Tsilla Aumigny/ septembre 17, 2018/ 1 comments

Juliette Durieux s’attaque à une série animée japonaise de Kana Akatsuki  nommée Violet Evergarden. Un light novel qui mêle romance et drama, dans un univers fantasy incroyable.

Je vous retrouve aujourd’hui pour parler d’un manga créé par Kana Akatsuki. Violet Evergarden est probablement l’une des séries animées de la décennie la plus réussie. Produite par les studios Kyoto animation, ce n’est pas la première version du personnage de Violet. Mais, c’est peut-être la plus intéressante.

Synopsis de Violet Evergarden

L’histoire se déroule dans un monde d’après-guerre où des jeunes femmes, appelées Auto Memories Doll (Poupée de souvenirs), rédigent des lettres exprimant les sentiments des gens. Nous suivons le quotidien de Violet Evergarden, ex-soldat sans émotion, qui débute comme rédactrice de lettres pour comprendre les sentiments. Ainsi explore-t-elle différentes émotions à travers les différentes personnalités qu’elle rencontre… lorsqu’elle ne se retrouve pas confrontée à son passé.

Affiche officielle de Violet Evergarden, estampillée Netflix et reprise sur le coffret DVD

Violet Evergarden, se promenant dans un pré avec une valise en cuir et un parapluie bleu. Elle porte une robe blanche, surmontée d’épaulettes bleues et traversée par des lanières en cuir. Violet est blonde aux yeux clairs. Source : Akiko Takase, Violet Evergarden, Kyoto Animation, 2018

Aux origines de Violet Evergarden : un light Novel qui mêle romance et drama

Cette histoire a été écrite par Kana Akatsuki et illustrée par Akiko Takase. Cette dernière avait déjà prêté sa magnifique plume graphique pour des animes tels que Silent Voice ou Beyond the boundary. Plus connu sous le genre de light Novel, l’histoire est un mélange de romance et de drame psychologique.

Mutilée, sauvage, orpheline, Violet Evergarden est une adolescente de 14 ans au passé bien sombre. A la fin de la guerre, sa position et son regard sur le monde sont sur le point de changer. Dans les premiers épisodes, Violet apprend peu à peu le dur métier de poupée des souvenirs. De tout temps, il n’est pas évident d’exprimer ses sentiments au travers de lettres. La population de Leiden souffre d’illettrisme, et par conséquent, a recourt aux poupées de la compagnie de Poste CH.

Violet est l’une d’entre elle. Pour écrire, elle doit apprendre à composer avec les prothèses de ses bras perdus. Au fur et à mesure, Violet se familiarise avec ses nouveaux bras d’argent et la machine à écrire pour rédiger des lettres. Toutefois, bien qu’elle observe ses collègues en action, elle ne comprend pas pourquoi ces femmes brodent et embellissent le récit de leurs clients. L’état d’esprit de Violet est toujours marqué par la rigidité du cadre militaire et elle ne laisse transparaître aucune émotion.

Violet Evergarden, un personnage dans la même veine que ceux de Gunslinger Girl

Comme l’a dit Claudia Hodgins, ancien lieutenant, qui a fondé l’entreprise dans laquelle travaille Violet, au début, le corps et l’esprit de la jeune fille sont en surchauffe, blessés par la guerre, par l’inhumanité, la perte d’un être cher et le violent choc d’un nouveau monde qui s’ouvre à elle… Plus doux, plus bucolique, empli de sentiments. Enfant soldat, entraîné à se faufiler avec agilité, rapidité et ruse dans le camp adverse, Violet est habituée à la guerre depuis son jeune âge. Mais attention, ce n’est pas pour survivre qu’elle participe à la guerre, mais bien comme enfant soldat, un outil de travail, une arme dénuée de sentiments.

Le personnage de Violet Evergarden me fait penser à d’autres personnages du manga Gunslinger Girl de l’auteur Yu Aida.

Dans ce manga, le gouvernement italien emploie au sein d’une agence nommée « La Sociale», des fillettes conditionnées psychiquement et physiquement à lutter contre le crime organisé. Sous couvert d’aider ces jeunes filles victimes d’accidents, d’agressions sexuelles ou encore d’abandon à retrouver une stabilité émotionnelle et un corps entier, l’agence se sert d’elles comme leurre et bouclier pour faire baisser la vigilance de la mafia. Ce manga est à la fois hallucinant et déstabilisant, car l’on utilise ces fillettes robotisées pour les besoins de la guerre et sont considérées comme de vulgaires outils jetables. Toutefois, le lavage de cerveau du gouvernement a ses limites sur l’état de santé mental de ces cobayes et des fragments de souvenirs refont surface…

Entre douleurs et bonheur du bon vieux temps, les souvenirs sont durs à revivre. Et il en est de même pour Violet, elle ne connaît rien d’autre que la guerre, les ordres et le meurtre. C’est finalement une métaphore du stress post-traumatique qui est filée à travers ces mangas.

Aussi Hodgins, le président des postes CH, a pour mission d’aider la jeune femme à s’insérer dans la société, découvrir ce que sont les sentiments et vivre sa pleinement et librement sa vie. Son rôle est donc primordial.

Dans les épisodes suivants, sa formation va s’accélérer et après des centaines de lettres d’entraînement tapées avec ses collègues de la compagnie et à l’école de dactylographie, elle parvient à mieux appréhender les demandes des clients. «Accoucher des sentiments d’autrui» n’est pas chose aisée pour l’héroïne ; mais ce qui la pousse à vouloir maîtriser le métier de poupée des souvenirs est la dernière phrase que son supérieur le major Gilbert a prononcée. En effet, elle ne comprend pas ce que ces mots signifient et quelle intensité émotionnelle ils renferment.

Il est finalement facile de s’identifier aux personnages. La série ne tombe pas dans l’écueil de développer leur caractère en fonction de l’intrigue. Les personnages semblent vraiment se rencontrer par hasard, puis l’histoire se construit autour de leur rencontre. Et non l’inverse comme c’est souvent le cas dans d’autres scénarios.

Une atmosphère magique dans une époque victorienne aux allures Steam punk  

Tout au long du visionnage de l’animé, notre regard est attiré à droite à gauche, quand les personnages sont notamment au sein de Leiden. Un peu partout, nous contemplons le style victorien (1815-1910) de l’architecture des villes. Aussi l’on peut apercevoir de nombreuses maisons collées les unes aux autres avec des détails architecturaux digne d’une dentelle fine ; les maisons possèdent des pignons perpendiculaires surmontés de fronton triangulaire avec une fenêtre, dont l’ensemble est nommé «Gâble» ; des «Corniches» viennent ornées les avant-toits, dessus de fenêtre ou de portes, accompagnées de «Corbeaux» qui soutiennent les corniches ou larmiers.

J’aime beaucoup ce style steampunk dans lequel s’inscrit l’esthétisme, qui mêle l’architecture victorienne et technologie plus avancée, tout en s’imprégnant de fantasy.

C’est d’ailleurs cet univers et le personnage de Violet qui m’ont attirée. La seule chose que j’ai regretté fut que l’univers ne soit pas développé davantage, car la compréhension de l’histoire en aurait été facilitée. Dans tous les cas, l’esprit victorien est riche d’innombrables éléments. De la guerre, violente et cruelle, nous accomplissons le même saut que Violet dans ce nouveau monde apaisé, bucolique, poétique et emprunt d’un brun de féerie. Lorsque vous visionnez la série, le graphisme est doux, empli de beauté. Les dessins sont magnifiques… Le décor laisse transparaître des notes d’espoir et de bonheur qui ne cherche qu’à éclore telle une fleur.

La poésie des fleurs est partout dans cet animé. On remarque que beaucoup de personnages possèdent un nom de fleur : Violet, Iris, Gilbert Bougainvillea, Clara Magnola, etc. Chaque récit est accompagné de fleurs comme pour l’histoire d’amour entre le prince Damian et la princesse Charlotte (Rose rouge et camélia blanc).

La machine à écrire : l’outil idéal pour déclarer sa flamme !

Outil du passé, l’histoire de Violet Evergarden se tisse autour de la machine à écrire. Au XXIe siècle, nous sommes totalement plongés dans le monde digital et la machine à écrire est un objet désuet, plutôt lent, datant du XXe siècle, de l’époque où les jeunes femmes rêvaient d’indépendance et de devenir secrétaire ; petit clin d’œil cette fois à un film français que je trouve formidable : Populaire, réalisé par Régis Roinsard. Regardez-le et vous aurez envie de vous essayer à cet outil et de performer dessus !

La machine à écrire donne bien des ailes ! On se sent libre d’écrire. Cet outil est moins intrusif que nos ordinateurs et le monde digital. Comme dans l’animé Violet Evergaden, il est une bouffée d’air frais, le moyen de rassembler les familles, de faire une catharsis de ses peines ou bien d’exprimer ce qu’on à sur le cœur de façon romantique ; tels que les lettres d’amour entre les empires (autrefois ennemis) de Drossel et Fluegel. Des personnages secondaires touchants et bienveillants.

Violet Evergaden : des personnages intéressants au service de l’intrigue 

Sans trop en dire sur l’ensemble des personnages de l’anime, je vais vous confier quels sont les atouts de ces derniers pour soutenir Violet dans ses périples. Tout d’abord, il faut bien discerner deux types de personnages secondaires :

  • Les personnages secondaires qui forment des intrigues périphériques à celle de l’héroïne
  • Les collègues de Violet appartenant aux postes CH (Iris, Cattleya, Benedict, Claudia Hodgins, Erika, etc.).

Le premier type de personnage secondaire donne la réplique à Violet et constituent des électrochocs dans la vie de Violet et sont très touchants, célèbres, des militaires ou des familles en détresse. Le seconde type forme en quelque sorte la famille de Violet. Ils vont s’interroger sur son avenir, s’énerver bêtement, s’inquiéter de l’état de santé de leur jeune protégée, la réconforter et enfin l’aider à réussir. Dans certains animes les personnages secondaires ne servent vraiment à rien, ils ne sont pas irremplaçables. L’histoire n’avancera pas et les dialogues sonneront creux.

Ici, ils forment un tout intéressant pour aider la protagoniste dans l’équilibrage de son esprit et la reconstruction de son identité.

De plus, il n’y a que peu de personnages dans cette série. L’intrigue se centre véritablement sur Violet. C’est un avantage et un inconvénient. L’avantage, c’est qu’on se concentre vraiment sur l’intrigue principale et sur l’histoire de l’héroïne. Chaque épisode a des intrigues secondaires indépendantes. L’inconvénient, c’est que l’intrigue principale est minimaliste ; ce qui la rend moins réaliste.

Mais j’ai adoré le scénario. Je n’ai pas été déçue et je me suis laissée surprendre. Comme il y a peu d’épisodes,  le fil conducteur reste le même du début à la fin. L’on ne se perd pas dans des détails qui ne sont là que pour booster l’audience et signer une saison supplémentaire. 

En définitive,

Cette série m’a passionnée. La fin est surprenante et laisse place à l’imagination. Violet Evergarden vaut la peine d’être vu, que ce soit pour ses personnages, son univers ou son intrigue. 

Article écrit par Juliette Durieux et relu par Tsilla Aumigny

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