Justine Frugier/ mai 28, 2021/ 0 comments

Lucifer est sans aucun doute la série la plus infernale de Netflix ! Découvrez notre avis sur l’ensemble des saisons de cette comédie policière. Critique garantie sans aucun spoiler.

Lucifer, cette série policière fantastique et peu orthodoxe, serait probablement restée anonyme si elle n’était pas aussi mythique ! Créée par Tom Kapinos et inspirée par le comics Sandman de Neil Gaiman (édité chez DC Comics), Lucifer est diablement envoûtante. Portée par des acteurs talentueux, et surtout par le charisme de Tom Ellis, Lucifer doit sa popularité à son charme. Si le synopsis peut sembler cliché et prémâché aux premiers abords, la série démarre réellement ses intrigues à partir de la deuxième saison et saura vous conquérir.

Tom Ellis, torse nu
Lucifer, incarné par Tom Ellis, déambule torse nu, les muscles dessinés, dans un jardin humide. Une faible buée entoure l’ange déchu. Tom Ellis est brun aux yeux marrons, ses cheveux sont plaqués en arrière. Derrière lui, une maison blanche dont le lierre est montant. Le style est d’inspiration colonial. La porte d’entrée est voûtée et débouche sur des escaliers. Elle semble soutenue par une colonne, près d’une fenêtre. Source : Alex Hadju, Lucifer, Warner Bros, n-c

Synopsis de Lucifer

Un jour (ou peut-être une nuit) Delilah, une jeune chanteuse et protégée de Lucifer, est tuée sous les yeux de celui-ci. Mais Lucifer n’est pas n’importe qui : il est immortel et n’est autre que LE Lucifer, le roi de l’Enfer, le Porteur de Lumière, Samael, l’Etoile du Matin, l’ange déchu, Satan, le Diable

Las de tenir les rênes de l’Enfer, Lucifer Morningstar a en effet décidé de prendre un congé “sabbatique” sur Terre et d’ouvrir un night club -le Lux- qu’il gère du feu de Dieu à Los Angeles. Businessman accompli, Lucifer possède un réseau de relations diverses à tous les niveaux. Ainsi qu’un coffre personnel où s’entassent plusieurs kilos d’or et de billets verts. Ce beau Diable est un hédoniste capable d’atteindre l’honorable nombre de 92 amants et amantes d’un soir en 2 mois. Hommes et femmes papillonnent autour de lui, attirés irrépressiblement par son sourire en coin… Et ses yeux marqués par un discret coup d’Eyeliner et… Pardonnez-nous pour ce léger emballement. Revenons-en à nos démons. Les pires hantises de Lucifer sont d’être manipulé par Dieu et de devoir retourner en Enfer.

Dès les premières minutes de l’histoire, Lucifer rencontre Chloé Deker, lieutenant de police chargée de l’enquête. Désireux de venger Delilah, Lucifer tente de séduire l’officier… mais se prend un vent monstrueux. Le premier de sa vie. Capable de faire exprimer tout haut le désir des personnes qu’il hypnotise, il essaie sur elle… et se prend un second vent. Bien décidé à percer le “mystère Chloe”, il parvient à se faire embaucher comme consultant auprès de la police de Los Angeles. Ainsi compte-t-il briser son ennui en s’amusant à résoudre des meurtres grâce à ses capacités.

Notre avis pas du tout objectif sur Lucifer 

Lucifer, la comédie policière démente 

Lucifer célèbre l’humour noir, les blagues borderlines, et son ironie est légendaire. Cette série revisite aussi bien la Bible que la mythologie, en réécrivant et renversant de nombreuses situations. A travers ces thèmes, ce sont de tous les autres que Lucifer traite avec beaucoup de justesse et de profondeur, comme la dépression, la culpabilité, les troubles affectifs et émotionnels dans les familles dysfonctionnelles…La psychologie est au cœur de cette intrigue et prend quelques fois le pas sur les enquêtes policières, mais l’ensemble reste plutôt équilibré. Les scènes alternent entre la résolution des enquêtes, et les entretiens entre Lucifer et la psychiatre de ce dernier : le Dr Linda Martin. 

Lucifer : 5 saisons inégales, mais passionnantes disponibles sur Netflix

Les saisons sont inégales à cause du changement de direction économique et artistique. Nous vous donnerons notre avis sur chacune d’entre elles. Sans spoil. 

Saison 1 : une agréable surprise

La saison 1 sert surtout à poser le cadre de l’histoire et présenter les personnages principaux : Lucifer (Tom Ellis), le Dr Linda Martin (Rachel Harris), sa psychologue qui “l’explore en profondeur”, Amendiel (D.B. Woodside) son frère aîné. Et Maze (Lesley-Ann Brandt) ou Mazikeen, démon tout droit sortie des limbes qui l’accompagne fidèlement dans ses péripéties terrestres. Surtout, nous rencontrons Chloe Decker (Lauren German), inspectrice et love interest (ou Lust Interest pour le moment ?) du héros, ainsi que son ex, Daniel Espinoza (Kevin Alejandro) et leur fille, Beatrice, plus connue sous le nom de “Trixie” (Scarlett Estevez). Lucifer est fasciné par Chloe, laquelle demeure un mystère pour lui. En effet, Chloe est la seule à résister à son pouvoir d’attraction divin. Il découvre rapidement que, près d’elle, lui qui est immortel et invincible, devient vulnérable. 

La première saison se laisse regarder, ni plus, ni moins. L’univers musical est à l’image de la série : rock’n’roll, et les titres sont plutôt bons ! L’humour et le second degré habillent à eux seuls les dialogues et les scènes qui pourraient sembler ordinaires, si Lucifer n’apparaissait pas aussi souvent dénudé. Le tandem good cop/bad cop fonctionne aisément, et la touche surnaturelle amenée par les pouvoirs de Lucifer a un air de déjà vu. Ce sont surtout les rôles féminins qui tirent leur épingle du jeu durant cette saison. Maze est particulièrement remarquable : à la fois drôle, attachante et puissante. Cette première saison devient surtout addictive lors de son épisode final, qui dévoile à lui seul l’étendu d’un univers palpitant. 

Saison 2 : dans la continuité de la première

Lucifer bat de l’aile ! En plus d’avoir de sérieux problèmes relationnels avec son paternel, il se trouve que les accointances côté maternel ne sont pas meilleures. 

À la fin de la saison 1, Lucifer est accaparé par une vision des plus terrifiantes : une des cellules de l’Enfer vient d’être ouverte…Et ce n’est pas n’importe laquelle, vu qu’il s’agit de celle de la Déesse de la création. La mère de tous ces petits angelots et dont Lucifer fut le geôlier (et Mazekeen la principale tortionnaire). Dès lors, Lucifer n’aura de cesse de surveiller sa manipulatrice de mère, adepte des coups dans le dos, littéralement. Il tentera par tous les moyens de lui faire quitter le monde des mortels avec l’aide d’Amenadiel, qui est partagé entre la crainte et le plaisir de la revoir. Sur terre, elle prendra les traits de Charlotte Richards (Tricia Helfer), une riche avocate aussi puissante que superficielle. 

Cette deuxième saison fait naître un grand tourment. Et une certaine ambiguïté s’installe entre Lucifer et Chloe. Si cette dernière se fait toujours aussi critique sur le libertinage de Lucifer, on entraperçoit une certaine jalousie envers l’avocate Charlotte Richards, proche de Lucifer. L’ange déchu a d’ailleurs beaucoup de difficultés à lui faire comprendre le dégoût qu’il éprouve à l’idée que Charlotte Richards ait une vie sexuelle. La petite bouffée d’air frais de cette saison est l’arrivée de Ella Jones (Aimee Garcia), sympathique technicienne de laboratoire… Qui prend Lucifer pour un acteur préparant son rôle d’Ange déchu devenu consultant pour la police.

La saison 2 est la juste suite de la première, et mise sur l’arc narratif qui dévoile les dysfonctionnements de la famille céleste pour corser ses intrigues. La série prend une nouvelle tournure à cause des afflictions d’un Lucifer déboussolé, d’un Amenadiel perdu, d’une Chloe hésitante, et de la Déesse de la création qui a bien l’intention de se venger ! De plus, les crimes commis dans l’entourage de Lucifer se font de plus en plus nombreux et menacent davantage la vie qu’il s’est construite à LA.

Saison 3 : l’ultime saison

Dès le début de la saison, Lucifer rencontre Marcus Pierce (interprété par Tom Welling). Cette version poivre et sel de Clark Kent dans Smallville, célèbre capitaine de Police connu et reconnu dans le milieu pour sa froideur, sa droiture et ses énormes bras, est à la recherche de l’Ultime Pêcheur (Sinnerman en VO). Pour Lucifer c’est certain, l’Ultime Pêcheur travaille pour Dieu.

Les deux derniers épisodes -qui sont des fillers : des épisodes bonus- de la saison sont très mal placés. Pourtant, ce sont des épisodes magnifiques, parmi les meilleurs que compte la série. Ils perdent un peu de leur intérêt lorsque l’on regarde la saison 4 tout de suite après, mais aucunement de leur charme, ni de leur profondeur. 

Cette saison devient très intense et dramatique. Fini le côté frivole et délirant constant des deux premières saisons marquées par des pauses plus sérieuses. Cette saison-ci est celle de la maturité. Exception faite de plusieurs scènes comiques, la série ne brille pas par sa légèreté. Parfois, elle traîne en longueur, en questionnements philosophiques. Comme si les scénaristes, au moment où la FOX venait d’annoncer la fin de la série, avaient eu l’envie de donner vie à leur amertume…Tout en laissant une porte ouverte à une suite éventuelle. Lucifer part en vrille, dévoile une personnalité sombre, et tente malgré tout d’échapper à la fatalité. Le final en lui-même est tout aussi lourd de sens.

Puis Saint Commerciel Anonymael est descendu de la Plateforme noire et rouge pour l’Annonciation : « Ne craignez point, Luciferiens, car vous avez trouvé grâce devant Netflix (et Warner). Voici que vous concevrez, et vous enfanterez trois saisons, et vous lui donnerez une bonne fin. Elle sera grande et sera appelée à marquer les esprits ; le Seigneur Netflix lui donnera le trône des TOP Séries ; elle régnera éternellement sur la Plateforme des abonnés, et son règne aura une vraie fin. »

Saison 4 : la saison de transition

La saison 3 fut particulièrement difficile pour Chloe. Elle n’est pas la seule à souffrir, puisque Lucifer est en pleine dépression, et rumine sa culpabilité. Ce qui donne lieu à une des plus belles et vivantes cover de Creep, de Radiohead. Alors trahi par l’un de ses humains préférés, Lucifer voit l’arrivée de l’une de ses ex (Inbar Lavi) comme une lueur d’espoir, sans se rendre compte qu’il s’enfonce dans les ténèbres. De son côté, Amenadiel découvre une autre facette de lui-même, mais également l’humanité dans toute son injustice. 

La saison 4 est la plus courte. On sent qu’elle fait le pont entre la direction FOX et la direction NETFLIX. De ce fait, cette saison est clairement inégale : son début est génial, sa fin sublime, mais elle n’a pas de juste milieu. L’arc narratif des premiers épisodes aurait clairement pu être développé un peu plus en profondeur. À la place, il est rapidement mis aux oubliettes pour ne devenir qu’accessoire, illustrant l’emprise qu’aura l’ex de Lucifer sur ce dernier. Contrairement aux autres saisons qui portent une dimension réflexive sur l’impact des relations humaines et célestes, celle-ci préfère se concentrer sur l’exploration de la sensualité.

Finalement, ce sont les intrigues secondaires qui regroupent Trixie, Maze et le Dr Linda Martin qui sont les plus intéressantes. Elles permettent de mettre en valeur ces personnages forts, et leur conférer plus d’importance. Ella Jones a aussi le droit à une aventure trépidante. 

Saison 5 partie a : retour aux sources

Décidément, la famille céleste est l’une des plus dysfonctionnelles au monde ! Un autre chewing-gum vient s’agglutiner aux semelles de Lucifer : Michel ! Son jumeau. Son arrivée coïncide avec des scènes impressionnantes sur le plan artistique. Magnifiques et épiques. Les décors, la lumière, les musiques et toute la technique prennent un second souffle. Ce renouveau apporte une réelle plu value à la série. La réalisation plus est soignée, certains épisodes reprenant et détournant des thèmes cinématographiques bien connus.

Ce début de saison permet de retourner aux sources de la série, qui revient avec son humour potache et ses situations gênantes pour les protagonistes; tout en traitant des sujets sérieux. Trixie perd de son importance au cours de cette saison, alors que Maze ne fait qu’en gagner. De personnage plutôt secondaire dans les dernières saisons (et pour cause l’actrice était enceinte), elle repasse au premier plan. Tout comme Ella.

Le dernier épisode se termine sur un dénouement dantesque que Lucifer et nous attendions depuis un sacré moment…

Saison 5 partie b : une fin inattendue

La dernière partie de cette saison est riche en émotions, surtout sur les deux derniers épisodes. Si les quatre premiers épisodes sont plutôt drôles, les deux derniers tournent à la tragédie. Alors que Maze reprend le rôle de comic-relief (personnage drôle mais secondaire); Dan prend une importance considérable. Quant à la confrontation tant attendue entre Lucifer et les membres de sa famille, elle tourne finalement court…pour mieux revenir au premier plan. La construction de la fin de cette saison a été travaillée pour nous surprendre, et c’est réussi. L’on passe littéralement du rire aux larmes.

Au final, la saison s’équilibre dans sa globalité. L’ensemble des intrigues amenées sont conclues et un nouvel arc narratif est déployée pour la saison à venir.

En conclusion,

Lucifer permet de nous divertir, de nous questionner aussi. Cette série ne cesse de nous surprendre et de nous interroger : qui sommes-nous et que devenons-nous quand nous aimons ? Qu’est-ce qui retient nos ailes ? Qu’est-ce qui les brûle ? Pourquoi acceptons-nous de devenir vulnérables ? A quels moments sommes-nous invincibles ? Entre deux blagues ou deux scènes émotionnellement intenses et dramatiques, Lucifer tente de répondre à tout ce panel de questionnements humains. Tout en réécrivant des scènes bibliques avec humour. Lucifer est une série ambitieuse, tant par l’univers qu’elle déploie, que par le champ des possibles qu’elle exploite dans ses intrigues. Elle ne pourra que vous séduire.

Co-écrit et relu par Tsilla Aumigny

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