Le jeu vidéo franco-américain Detroit : Become Human se déroule dans un univers dystopique inspiré du film Blade Runner de Ridley Scott (1982). Et sans doute aussi de la série suédoise Real Humans (2012). Mais la rébellion d’androïdes qu’il met en scène présente aussi des similitudes avec l’insurrection du roman Les Misérables de Victor Hugo. Dans cette perspective, Kara serait Jean Valjean, Markus serait Enjolras et Connor serait Javert. Le jeu vidéo n’aurait fait que transposer ces trois personnages dans un autre univers ! On analyse cette théorie…

Kara, Markus et Connor : trois attitudes face à l’oppression

Comme le film Blade runners, le jeu Detroit : Become Human met en scène des androïdes créés pour servir les humains mais qui développent des sentiments et se révoltent. Le gouvernement décide alors d’éliminer les androïdes déviants. Le joueur incarne tour à tour trois androïdes – Kara, Markus et Connor – aux réactions très différentes…

Kara, la pacifiste, serait l’équivalent de Jean Valjean

Kara a l'apparence d'une jeune femme aux cheveux courts.
© Quantic Dream. Tous droits réservés.

Kara a une mission : échapper à la police tout en protégeant Alice, une petite fille qu’elle croit humaine. De même, Jean Valjean dans Les Misérables tente d’échapper à la police tout en protégeant Cosette. Comme Cosette, Alice se trouvait initialement dans une famille où elle était maltraitée et Kara l’en a délivrée.

Comme Jean Valjean, Kara est pacifique. Elle veut protéger à la fois les androïdes et les humains. Dans Les Misérables, Jean Valjean vient sur la barricade mais il ne tue personne et sauve tout le monde, y compris ses ennemis.

Autres spécificités & gameplay

Kara est aussi une survival girl. C’est-à-dire une héroïne que tout le monde cherche à buter et qui devra se battre pour survivre ! Phases de combat, de course-poursuite, d’évasion ; situations qui nécessitent de se cacher ou de mentir avec aplomb… Le chemin de Kara ressemble à un jeu de survie. C’est le personnage qui a le plus d’occasions de mourir ou de perdre Alice.

Markus, le leader révolutionnaire, serait l’équivalent d’Enjolras

Markus accompagné de son groupe d'androïdes révolutionnaires. Markus a l'apparence d'un jeune homme noir aux cheveux rasés.
© Quantic Dream. Tous droits réservés.

Comme Enjolras, Markus mène une révolution, que les joueurs peuvent rendre plus ou moins violente. De même qu’Enjolras dans Les Misérables est comparé à un ange guerrier, Markus est un leader messianique. Avant de devenir un leader, il est passé par une phase de mort et de renaissance (le moment où il a été jeté à la déchèterie), ce qui lui confère une aura christique.

Comme Enjolras, Markus est confronté à des dilemmes en tant que chef révolutionnaire. Faut-il exécuter les prisonniers ? Faut-il venger la mort de ses compagnons ?

Son lien avec un vieil humain qui le considère comme son fils rappelle aussi le personnage de Marius, qui est en conflit avec son grand-père pour des raisons politiques. Le prénom Markus pourrait d’ailleurs être inspiré de Marius, pour sa ressemblance phonétique.

Autres spécificités & gameplay

Contrairement à Kara, Markus n’a pas d’occasions de mourir avant la fin du jeu. S’il est nul en combat, pas de problème car ses camarades se sacrifient pour lui ! Le chemin de Markus ressemble plutôt à un jeu de gestion. Il doit gérer le moral de son équipe, sa réputation de leader, les médias et l’opinion publique des humains sur sa rébellion.

Connor, le traître, serait l’équivalent de Javert

Connor a l'apparence d'un jeune homme en costume cravate. Au cours du jeu, il raconte que son visage très lisse a été conçu pour paraître sympathique et inspirer la confiance. Mais ses collègues trouvent que c'est raté : il a seulement l'air d'un connard !
© Quantic Dream. Tous droits réservés.

Comme Javert, Connor est un traître envers les siens. De même que Javert est un fils de bagnard qui traque les criminels, Connor est un androïde policier programmé pour traquer les androïdes déviants, dont Kara. Comme Javert, Connor se caractérise initialement par son absence de conscience. Il est convaincu d’être une machine sans âme et il ne se pose pas de question sur la mission que le gouvernement lui a confiée. Mais il va peu à peu devenir déviant à son tour.

Il se verra alors confronté à un dilemme, qui correspondrait au chapitre « Javert déraillé ». Dans le roman, c’est le moment où Javert se suicide. Mais Connor, lui, aura le choix entre trahir les humains pour rejoindre la rébellion ou rester volontairement une machine pour servir les humains jusqu’au bout.

Autres spécificités & gameplay

En tant que policier, Connor mène plusieurs enquêtes sur des affaires d’androïdes déviants qui ont assassiné leurs propriétaires. Le chemin de Connor comporte donc de véritables phases d’investigation. Ses missions impliquent par exemple d’analyser des scènes de crime et de mener des interrogatoires. Et il fait régulièrement des rapports à ses supérieurs, dans lesquels il peut être plus ou moins sincère ; plus ou moins empathique envers les déviants. C’est aussi le seul personnage qui est immortel. Non pas qu’on ne puisse pas le tuer : les joueurs peuvent même s’amuser à le détruire autant de fois qu’ils le souhaitent ! Mais à chaque fois, les humains transfèrent la mémoire de Connor dans un clone et l’on verra donc revenir un nouveau Connor. C’est un instrument remplaçable.

Cette théorie est-elle vraisemblable ?

Les rôles de Kara et de Markus sont assez communs. Une fugitive accompagnée d’un enfant ; un leader révolutionnaire messianique… Ce sont des archétypes dont l’inspiration pourrait se trouver ailleurs. Mais un personnage gris comme Connor, capable de changer d’avis, est plus atypique.

Les Misérables est un roman très ancré dans l’imaginaire collectif et une référence dans les histoires d’insurrection. Son schéma est assez universel car, dans toutes les révolutions, il y a des leaders héroïques, il y a des pacifistes qui prônent la réconciliation et il y a des défenseurs du régime. Il n’est donc pas impossible que les créateurs du jeu s’en soient inspirés, consciemment ou non.

Dans Les Misérables, le peuple se révolte contre une société monarchique et bourgeoise. Dans Detroit : Become Human, ce sont des androïdes qui se révoltent contre les humains. Mais la même histoire pourrait s’écrire avec n’importe quelle catégorie de population opprimée. C’est pourquoi le jeu contient aussi des références à la Seconde Guerre mondiale et à la période de la ségrégation aux États-Unis.

En histoire politique, on considère qu’une révolution est en bonne voie lorsqu’elle parvient à mettre de son côté une partie de l’armée ou de la police. C’est pourquoi convertir Connor est un enjeu important pour les joueurs de Detroit : Become Human.

Attention : les personnages varient selon les chemins choisis !

N’oublions pas cependant que ce sont les joueurs qui déterminent les personnalités de chaque personnage. Les personnalités que nous venons de décrire ne sont donc pas figées ! Elles correspondent aux chemins les plus souvent empruntés, mais les joueurs pourraient tout aussi bien choisir que Kara soit une véritable ordure qui abandonne Alice pour se sauver toute seule ; que Markus préfère une manifestation non-violente à une insurrection armée ; ou que Connor montre dès le début de l’empathie pour les déviants…

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Umeboshi : prune japonaise séchée et amer

Rédigé par Umeboshi

Rédactrice, Relectrice SEO, Community Manager, enfant prodige, passionnée d’univers gothiques, mangaphile, parle le japonais couramment, a rédigé 80 pages d’analyses sur JoJo’s Bizarre Adventure.

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