Tsilla Aumigny/ janvier 4, 2022/ 0 comments

Ancien assistant éditorial dans une maison d’édition, Alain T. Puysségur est aujourd’hui écrivain et créateur de jeux de société. Il est notamment à l’origine du tome 2 d’Assassin’s Creed Fragments – Les Enfants des Highlands (Ubisoft, chez 404 Editions), Le Guide des Youtubers (avec Sébastien Moricard chez Castelmore) et des jeux comme Rick et Morty : La méga Rick’Compet’ ! (Cartoon Newtork, chez 404 Edition).

Alain T. Puysségur, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je me nomme Alain T. Puysségur.  J’ai 30 ans et je suis écrivain et créateur de jeux de société.

Quel a été ton parcours personnel et professionnel ?

Aujourd’hui écrivain et créateur de jeux, j’ai assuré auparavant durant quelques années le rôle d’assistant éditorial au sein d’une maison d’édition. Cela a été une période très formatrice pour comprendre la chaîne du livre, ses contraintes, ses besoins, ses incohérences.

Avant cela, les études. Je détiens deux masters, un en Métiers de l’édition : Création éditoriale multi-supports, un autre en Histoire : Système, enjeux et conflits internationaux. J’ai commencé mes études par un DEUG de Lettres avant de bifurquer vers une licence en Histoire.

Longtemps j’ai cherché ce que je voulais faire, m’orientant pour un temps vers le journalisme littéraire, avant de m’intéresser au métier d’éditeur pour, finalement, choisir la création.

Peux-tu nous résumer chacun de tes romans ?

J’ai plusieurs publications et ce pourrait être long, je vais donc me contenter du plus récent : Assassin’s Creed Fragments – Les Enfants des Highlands. Il s’agit d’un ouvrage Young Adult que j’ai écrit en collaboration avec Ubisoft et publié chez 404 éditions. Il se déroule en Écosse à la fin du XIIIè siècle, au moment où l’Angleterre massacre la ville de Berwick-Upon-Tweed pour venger l’affronte fait par Jean Balliol, roi d’Écosse. Dans ce contexte, Ailéas et Fillan, des jumeaux orphelins, sont séparés au moment du massacre. Face à cette guerre, plongés dans le conflit qui opposent la Confrérie des Assassins et l’Ordre des Templiers, ils cherchent à regagner leur identité et à survivre.

Alain T. Puysségur en noir et blanc. Crédits Photos : Alain T. Puysségur
Alain T. Puysségur est un jeune homme de trente ans, les cheveux longs et bouclés, les yeux clairs et barbu. La photo est un portrait en noir et blanc. Crédits Photos : Alain T. Puysségur

Quelles sont tes inspirations, Alain T. Puysségur ?

En règle générale, elles sont nombreuses. Elles peuvent venir de films que j’ai appréciés, de romans, de mangas, de BD ou de comics, mais aussi de jeux vidéo dont les listes respectives seraient interminables. Je suis ouvert à beaucoup de choses, mais j’ai tout de même un faible pour tout ce qui touche à l’imaginaire, et en particulier la fantasy. Parmi les artistes qui m’ont marqué au fil des ans, il y a Jean-Luc Bizien, Robin Hobb, Tolkien, Stephen King, Tsugumi Ōba et Takeshi Obata, Christopher Nolan, M. Night Shyamalan, Hidetaka Miyazaki, Hideo Kojima, et bien d’autres encore, la liste est loin d’être exhaustive.

Pourquoi des univers comme The Witcher, Rick et Morty, Assassin’s Creed, Minecraft, Lovecraft ou Fort Boyard, Koh Lonta… ?

Les raisons sont très variables. Certaines œuvres ont su me parler à un moment de ma vie, ont même parfois constitué des refuges. Il y a généralement quelque chose de très émotionnel attaché à ces inspirations. Il m’arrive d’y trouver des thèmes qui me parlent sincèrement. Est-ce par ce que ce sont eux-mêmes qui me les ont imprégnés, ou bien font-ils échos à quelque chose que je portais déjà en moi, impossible de le dire.

Quels sont tes thèmes de prédilection ?

Cela dépend, mais au fil du temps, je me rends compte avoir des prédispositions pour parler des fêlures qui marquent des personnages, plus encore lorsque celles-ci sont liées à une culpabilité enfouie ou oubliée. Je traite aussi beaucoup de la décadence : il n’est pas rare qu’au sein de mes créations, il soit question d’un monde qui était autrefois plus glorieux, plus impressionnant et dont il ne reste à présent que des vestiges. Parfois, les héros ont pour mission de partir en quête de cette gloire perdue pour la retrouver, la reconquérir même.

Alain T. Puysségur, depuis combien de temps écris-tu et quel rapport entretiens-tu avec l’écriture ?  

J’écris depuis que je suis tout petit. Je me rappelle de cette épisode où en CM2 j’écrivais mon propre Harry Potter plutôt que de suivre le cours qui était donné. C’est amusant d’y repenser aujourd’hui, d’autant que je me rappelle que l’enseignant avait réagi avec bienveillance.

L’Écriture, et plus largement la création, me semble importantes. Si ne crée rien durant plusieurs jours, je me sens affreusement mal et mon esprit ne peut s’empêcher de vagabonder jusqu’à trouver divers projets de créations. Avec le temps, j’apprends à canaliser ce flux vers un peu plus de lenteur, à contrôler l’effervescence qui impulse parfois l’envie de faire un millier de choses. Et ce n’est pas la tâche la plus facile.

Peux-tu nous présenter les jeux que tu as développés ?

J’ai développé de nombreux livres-jeux, qui permettent de faire le pont entre la littérature et le ludique, notamment grâce à des « escape-book », sorte de renouveau des Livre dont vous êtes le héros qui ont bercé mon enfance. J’en ai réalisé pour des licences ou des univers connus – Le Petit Nicolas, Koh-Lanta, Fort-Boyard, Minecraft – tout en proposant des œuvres plus personnelles, comme Les Gardiens du Cristal d’Argent, un univers de fantasy dans la droite ligne de ce que j’adore (Le Seigneur des Anneaux, par exemple). J’ai également réalisé des Vivez l’Aventure, avec une approche au format bande-dessinée, laissant la part belle à l’illustration.

Plusieurs escape games destiné à la jeunesse et à réaliser chez soi sont aussi de mon fait. Deux d’entre eux visent même au plus jeune à découvrir ce mode de jeu (à partir de 5 ans, jusqu’à 7 ans) : Mon Premier Escape Game – La Forêt magique et Mon Premier Escape Game – Le Chant des baleines.

Je suis également le coauteur d’un party-game déjanté nommé MASKOT’, qui propose de faire deviner diverses choses par le mime, la parole ou le dessin, en suivant des contraintes imposées par des créatures loufoques. Mon dernier titre en date, enfin, Osirium, est le jeu le plus complexe que j’ai eu à concevoir. Il m’a demandé plusieurs années de tests et d’ajustements.

Comment t’es venue l’idée ?

Cela dépend beaucoup du projet, au fond. Dans le cadre d’Osirium, par exemple, je cherchais à proposer un jeu un peu casse-tête et de placement de tuiles. De fil en aiguille, à force de réflexion et de développements, le jeu a commencé à prendre forme. Il y a toutefois toujours une idée, une flamme originelle que je m’efforce de conserver. Dans le cas d’Osirium, il s’agissait de l’obligation pour le joueur de faire des choix : impossible de ne pas choisir, l’action est nécessaire. Le jeu a connu de nombreuses versions, toutefois, j’ai toujours cherché à conserver cette impulsion initiale.

Quels étaient tes jeux préférés étant enfant ? Et maintenant ?

Jeune, déjà, je jouais beaucoup aux jeux vidéo, peut-être même plus qu’aux jeux de société car j’étais finalement quelqu’un d’assez solitaire. Je me suis régalé sur Final Fantasy VIII, Spyro, The Legend of Zelda: Link’s Awakening et tant d’autres. À côté de ça, j’étais particulièrement fan des jeux de construction – créer des trucs, encore et toujours – avec les Kapla notamment, puis le K’nex ensuite.

 Quelle la création dont tu es le plus fier ?

Je pense être fier de la plupart, même si je suis capable de me rendre compte que j’apprends à chaque fois, et que sûrement je ne cesserai jamais d’apprendre. Je ne saurais pas vraiment en choisir une, car plusieurs me viennent immédiatement à l’esprit lorsque je me pose la question, pour différentes raisons. Pour ce qu’elles m’ont apporté, ce qu’elles m’ont permis de comprendre sur moi-même ou sur les autres.

 Quels sont tes projets à venir ?

Je travaille depuis septembre à boucler le premier jet d’un roman qui a passé un certain temps dans mes tiroirs. Intitulés Les Arpenteurs, je le considère comme l’ouvrage de mes 30 ans – raison pour laquelle j’ambitionne de le terminer avant la fin de l’année. Dans ce projet, plusieurs personnages évoluent dans la ville de Paris alors que celle-ci a été frappée par une catastrophe surnaturelle. Face à la mort, chacun doit affronter ses démons intérieurs pour survivre et sauver ce qui peut l’être.

En parallèle, je développe un jeu d’enquête prenant pour thème le Mythe de Cthulhu. D’autres projets fous sont en cours de discussion avec différents éditeurs, mais je préfère ne rien dire pour ne pas me porter la poisse.

 Un petit mot pour conclure ?

Achetez mes livres !

(C’est une blague.)

Pas vraiment.

(Quand même un peu.)

Et le lama qu’on veut s’acheter ?

(Arrête on va leur faire peur.)

Personne n’a lu jusqu’ici de toute manière.

(Ah.)

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