Lucifer est sans aucun doute la sĂ©rie la plus infernale de Netflix ! DĂ©couvrez notre avis sur l’ensemble des saisons de cette comĂ©die policière. Critique garantie sans aucun spoiler.
Lucifer, cette série policière fantastique et peu orthodoxe, serait probablement restée anonyme si elle n’était pas aussi mythique ! Créée par Tom Kapinos et inspirée par le comics Sandman de Neil Gaiman (édité chez DC Comics en 1989), Lucifer est diablement envoûtante. Portée par des acteurs talentueux, et surtout par le charisme de Tom Ellis, Lucifer doit sa popularité à son charme. Si le synopsis peut sembler cliché et prémâché aux premiers abords, la série démarre réellement ses intrigues à partir de la deuxième saison et saura vous conquérir.

Synopsis de Lucifer
Un jour (ou peut-ĂŞtre une nuit) Delilah, une jeune chanteuse et protĂ©gĂ©e de Lucifer, est tuĂ©e sous les yeux de celui-ci. Mais Lucifer n’est pas n’importe qui : il est immortel et n’est autre que LE Lucifer, le roi de l’Enfer, le Porteur de Lumière, Samael, l’Etoile du Matin, l’ange dĂ©chu, Satan, le Diable…
Las de tenir les rĂŞnes de l’Enfer, Lucifer Morningstar a en effet dĂ©cidĂ© de prendre un congĂ© “sabbatique” sur Terre et d’ouvrir un night club -le Lux- qu’il gère du feu de Dieu Ă Los Angeles. Businessman accompli, Lucifer possède un rĂ©seau de relations diverses Ă tous les niveaux. Ainsi qu’un coffre personnel oĂą s’entassent plusieurs kilos d’or et de billets verts. Ce beau Diable est un hĂ©doniste capable d’atteindre l’honorable nombre de 92 amants et amantes d’un soir en 2 mois. Hommes et femmes papillonnent autour de lui, attirĂ©s irrĂ©pressiblement par son sourire en coin… Et ses yeux marquĂ©s par un discret coup d’Eyeliner et… Pardonnez-nous pour ce lĂ©ger emballement. Revenons-en Ă nos dĂ©mons. Les pires hantises de Lucifer sont d’être manipulĂ© par Dieu et de devoir retourner en Enfer.
Dès les premières minutes de l’histoire, Lucifer rencontre ChloĂ© Deker, lieutenant de police chargĂ©e de l’enquĂŞte. DĂ©sireux de venger Delilah, Lucifer tente de sĂ©duire l’officier… mais se prend un vent monstrueux. Le premier de sa vie. Capable de faire exprimer tout haut le dĂ©sir des personnes qu’il hypnotise, il essaie sur elle… et se prend un second vent. Bien dĂ©cidĂ© Ă percer le “mystère Chloe”, il parvient Ă se faire embaucher comme consultant auprès de la police de Los Angeles. Ainsi compte-t-il briser son ennui en s’amusant Ă rĂ©soudre des meurtres grâce Ă ses capacitĂ©s.
Notre avis pas du tout objectif sur Lucifer
Lucifer, la comédie policière démente
Lucifer cĂ©lèbre l’humour noir, les blagues borderlines, et son ironie est lĂ©gendaire. Cette sĂ©rie revisite aussi bien la Bible que la mythologie, en réécrivant et renversant de nombreuses situations. A travers ces thèmes, ce sont de tous les autres que Lucifer traite avec beaucoup de justesse et de profondeur, comme la dĂ©pression, la culpabilitĂ©, les troubles affectifs et Ă©motionnels dans les familles dysfonctionnelles…La psychologie est au cĹ“ur de cette intrigue et prend quelques fois le pas sur les enquĂŞtes policières, mais l’ensemble reste plutĂ´t Ă©quilibrĂ©. Les scènes alternent entre la rĂ©solution des enquĂŞtes, et les entretiens entre Lucifer et la psychiatre de ce dernier : le Dr Linda Martin.
Lucifer : 5 saisons inégales, mais passionnantes disponibles sur Netflix
Les saisons sont inégales à cause du changement de direction économique et artistique. Nous vous donnerons notre avis sur chacune d’entre elles. Sans spoil.
Saison 1 : une agréable surprise
La saison 1 sert surtout Ă poser le cadre de l’histoire et prĂ©senter les personnages principaux : Lucifer (Tom Ellis), le Dr Linda Martin (Rachel Harris), sa psychologue qui “l’explore en profondeur”, Amendiel (D.B. Woodside) son frère aĂ®nĂ©. Et Maze (Lesley-Ann Brandt) ou Mazikeen, dĂ©mon tout droit sortie des limbes qui l’accompagne fidèlement dans ses pĂ©ripĂ©ties terrestres. Surtout, nous rencontrons Chloe Decker (Lauren German), inspectrice et love interest (ou Lust Interest pour le moment ?) du hĂ©ros, ainsi que son ex, Daniel Espinoza (Kevin Alejandro) et leur fille, Beatrice, plus connue sous le nom de « Trixie » (Scarlett Estevez). Lucifer est fascinĂ© par Chloe, laquelle demeure un mystère pour lui. En effet, Chloe est la seule Ă rĂ©sister Ă son pouvoir d’attraction divin. Il dĂ©couvre rapidement que, près d’elle, lui qui est immortel et invincible, devient vulnĂ©rable.
La première saison se laisse regarder, ni plus, ni moins. L’univers musical est Ă l’image de la sĂ©rie : rock’n’roll, et les titres sont plutĂ´t bons ! L’humour et le second degrĂ© habillent Ă eux seuls les dialogues et les scènes qui pourraient sembler ordinaires, si Lucifer n’apparaissait pas aussi souvent dĂ©nudĂ©. Le tandem good cop/bad cop fonctionne aisĂ©ment, et la touche surnaturelle amenĂ©e par les pouvoirs de Lucifer a un air de dĂ©jĂ vu. Ce sont surtout les rĂ´les fĂ©minins qui tirent leur Ă©pingle du jeu durant cette saison. Maze est particulièrement remarquable : Ă la fois drĂ´le, attachante et puissante. Cette première saison devient surtout addictive lors de son Ă©pisode final, qui dĂ©voile Ă lui seul l’étendu d’un univers palpitant.
Saison 2 : dans la continuité de la première
Lucifer bat de l’aile ! En plus d’avoir de sĂ©rieux problèmes relationnels avec son paternel, il se trouve que les accointances cĂ´tĂ© maternel ne sont pas meilleures.
Ă€ la fin de la saison 1, Lucifer est accaparĂ© par une vision des plus terrifiantes : une des cellules de l’Enfer vient d’ĂŞtre ouverte…Et ce n’est pas n’importe laquelle, vu qu’il s’agit de celle de la DĂ©esse de la crĂ©ation. La mère de tous ces petits angelots et dont Lucifer fut le geĂ´lier (et Mazekeen la principale tortionnaire). Dès lors, Lucifer n’aura de cesse de surveiller sa manipulatrice de mère, adepte des coups dans le dos, littĂ©ralement. Il tentera par tous les moyens de lui faire quitter le monde des mortels avec l’aide d’Amenadiel, qui est partagĂ© entre la crainte et le plaisir de la revoir. Sur terre, elle prendra les traits de Charlotte Richards (Tricia Helfer), une riche avocate aussi puissante que superficielle.
Cette deuxième saison fait naĂ®tre un grand tourment. Et une certaine ambiguĂŻtĂ© s’installe entre Lucifer et Chloe. Si cette dernière se fait toujours aussi critique sur le libertinage de Lucifer, on entraperçoit une certaine jalousie envers l’avocate Charlotte Richards, proche de Lucifer. L’ange dĂ©chu a d’ailleurs beaucoup de difficultĂ©s Ă lui faire comprendre le dĂ©goĂ»t qu’il Ă©prouve Ă l’idĂ©e que Charlotte Richards ait une vie sexuelle. La petite bouffĂ©e d’air frais de cette saison est l’arrivĂ©e de Ella Jones (Aimee Garcia), sympathique technicienne de laboratoire… Qui prend Lucifer pour un acteur prĂ©parant son rĂ´le d’Ange dĂ©chu devenu consultant pour la police.
La saison 2 est la juste suite de la première, et mise sur l’arc narratif qui dĂ©voile les dysfonctionnements de la famille cĂ©leste pour corser ses intrigues. La sĂ©rie prend une nouvelle tournure Ă cause des afflictions d’un Lucifer dĂ©boussolĂ©, d’un Amenadiel perdu, d’une Chloe hĂ©sitante, et de la DĂ©esse de la crĂ©ation qui a bien l’intention de se venger ! De plus, les crimes commis dans l’entourage de Lucifer se font de plus en plus nombreux et menacent davantage la vie qu’il s’est construite Ă LA.
Saison 3 : l’ultime saison
Dès le dĂ©but de la saison, Lucifer rencontre Marcus Pierce (interprĂ©tĂ© par Tom Welling). Cette version poivre et sel de Clark Kent dans Smallville, cĂ©lèbre capitaine de Police connu et reconnu dans le milieu pour sa froideur, sa droiture et ses Ă©normes bras, est Ă la recherche de l’Ultime PĂŞcheur (Sinnerman en VO). Pour Lucifer c’est certain, l’Ultime PĂŞcheur travaille pour Dieu.
Les deux derniers épisodes -qui sont des fillers : des épisodes bonus- de la saison sont très mal placés. Pourtant, ce sont des épisodes magnifiques, parmi les meilleurs que compte la série. Ils perdent un peu de leur intérêt lorsque l’on regarde la saison 4 tout de suite après, mais aucunement de leur charme, ni de leur profondeur.
Cette saison devient très intense et dramatique. Fini le cĂ´tĂ© frivole et dĂ©lirant constant des deux premières saisons marquĂ©es par des pauses plus sĂ©rieuses. Cette saison-ci est celle de la maturitĂ©. Exception faite de plusieurs scènes comiques, la sĂ©rie ne brille pas par sa lĂ©gèretĂ©. Parfois, elle traĂ®ne en longueur, en questionnements philosophiques. Comme si les scĂ©naristes, au moment oĂą la FOX venait d’annoncer la fin de la sĂ©rie, avaient eu l’envie de donner vie Ă leur amertume…Tout en laissant une porte ouverte Ă une suite Ă©ventuelle. Lucifer part en vrille, dĂ©voile une personnalitĂ© sombre, et tente malgrĂ© tout d’échapper Ă la fatalitĂ©. Le final en lui-mĂŞme est tout aussi lourd de sens.
Puis Saint Commerciel Anonymael est descendu de la Plateforme noire et rouge pour l’Annonciation : « Ne craignez point, Luciferiens, car vous avez trouvĂ© grâce devant Netflix (et Warner). Voici que vous concevrez, et vous enfanterez trois saisons, et vous lui donnerez une bonne fin. Elle sera grande et sera appelĂ©e Ă marquer les esprits ; le Seigneur Netflix lui donnera le trĂ´ne des TOP SĂ©ries ; elle rĂ©gnera Ă©ternellement sur la Plateforme des abonnĂ©s, et son règne aura une vraie fin. »
Saison 4 : la saison de transition
La saison 3 fut particulièrement difficile pour Chloe. Elle n’est pas la seule Ă souffrir, puisque Lucifer est en pleine dĂ©pression, et rumine sa culpabilitĂ©. Ce qui donne lieu Ă une des plus belles et vivantes cover de Creep, de Radiohead. Alors trahi par l’un de ses humains prĂ©fĂ©rĂ©s, Lucifer voit l’arrivĂ©e de l’une de ses ex (Inbar Lavi) comme une lueur d’espoir, sans se rendre compte qu’il s’enfonce dans les tĂ©nèbres. De son cĂ´tĂ©, Amenadiel dĂ©couvre une autre facette de lui-mĂŞme, mais Ă©galement l’humanitĂ© dans toute son injustice.
La saison 4 est la plus courte. On sent qu’elle fait le pont entre la direction FOX et la direction NETFLIX. De ce fait, cette saison est clairement inĂ©gale : son dĂ©but est gĂ©nial, sa fin sublime, mais elle n’a pas de juste milieu. L’arc narratif des premiers Ă©pisodes aurait clairement pu ĂŞtre dĂ©veloppĂ© un peu plus en profondeur. Ă€ la place, il est rapidement mis aux oubliettes pour ne devenir qu’accessoire, illustrant l’emprise qu’aura l’ex de Lucifer sur ce dernier. Contrairement aux autres saisons qui portent une dimension rĂ©flexive sur l’impact des relations humaines et cĂ©lestes, celle-ci prĂ©fère se concentrer sur l’exploration de la sensualitĂ©.
Finalement, ce sont les intrigues secondaires qui regroupent Trixie, Maze et le Dr Linda Martin qui sont les plus intĂ©ressantes. Elles permettent de mettre en valeur ces personnages forts, et leur confĂ©rer plus d’importance. Ella Jones a aussi le droit Ă une aventure trĂ©pidante.
Saison 5 partie a : retour aux sources
Décidément, la famille céleste est l’une des plus dysfonctionnelles au monde ! Un autre chewing-gum vient s’agglutiner aux semelles de Lucifer : Michel ! Son jumeau. Son arrivée coïncide avec des scènes impressionnantes sur le plan artistique. Magnifiques et épiques. Les décors, la lumière, les musiques et toute la technique prennent un second souffle. Ce renouveau apporte une réelle plu value à la série. La réalisation plus est soignée, certains épisodes reprenant et détournant des thèmes cinématographiques bien connus.
Ce début de saison permet de retourner aux sources de la série, qui revient avec son humour potache et ses situations gênantes pour les protagonistes; tout en traitant des sujets sérieux. Trixie perd de son importance au cours de cette saison, alors que Maze ne fait qu’en gagner. De personnage plutôt secondaire dans les dernières saisons (et pour cause l’actrice était enceinte), elle repasse au premier plan. Tout comme Ella.
Le dernier épisode se termine sur un dénouement dantesque que Lucifer et nous attendions depuis un sacré moment…
Saison 5 partie b : une fin inattendue
La dernière partie de cette saison est riche en Ă©motions, surtout sur les deux derniers Ă©pisodes. Si les quatre premiers Ă©pisodes sont plutĂ´t drĂ´les, les deux derniers tournent Ă la tragĂ©die. Alors que Maze reprend le rĂ´le de comic-relief (personnage drĂ´le mais secondaire); Dan prend une importance considĂ©rable. Quant Ă la confrontation tant attendue entre Lucifer et les membres de sa famille, elle tourne finalement court…pour mieux revenir au premier plan. La construction de la fin de cette saison a Ă©tĂ© travaillĂ©e pour nous surprendre, et c’est rĂ©ussi. L’on passe littĂ©ralement du rire aux larmes.
Au final, la saison s’Ă©quilibre dans sa globalitĂ©. L’ensemble des intrigues amenĂ©es sont conclues et un nouvel arc narratif est dĂ©ployĂ©e pour la saison Ă venir.
Saison 6 : Retour aux sources et conclusion magistrale
La dernière saison tant attendue conclut magistralement Lucifer, avec l’introduction d’un nouveau personnage queer, Rory (Brianna Hildebrand). Si l’arc narratif principal autour de cette dernière peut dĂ©router aux premiers abords, il prend tout son sens lors de l’Ă©pisode final. Les arcs narratifs secondaires (notamment ceux de Dan et Linda) sont palpitants, et nous replongent avec nostalgie dans les premières saisons. De nombreux clin d’Ĺ“il Ă celles-ci sont semĂ©s au fil des Ă©pisodes, lesquels sont toujours plus drĂ´les et inventifs les uns que les autres.
Quant Ă l’Ă©pisode final…Il est le plus gĂ©nial de tous, toutes saisons confondues. C’est probablement l’un des meilleurs que l’on ait vus depuis longtemps.
En conclusion
Lucifer permet de nous divertir, de nous questionner aussi. Cette sĂ©rie ne cesse de nous surprendre et de nous interroger : qui sommes-nous et que devenons-nous quand nous aimons ? Qu’est-ce qui retient nos ailes ? Qu’est-ce qui les brĂ»le ? Pourquoi acceptons-nous de devenir vulnĂ©rables ? A quels moments sommes-nous invincibles ? Entre deux blagues ou deux scènes Ă©motionnellement intenses et dramatiques, Lucifer tente de rĂ©pondre Ă tout ce panel de questionnements humains. Tout en réécrivant des scènes bibliques avec humour. Lucifer est une sĂ©rie ambitieuse, tant par l’univers qu’elle dĂ©ploie, que par le champ des possibles qu’elle exploite dans ses intrigues. Elle ne pourra que vous sĂ©duire.
Total étoiles : 8/10

Rédigé par Justine Frugier
Manager, adoratrice de Loki, le meilleur Dieu du monde, n’a pas sa langue dans sa poche, un jour, elle voudrait devenir la meilleure rĂ©dactrice, se battre sans rĂ©pit, tout faire pour ĂŞtre vainqueur et gagner les dĂ©fis, parcourir la Terre entière, se battant avec espoir, dĂ©couvrir la pop culture et ses mystères, le secret de ses pouvoirs.

Et par Tsilla Aumigny
Rédactrice en Chef, ex-Enseignante en Lettres Classiques certifiée, Autrice de roman, Scoute toujours, Jedi à ses heures perdues, Gryffondor.

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