Analyse de la pop culture

[CRITIQUE] Suits, avocats sur mesure : incroyable et addictive, ou pas !

Margot Dupont
les cinq personnages principaux de suits : Rachel, Harvey, Mike, Donna et Louis

Suits, avocat sur mesure, série grâce à laquelle Meghan Markle a conquis le cœur du prince Harry, et celui de la rédaction aussi !

Bonjour la communauté étoilée ! Aujourd’hui, je m’attaque à Suits, avocats sur mesure. Il est donc venu pour moi le moment de m’atteler à cette série qui a marqué la fin de la vie hollywoodienne de l’ex-duchesse, Meghan Markle !

Synopsis de Suits, avocats sur mesure :

Avocat très ambitieux d’une grosse firme de Manhattan, Harvey Specter a besoin de quelqu’un pour l’épauler. Son choix se porte sur Mike Ross, un jeune homme très brillant mais sans diplôme, doté d’un talent certain et d’une mémoire photographique très précieuse. Mike devra cependant user de toutes les ruses pour garder sa place sans que personne ne découvre qu’il n’a jamais passé l’examen du barreau.

Photo officielle des personnages principaux de Suits, avocats sur mesure
La photo est en noir et blanc. Les cinq avocats se tiennent en ligne. De gauche à droite : Rachel; Harvey, Mike, Donna et Louis. Tout se joue dans le regard. Rachel, de profil, regarde le spectateur. Harvey, de profil, a les yeux tourné vers le bas. Mike, au centre, se tient les mains dans les poches de son costume, et plante ses yeux dans ceux du spectateur. Donna, de profil, semble regarder Harvey. Quant à Louis, de profil également, il tourne les yeux vers Donna.
Sources : Dan Stoloff, Suits, Universal Cable Productions, 2011

Mon avis pas du tout objectif sur Suits, avocats sur mesure :

Suits, avocats sur mesure, une valeur sûre

Ally McBeal, The Good Wife, Drop Dead Diva… les séries judiciaires ne sont pas une idée révolutionnaire. Pour autant, c’est un genre qui fonctionne toujours bien, à l’instar des séries policières ou médicales. Il aurait donc été surprenant que Suits ne trouve pas son public, et ne se taille pas une place confortable dans le monde impitoyable des séries. Et elle le fait !

En effet, Aaron Korsh a su trouver un angle intéressant pour nous relater le quotidien professionnel et personnel de ces avocats New-yorkais. Ce qui fait de Suits une bonne série. Voire même très bonne, au détour de quelques saisons et de certains épisodes.

Un ensemble bien pensé et bien mené

Le scénario des trois premières saisons est génial. Les épisodes s’enchaînent, les personnages se mettent en place et leur développement (jusqu’à un certain point, nous le verrons) est cohérent. La série se construit vraiment, tant en ce qui concerne les intrigues de premiers plans que les enchaînements secondaires et tertiaires. Les dialogues sont bien menés, également. Ils sont crédibles et intuitifs, rendant le tout très plausible.

Les musiques participent aussi beaucoup de cette réussite ! Je pense notamment au générique : Greenback Boogie du groupe Ima Robot ; qui est encensé par la critique.

Les personnages : une évolution peu marquée

De plus, le caractère et la psychologie des personnages ne sont pas marqués du sceau d’une évolution fulgurante… Personnellement, cela ne me dérange pas tant que ça dans la mesure où je trouve que c’est plutôt réaliste. Pour autant, il faut le savoir afin de ne pas être déçu et se faire d’illusions à ce sujet. Le couple phare de la série, Mike et Rachel (Meghan Markle), illustre parfaitement cela.

Globalement, la distribution des rôles est judicieuse. Les interactions entre les personnages sont bonnes justement parce qu’il y a une certaine complicité entre les différents duos. J’ai commencé à regarder cette série à cause (grâce ?) à Patrick J. Adams qui joue Mike Ross, le génie à la mémoire photographique. Il forme un très bon duo avec Gabriel Macht, son supérieur Harvey Specter dans la série. Suits repose sur leur alchimie, et c’est très agréable de les voir ensemble. L’un a la mémoire, l’autre est retors et manipulateur, mais avec classe et moralité.

Difficile de parler de Suits sans s’attarder sur Harvey Specter. Il est probablement l’un des personnages qui donnent à la série toute sa personnalité. Arrogant, sûr de lui, parfois franchement insupportable, Harvey a pourtant une véritable éthique professionnelle. Il est capable de manipuler, de bluffer et de prendre des décisions discutables, mais il possède aussi une certaine idée de la loyauté.

C’est précisément ce paradoxe qui le rend intéressant. Harvey déteste perdre et supporte très mal que quelqu’un puisse remettre en question ses compétences. Toutefois, cette assurance caricaturale cache finalement un personnage beaucoup plus fragile qu’il ne veut bien le laisser paraître. Cette vulnérabilité, seule Mike, son ami-ennemi-collègue, est capable de la dompter.

Mike et Harvey ont des caractères opposés, tout en partageant une même intelligence. Mike possède une mémoire exceptionnelle et une capacité d’apprentissage hors du commun. Harvey, lui, possède l’expérience, l’intuition et surtout une connaissance parfaite des rouages mécanismes de l’univers dans lequel ils évoluent.

L’un connaît les lois. L’autre connaît les règles sociales.

Cette complémentarité est probablement l’une des meilleures idées de la série. Elle permet d’ailleurs à Suits de dépasser le simple principe de la série judiciaire : la relation entre Mike et Harvey devient progressivement le véritable moteur de l’histoire.

Peu importe que Rachel ne soit pas le personnage principal… Peu importe qu’elle ne soit pas présente dans l’intégralité des 142 épisodes…

Depuis son départ, Suits est devenu la série de Meghan Markle.

L’entrée de Meghan dans la monarchie britannique devait signer la sortie de Rachel dans Suits. Si cela n’aura pas empêché les critiques négatives de pleuvoir sur les deux dernières saisons, cela aura accordé une notoriété sans précédent à cette série pourtant modeste.

En effet, le monde entier est avide de découvrir la (déjà ex-) duchesse sur le petit écran. Car, à l’inverse de The Crown, c’est ici un membre de la famille royale qui joue un rôle. Il ne fait donc aucun doute qu’une large majorité des spectateurs découvrant Suits, avocats sur mesure le fait désormais pour voir Meghan Markle.

Au départ, il faut bien l’avouer, Louis Litt est surtout là pour nous agacer. Louis est jaloux de Harvey, particulièrement susceptible et capable de réactions totalement disproportionnées. Il semble constamment vouloir prouver qu’il mérite davantage de reconnaissance qu’Harvey.

Pourtant, plus la série avance, plus le personnage devient intéressant.

Louis est probablement celui qui évolue le plus humainement. Il reste maladroit, excessif, mais ses failles deviennent progressivement plus visibles, et le rendent plus profond. Son besoin de reconnaissance, son attachement au cabinet et ses difficultés dans ses relations avec les autres permettent de comprendre davantage ce qui se cache derrière son comportement. Rick Hoffman interprète à la perfection ce personnage.

Louis aurait très facilement pu devenir un simple antagoniste caricatural. Il devient finalement beaucoup plus paradoxal : c’est un personnage dont on peut se moquer dans un épisode et éprouver de la peine pour lui quelques épisodes plus tard.

C’est aussi ce qui permet à Suits de continuer à nous tenir en haleine : ses personnages ne sont pas purement manichéens. Ils font des erreurs, se trahissent, se réconcilient et recommencent.

Donna est encore un cas particulier.

Elle n’est pas avocate, et pourtant elle semble parfois être la personne la plus indispensable du cabinet. Elle connaît Harvey par cœur, sait reconnaître ses mensonges, ses colères et ses faiblesses et semble avoir une capacité presque surnaturelle à savoir ce qui va se passer avant tout le monde. Elle sait qui aime qui, qui déteste qui, qui ment et pourquoi. Elle est également l’un des rares personnages capables de tenir tête à Harvey sans trembler.

Son duo avec Harvey fonctionne d’ailleurs particulièrement bien. Leur relation est fondée sur une confiance ancienne et réciproque. Leur complicité dépasse largement le simple rapport professionnel. Ensemble, ils nous offrent les meilleurs moments, qui ne sont pas toujours ceux qui concernent les affaires judiciaires. Les meilleures scènes sont souvent celles qui nous donnent à voir des interactions piquantes entre les personnages.

L’autre élément qui fait immédiatement reconnaître Suits, ce sont ses dialogues.

Les personnages parlent vite. Très vite. Ils se lancent des piques, se répondent avec un sarcasme pleinement maîtrisé et semblent tous avoir une réplique parfaite en réserve.

C’est parfois complètement invraisemblable. Mais c’est aussi précisément ce qui rend la série amusante.

Harvey pourrait probablement entrer dans une pièce en retard de vingt minutes, annoncer qu’il n’a aucune idée de ce qui se passe et trouver malgré tout une phrase suffisamment brillante pour donner l’impression qu’il maîtrise la situation depuis le début.

Et Mike n’est pas très différent.

Cette façon de faire parler les personnages contribue énormément au rythme des premières saisons. Même lorsque l’affaire juridique elle-même est relativement classique, les échanges permettent de maintenir l’attention. Les dialogues donnent également aux personnages une identité très forte. Il suffit parfois de quelques phrases pour reconnaître Harvey, Louis ou Donna, sans même avoir besoin de savoir qui parle à l’écran.

On ne regarde donc pas seulement Suits pour savoir qui va gagner le procès. On la regarde aussi pour savoir qui va réussir à avoir le dernier mot.

Malheureusement, cette formule finit aussi par montrer ses limites. Passées les trois premières saisons, les mêmes mécanismes reviennent régulièrement. Quelqu’un découvre un secret, un autre menace de partir, une négociation tourne mal, le cabinet risque de perdre un client, puis Harvey ou Mike trouve une solution au dernier moment.

Au début, c’est efficace.

Puis, le scénario devient beaucoup plus prévisible.

C’est probablement pour cette raison que la dimension judiciaire me manque autant dans la suite de la série. Les affaires permettaient initialement de renouveler les situations et de confronter les personnages à de nouveaux problèmes. Lorsque l’intrigue se concentre davantage sur les conflits internes du cabinet, les possibilités deviennent finalement plus limitées. On retrouve les mêmes rivalités, les mêmes menaces, les mêmes réconciliations et les mêmes grandes déclarations.

Le problème n’est donc pas nécessairement que les intrigues soient mauvaises. C’est qu’elles finissent par se ressembler.

Et lorsqu’une série compte neuf saisons, cette répétition devient forcément beaucoup plus visible.

Malgré tout, je pense qu’il serait injuste de reprocher à Suits tous ses excès.

La série sait parfaitement ce qu’elle veut être. Elle ne cherche pas à produire une représentation documentaire du métier d’avocat. Elle veut raconter une histoire de pouvoir, d’ambition, de réussite et de loyauté, dans un univers professionnel extrêmement codifié, et impitoyable.

Le droit devient donc souvent un outil narratif. Une information juridique peut permettre de résoudre une intrigue, mais elle sert surtout à créer un rapport de force entre les personnages. Une négociation devient une bataille. Un contrat devient une arme. Une erreur professionnelle devient une menace existentielle pour le cabinet.

C’est très théâtral, parfois peu réaliste, mais terriblement efficace lorsque le scénario est bien construit.

Et c’est justement pour cela que les premières saisons fonctionnent aussi bien : la mécanique judiciaire et la mécanique humaine se complètent. Quand l’une prend progressivement le dessus sur l’autre, la série perd une partie de ce qui faisait son intérêt.

En conclusion,

J’ai adoré cette série. Il reste pourtant quelque chose à Suits que les critiques négatives des dernières saisons ne peuvent pas vraiment effacer : elle a créé des personnages immédiatement identifiables et une ambiance qui lui appartient. Harvey et ses costumes impeccables. Mike et sa mémoire photographique. Louis et ses obsessions. Donna et son intuition. Rachel et son ambition. Tout cela forme un univers très particulier.

Et même lorsque la série devient moins convaincante, il reste agréable de retrouver ces personnages dans leur environnement. C’est probablement la meilleure preuve que Suits a réussi quelque chose : elle nous donne envie de rester dans cet univers même lorsque les histoires racontées commencent à se répéter. Mais comme le dit le proverbe : bis repetita placent.

Total étoiles : 7/10

D’après une idée originale d’Amy


A la rencontre de Chalusse - Revue de la Toile

Rédigé par Margot Dupont

Relectrice SEO, Doubleuse officielle de Hel, déesse de la Mort, Impératrice de la galaxie en devenir, Autrice de fanfictions, Serpentard à la vie à la mort et adoratrice suprême de Drago Malefoy.

Tsilla Aumigny

Et par Tsilla

Rédactrice en Chef, ex-Enseignante en Lettres Classiques certifiée, Autrice de roman, Scoute toujours, Jedi à ses heures perdues, Gryffondor.

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