusion
Cette série a été regardée parce que la fantasy est appréciée et elle a été agréablement surprenante. Son originalité, ce « soupçon de magie », en fait finalement sa force et son intérêt. Elle a séduit, tout simplement.
Un soupçon de magie ne révolutionne évidemment pas le genre. Elle ne cherche d’ailleurs jamais à le faire. Elle propose quelque chose de beaucoup plus simple : une série familiale, chaleureuse, optimiste et profondément réconfortante, dans laquelle les relations humaines comptent davantage que les pouvoirs surnaturels.
Elle peut sembler trop douce, trop prévisible ou trop propre à celles et ceux qui recherchent des intrigues plus sombres. Et c’est probablement vrai. Mais si vous acceptez son rythme et ses règles, Middleton devient un endroit dans lequel on a envie de retourner.
Après tout, parfois, on n’a pas besoin d’une grande aventure magique.
Un petit soupçon suffit.
Sur une idée originale d’Amy
La Revue de la Toile
Rejoignez le côté obscur.
On a des pépites.
La boutique de La Revue de la Toile

Rédigé par Margot Dupont
Relectrice SEO, Doubleuse officielle de Hel, déesse de la Mort, Impératrice de la galaxie en devenir, Autrice de fanfictions, Serpentard à la vie à la mort et adoratrice suprême de Drago Malefoy.

Relu par Tsilla Aumigny
Rédactrice en Chef, ex-Enseignante en Lettres Classiques certifiée, Autrice de roman, Scoute toujours, Jedi à ses heures perdues, Gryffondor.
Laisser un commentaire