Tsilla Aumigny/ février 17, 2022/ 0 comments

Nous allons vous parler d’une série qui a beaucoup fait parler d’elle : Crazy Ex-Girlfriend. Drôle et impertinente, elle aborde avec finesse les problèmes de santé mentale.

Vous cherchez une série musicale intelligente et divertissante, pleine de rebondissements ? Crazy Ex-Girlfriend répondra à toutes vos attentes !

Créée par Rachel Bloom et Aline Brosh McKenna, Crazy Ex-Girlfriend se compose de 4 saisons et 62 épisodes. Telle Glee, elle oscille constamment entre le genre de la comédie dramatique et celui de la comédie musicale. Surtout, elle déstigmatise avec intelligence les relations amoureuses…Tout en sensibilisant avec humour aux problématiques liées à la santé mentale. Encensée aussi bien par la critique que par la presse spécialisée (dont Psychology Today), Crazy Ex-Girlfriend a remporté pléthore de récompenses plus que méritées, dont un Golden Globe et un Emmy Award.

Parce qu’une chanson vaut mieux qu’un long discours pour vous convaincre de la regarder…Voici l’une des musiques les plus emblématique de Crazy Ex-Girlfriend qualifiée par Rachel Bloom elle-même de chanson féministe et anti-féministe à la fois. Pour la traduction sommaire d’internet, c’est ici.

Résumé de Crazy Ex-Girlfriend

Rebecca Bunch, une avocate brillante et réputée à New York décide de tout quitter du jour au lendemain pour suivre Josh Chan, son premier amour. Elle part alors pour West Covina en Californie, afin de (re)conquérir Josh. Mais tout ne se passe pas exactement comme elle l’avait idéalisé.

Mon avis pas du tout objectif sur Crazy Ex-Girlfriend

Cette critique est garantie sans aucun spoiler.

4 Saisons incroyables

Saison 1 : Une exposition réussie

La première saison installe le cadre, présente les personnages principaux, et introduit en douceur le thème de la série. Dès le premier épisode, Rebecca apparaît comme une jeune femme instable, impulsive, et surtout, malheureuse. Grâce à une publicité pour du beurre dont le slogan est « Quand avez-vous été heureux pour la dernière fois? », Rebecca réalise que sa vie lui échappe. Elle décide de se mettre en quête du bonheur. Alors qu’elle est sur le point d’obtenir une promotion au sein de son prestigieux cabinet d’avocat, elle plaque tout et part s’installer à West Covina après avoir rencontré par hasard Josh Chan, son premier amour, dans la rue. Elle s’imagine qu’elle y sera plus heureuse que jamais.

Se heurtant à la réalité lorsqu’elle rencontre Valencia (Gabrielle Ruiz), sa petite amie, Rebecca ne renoncera pas pour autant à son rêve. Voguant de déconvenues en déconvenues, Rebecca finit petit à petit par perdre pieds. Elle pourra compter sur l’appui de ses nouveaux amis : Paula (Donna Lynne Champlin) et Darryl (Pete Gardner) ses collègues, Heather (Vella Lovell) sa voisine et Greg (Santino Fontana), le meilleur ami de Josh.

Les trois premiers épisodes sont sympathiques et se laissent regarder, mais l’intrigue de la série prend réellement de l’ampleur au quatrième épisode.

Saison 2 : Une montée en puissance

Après une première saison qui a pris le temps de monter en puissance, la deuxième démarre sur les chapeaux de roues ! L’arrivée d’un nouveau personnage (Nathaniel, interprété par Scott Michael Foster) va bouleverser Rebecca, qui est plus impulsive que jamais. Les catastrophes s’enchaînent, pour le meilleur et pour le pire. D’autres personnages se trouvent aussi dans la tourmente, notamment Josh et Paula. Le cliffhanger final est à couper le souffle.

Saison 3 : Sombre et sobre

La troisième saison est la plus sombre. Rebecca découvre et accepte enfin son trouble de la personnalité. Elle fait face à ses peurs, ses regrets, et sa violence intérieure. Bien que l’humour absurde soit omniprésent, cette saison prend une tonalité beaucoup plus sérieuse et un peu plus sobre que les précédentes. Elle sert de transition avec la dernière, qui devient parfaitement équilibrée -ou presque-, à l’image de son personnage.

Saison 4 : Inattendue

Probablement la plus réussie de toutes, cette dernière saison amène son lot de questionnement existentiels. Les personnages principaux et secondaires sont beaucoup plus développés, ce qui les rend encore plus attachants. Le rythme est plutôt équilibré, et l’on se surprend à passer du rire aux larmes tant l’écriture nous porte. L’ultime conclusion de la série sur la quête du bonheur est profonde et puissante.

Toutes les saisons sont riches en rebondissements plus ubuesques les uns que les autres. Il serait difficile de s’ennuyer face à un scénario aussi bien construit et amené, rythmé par des musiques incroyables. En effet, Crazy Ex-Girlfriend a su tirer profit de son parti prix en intégrant chaque chanson à un arc narratif.

Tout le casting de la série crazy ex-girlfriend
Le casting de la première saison en robe de soirées et costumes élégants trois pièces. De gauche à droite : Heather (Vella Lovell) reconnaissable à ses cheveux roses, Darryl (Pete Gardner), Greg (Santino Fontana), Rebecca (Rachel Bloom), Josh (Vincent Rodriguez III) et Paula (Donna Lynne Champlin). Tous se tiennent autour du piano sur lequel Rebecca est assise. Source : Louis Joseph Comeau IV, Crazy ex-girlfriend, Warner Bross, 2015

Les chansons : un atout phare de la série

Contrairement à Glee, dont épisodes servent parfois de prétextes à des reprises musicales complètement inutiles pour l’intrigue, Crazy Ex-Girlfriend met toujours à l’honneur des chants originaux qui développent ses scenarii. Et les illustrent avec beaucoup d’humour. Chaque chanson parodie un style musical ou un artiste différent : l’on se croirait parfois dans un spectacle des Inconnus.

Les clips musicaux entrecoupent les scènes cinématographiques tout en les prolongeant. Ces derniers font des références parfois directes à de célèbres icônes de la pop culture. Comme Katy Perry, Selena Gomez, Marylin Monroe, Fred Astair et Ginger Rogers, Simon and Garfunkel…Tandis que d’autres pastichent des comédies musicales (Mamma Mia !, Les Misérables) ou des dessins animés (La Belle et la Bête).

L’univers musical de la série est diversifié, mais toujours reconnaissable à ses arrangements et sa plume humoristique. L’interprétation des artistes, les décors et la mise en scène leur apportent une réelle plus-value. De façon générale, que ce soit par ses références musicales ou cinématographiques, Crazy Ex-Girlfriend est une véritable madeleine de Proust pour toute personne fan de pop culture !

Les meilleures chansons de Crazy Ex-Girlfriend

Les meilleures chansons sont sûrement Let’s Genereralize about men, The Sexy Getting ready song, Face Your Fears, Slow Motion, Our twisted Fate, Don’t be a lawyer, Heavy boobs, A Diagnosis. Certaines sont plus profondes que d’autres comme Anti Depressant are so not a big deal (qui vous donnerait presque envie de prendre des anti-dépresseurs tant elle est entraînante), The Miracle of Birth (évoquant les douleurs de l’accouchement), ou l’une de mes préférées :

Un casting incroyable !

Portée par le dynamisme de ses actrices et acteurs principaux, Crazy Ex-Girlfriend nous offre un panel de talents à découvrir...à commencer par Rachel Bloom et Vincent Rodriguez III, ses interprètes principaux. Ce sont des artistes accomplis, qui savent chanter, danser, donner corps à leurs personnages et les rendre profondément humains.

Et ce ne sont pas les seuls…puisque la série bénéficie d’un casting cinq étoiles, avec Donna Lynne Champlin (Paula), Pete Gardner (Daryl), Vella Lovell (Heather), Gabrielle Ruiz (Valencia), Santino Fontana et Skylar Astin (Greg) dans les rôles principaux. Les rôles tertiaires tout aussi excellents et bénéficient d’un réel développement. De nombreux guests font aussi des apparitions remarquées et remarquables, notamment Amber Riley (Mercedes dans Glee) !

La version française : quand le talent compense l’approximation des dialogues

En version française, les fans de Kaamelott retrouveront la talentueuse Caroline Pascal qui réussit à insuffler une grande sensibilité à Valencia. Thierry Wermuth s’illustre parfaitement dans le rôle de Daryl et Marion Posta est absolument incroyable dans le rôle de Paula. Victoria Grosbois met quelques épisodes à rentrer dans la diction de son personnage, mais s’illustre avec brio dans la troisième saison.

Si les acteurs et les actrices sont incroyables dans les deux versions, néanmoins, la version française souffre d’une traduction problématique, qui dénature parfois l’écriture des scènes ou des personnages. Même le nom des pathologies de Rebecca ne sont ni traduites correctement, ni expliquées comme elles le devraient ! Les choix opérés dans la transposition de la langue sont plus que discutables, et ternissent l’éclat de la série dans son ensemble. C’est donc le casting de la VF qui sauve littéralement cette série de l’approximation et de l’incohérence de ses dialogues.

Des personnages dérangés mais attachants

Les épisodes et les saisons épousent parfaitement l’évolution de ses personnages. Ainsi, la série s’enrichit avec des intrigues secondaires palpitantes tout en abordant des thèmes représentés comme jamais à la télévision : la parentalité (et notamment la Gestation Pour Autrui), l’avortement, le pardon, les changements de carrière. Et la sexualité : que ce soit pour aborder les règles ou le désir féminin, la bisexualité…Tous ces sujets sont abordés à travers la narration comme s’ils coulaient de source. Au fil des histoires de chaque protagoniste, l’on apprend à aimer chacun d’eux, à commencer par Rebecca.

Rebecca Bunch est l’une des héroïnes les plus antipathique jamais créée. Narcissique, compétitrice, immature, elle n’a aucune conscience des conséquences de ses actes malsains sur autrui. Au début de la série, elle est dans le déni de ses difficultés.

Et pourtant…

Au fil de ses péripéties, nous apprenons à compatir à sa souffrance et à l’aimer, car nous vivons son histoire de son point de vue. Malgré son insécurité et ses troubles psychiques, Rebecca finit par entamer une véritable lutte envers ses comportements autodestructeurs et les affronter. Parfois, elle rechute dans ses travers, mais elle finit toujours par les surmonter.

C’est toute la puissance de l’écriture de Crazy Ex-Girlfriend : nous montrer l’envers du décor et nous expliquer avec des intrigues rocambolesques ce qui peut se dissimuler derrière nos comportements les plus abjectes, sans pour autant les excuser. Même si nous n’agissons pas comme Rebecca, nous pouvons néanmoins nous identifier à elle, à travers ses angoisses, sa vulnérabilité.

Derrière la folie, le désespoir

Et nous pouvons comprendre que derrière chaque geste fou, se cache un geste désespéré. La folie est au coeur de la série, c’est elle qui l’anime. Pourtant, elle est traitée et montrée comme rarement elle l’a été à la télévision : de façon réaliste. Comme étant l’expression d’un appel au secours.

Tous les autres personnages sont dépeints suivant ce canevas. Aucun d’eux n’est parfait. Ils souffrent tous de traumatismes, d’angoisses ou d’addictions. Malgré tous leurs mauvais choix, leurs mauvais comportements, nous finissons par compatir à leurs tourments, car, leur grain de folie les rend terriblement attachants.

En conclusion

Jamais une série n’aura autant enjoint son public à prendre soin de sa santé mentale. De la banale déprime au trouble de la personnalité, toute la série ne tourne qu’autour d’une question centrale : comment atteindre le bonheur quand la vie nous a blessé ? En cassant des codes dépassés, Crazy Ex-Girlfriend nous invite à trouver notre propre voie pour être heureux. Et vous, quand avez-vous été heureux pour la dernière fois ?

Merci d’avoir lu cet article ! Nous vous invitons à rejoindre la communauté des étoilé·e·s en participant à notre groupe Facebook « La Galaxie de la Pop-culture ». N’hésitez pas à nous suivre sur tous nos réseaux !

Insta Revue de la Toile Twitter Revue de la Toile LinkedIN Revue de la Toilefacebook revue de la toile

Share this Post

Merci de nous laisser un commentaire !