Tsilla Aumigny/ mars 18, 2019/ 0 comments

Le bal des poupées est le nouveau roman d’Hélène Legrais qui se déroule dans sa catalogne natale. Nous vous donnons notre avis sur ce nouvel opus qui évoque la pop culture catalane des années 60.

Je remercie Hélène Legrais et son éditeur Calmann-Levy pour leur patience. Je vous l’avoue d’emblée. Il m’aura fallu plusieurs mois pour écrire cette chronique sponsorisée sur le Bal des poupées. Ce n’était vraiment pas par manque de motivation, la raison en est tout autre. J’attends en ce moment même un heureux évènement, ce qui a considérablement ralenti ma productivité !

J’ai adoré Le Bal des poupées ! C’est un excellent roman. Vous aussi, vous devriez lire ce petit bijou romanesque.

Synopsis du Bal des poupées :

1969. L’entreprise Bella, à Perpignan, est le premier fabricant  européen de poupées. En face de l’usine, on a creusé une  fosse où l’on jette les têtes, bras, jambes, bustes ratés en  plastique, cheveux de Nylon, mis au rebut avant d’être recyclés. Des ouvriers ont pris l’habitude de se retrouver là  pendant les pauses, mais l’endroit attire aussi des maraudeurs  qui s’introduisent par une brèche dans la clôture. Il y a Sylvie, une gamine défigurée après un accident, Michel,  un garçon que son père traite de fille manquée, Patrick, qui  se rêve en guerrier comanche chasseur de scalps, Éliane,  vieille fille déçue de l’amour et en mal d’enfant, sœur Eulalie,  qui collecte des jouets pour l’Afrique… Tout un petit monde  singulier et solidaire pour qui les poupées bonnes à jeter sont  un trésor.Mais une présence y rôde aussi, invisible, inquiétante… et un  jour, le jeune Michel disparaît mystérieusement.

Couverture du Bal des Poupées : une petite fille blonde tient un poupon bella dans les bras
La couverture du Bal des poupées présente en arrière plan une petite fille blonde, coiffée avec un nœud blanc. On ne voit que la moitié de son visage, elle est de profil et baisse la tête. Elle tient dans ses bras un poupon bella, vêtu d’une robe blanche. Source : Calmann-Levy

Mon avis pas du tout objectif sur le Bal des poupées d’Hélène Legrais, édité par Calmann Lévy

Tout d’abord, l’intrigue principale du livre est intelligente et intéressante. On suit les aventures de Sylvie, Michel et Patrick. Ensemble, ils vont tenter de trouver une poupée Bella à Sylvie. La petite fille ayant été défigurée par un accident, ses parents lui interdisent de posséder une poupée qui pourrait lui rappeler la balafre de son visage. Aidée par ses amis et quelques anges gardiens qui veillent sur eux, Sylvie finira par obtenir son précieux sésame. Ainsi que des amis pour la vie.

Sur leur chemin, ils croiseront des adjuvants touchants en la personne d’Eliane. Ou d’autres personnages secondaires très attachants que je vous laisserais le soin de découvrir. Comme d’habitude dans les romans d’Hélène Legrais, l’ethos des personnages (ou leur portrait) est travaillé et réaliste, que ce soit pour les principaux, les secondaires ou les tertiaires. Ils ont tous leur importance et apportent beaucoup à l’histoire. Par exemple, la Mère supérieure du couvent dans lequel officie Soeur Eulalie fait office d’opposant remarquable. Ce sont les personnages et les relations qui se tissent entre eux qui font progresser l’intrigue jusqu’au dénouement inattendu. Le twist final m’a particulièrement enchantée et surprise. Impossible à deviner, et très bien mené, il dénonce en filigrane le sexisme de notre société. L’ensemble du livre apporte par ailleurs un regard nouveau et intéressant sur les jouets pour enfants.

L’usine des poupées Bella : un théâtre et un personnage passionnant

L’usine des poupées Bella sert à la fois de toile de fond à l’intrigue, d’élément perturbateur, d’élément de résolution et de nœud dans lequel se cristallise l’action. C’est elle qui ouvre le Bal des poupées dans une scène surprenante. Le quartier est quant à lui superbement décrit. Il se trouve que j’ai vécu près de l’ancienne usine Bella. Avant de lire ce livre, je ne le savais même pas. A travers cette lecture, j’ai donc retrouvé et redécouvert des allées que j’ai maintes fois foulées. Hélène Legrais a su me transplaner de mon canapé au Perpignan de son enfance. Un moment purement magique. 

La pop culture des années 60 à l’honneur

Ce livre revêt un parfum de nostalgie et de pop culture des années 60. Pour ceux qui ont connu cette époque, inutile de vous le dire : vous allez fondre et vous rappeler de bons souvenirs. Pour ceux, qui comme moi, sont des inconditionnels des ces années-là -tout jeu de mot avec une célèbre chanson de Claude François ne serait que le fruit d’une pure coïncidence-, vous allez vous régaler de ses références bien placées. Vous (re)découvrirez un petit bout d’histoire du centre du Monde. Hélène Legrais se documente toujours avec rigueur sur le plan historique, et Le Bal des poupées ne fait pas exception à la règle que l’autrice s’est imposée.

Comme dans tout bon roman de terroir, la petite histoire des personnages et de l’usine Bella s’inscrit dans l’Histoire. L’autrice a mis le tout en scène avec une minutie d’horlogerie.

En conclusion,

Vous serez servis par les petites histoires et les grands drames des personnages. J’ai été particulièrement émue par ceux de Sylvie et de sa famille, ou encore par les péripéties que rencontrent Michel et sa chaussette qui parle. Ma seule déception sera donc le format et la toute dernière scène de ce livre : beaucoup trop courts à mon goût.

Retrouvez le livre sur le site officiel de l’éditeur.

Relu par Margot Dupont


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