Avec plus de 130 millions de spectateurs dans le monde et 160 prix internationaux, Les Misérables est la comédie musicale française la plus célèbre à l’international. Créée pour la première fois en France en 1980 par Alain Boublil et Claude-Michel Schönberg, elle est remaniée en 1985 sur la demande du producteur anglais Cameron Mackintosh et connaît un triomphe à l’étranger.
La version anglaise revient brièvement en France en 1991 et en 2010, puis traverse une longue période d’absence, bien qu’elle soit jouée sans interruption en Angleterre et dans de nombreux pays étrangers. Ce n’est qu’en 2024 qu’elle fait son grand retour au théâtre du Châtelet, à l’initiative de Stéphane Letellier-Rampon qui s’associe avec le metteur en scène Ladislas Chollat pour proposer une toute nouvelle mise en scène, spécifiquement française, et convaincre le producteur anglais Mackintosh d’autoriser cette version inédite. Le résultat est à nouveau un triomphe auprès des spectateurs, le spectacle est lauréat du Molière 2025 du spectacle musical et repart en tournée en 2026.
Stéphane Letellier-Rampon revient sur les 8 années de travail qui ont permis à cette nouvelle mise en scène de voir le jour et nous parle de la nouvelle tournée…
Interview de Stéphane Letellier-Rampon par la Revue de la Toile
La comédie musicale n’avait pas été représentée en France depuis des années… Était-ce un défi de la faire revenir à Paris ?
Oui. Pour Les Misérables, il y a eu trois étapes françaises. Il y a la création originale en 1980 au Palais des Sports, coproduite et mise en scène par Robert Hossein : un énorme succès, 500 000 spectateurs, 3 mois à l’affiche. Puis Cameron Mackintosh, qui a fait la création anglaise en 1985 à Londres, fait venir sa production et sa mise en scène à Paris dans un cast français en 1991 au Théâtre Mogador. Et il revient une dernière fois en anglais dans la mise en scène du 25e anniversaire de la création à Londres en 2009. Il passe au théâtre du Châtelet de fin mai 2010 à début juillet 2010, soit en pleine coupe du monde de foot ! À cette période de l’année et avec le texte en anglais, ça ne marche pas comme il l’entend. Après ça, il n’est jamais revenu.
Vous avez proposé une toute nouvelle mise en scène, avec le metteur en scène Ladislas Chollat. Quels éléments avez-vous dû changer pour réadapter la mise en scène au public français ?
Cette production est venue à la demande des auteurs, Alain Boublil et Claude-Michel Schönberg. Comme j’avais produit Oliver Twist, Le musical à la salle Gaveau en 2016-2017 et comme j’avais travaillé sur la dernière venue des Misérables à Paris en 2010 en tant qu’attaché de presse au théâtre du Châtelet, je connaissais Claude-Michel Schönberg et Alain Boublil. Et je connaissais l’équipe du producteur anglais Cameron Mackintosh. J’invite ces gens à venir voir mon spectacle et, à l’issue du spectacle, Alain Boublil me propose de monter une nouvelle production des Misérables dans une nouvelle mise en scène en français. Et de le faire avec Ladislas Chollat, qui était le metteur en scène d’Oliver Twist.
Ladislas et moi, nous étions très honorés qu’on nous propose ça, car c’est un quelque chose d’immense. C’est la plus grande comédie musicale au monde en termes de nombre de spectateurs, de toute l’histoire des comédies musicales. C’est 130 millions de spectateurs dans le monde, c’est à l’affiche dans le monde entier, et plus de 40 ans à l’affiche à Londres de manière ininterrompue, un record mondial. Donc c’était un énorme projet.
À partir de là, Ladislas a donc réfléchi à ce qu’on pouvait faire. Moi, j’avais pour consigne : il faut que les Français se réapproprient l’œuvre. Il faut qu’on arrive en humilité et qu’on propose quelque chose qui se rapproche de l’origine, c’est-à-dire du roman de Victor Hugo. Ladislas était d’accord et a travaillé sa mise en scène en ce sens, pour la rendre plus brute, plus opératique, plus retour aux sources.
C’est de cette manière que nous avons proposé le projet à Cameron Mackintosh – qui détient la licence et qui décide donc de droit de vie ou droit de mort du projet –, en lui disant qu’il faut le faire en français, avec un cast français, des musiciens français, un orchestre français, un metteur en scène français… bref, tout français ! Et proposer un retour aux sources pour que les Français se réapproprient l’œuvre. Et il a été séduit par notre proposition. De toute façon lui, en France, il n’y était jamais arrivé et il ne comprend pas ce pays, il ne sait pas comment ça marche. Donc, grosso modo, il nous a dit : « Moi, la France, ça fait trente ans que j’essaie et je n’y arrive pas, donc allez-y. Bon courage et bonne chance ! ».
Concernant les costumes, vous avez essayé d’être plus respectueux du réalisme historique ?
C’est un travail qui a été fait par Jean-Daniel Vuillermoz sous les consignes de Ladislas Chollat, par rapport à l’orientation qu’il voulait donner à la mise en scène. Encore une fois, l’idée était de revenir à la réalité du roman, de la vie des gens, de la pauvreté… Ladislas s’est notamment inspiré de gravures de Gustave Doré. Et puis, en faisant beaucoup de recherches, on se rend compte que la misère, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, elle est très colorée. Parce que les gens pauvres, surtout à cette époque, se vêtissent de récup. Et donc de patchworks de tissus colorés. Tandis que la richesse est plutôt symbolisée par le noir et blanc, par un style sobre et classique. On sait aussi que les bagnards à l’époque étaient vêtus de rouge, d’où les costumes au début.
À toutes les époques, on représente les pauvres avec des couleurs comme le marron ou le noir, alors qu’en fait ça coûtait très cher à fabriquer… Est-ce que la comédie musicale permet de déconstruire cette représentation qu’on a l’habitude de voir à l’écran ?
Ça dépend des productions, des producteurs et des metteurs en scène. Quand on décide de faire un travail historique, on en tire une comédie musicale proche de cette réalité. Après, on peut décider qu’on est dans la réinterprétation, le romanesque et qu’on fonctionne plutôt dans l’imaginaire de ce que serait selon nous la misère ou la pauvreté. Et c’est sûr, quand on imagine la misère, ce sont vraiment des situations terribles à vivre, on est dans la souffrance, dans la douleur, dans le froid, dans la faim, les images qui viennent à l’esprit de manière non rationnelle, c’est le noir, la noirceur, etc. Donc c’est pour ça, je pense, que certaines représentations cinématographiques, ou autres, sont allées vers des couleurs très ternes. Mais, quand on analyse et on étudie, on se rend compte que ce n’est pas la réalité.
C’est aussi l’une des rares comédies musicales dans laquelle des enfants chantent des airs entiers en solo. Était-ce un défi de trouver des interprètes pour Cosette et Gavroche ?
De manière générale, c’est un défi de trouver un cast qui soit à la hauteur de cette partition et de cette œuvre, qui est magistrale et assez opératique. La partition est très difficile, donc avec le Théâtre du Châtelet à la manœuvre nous avons mis plus d’un an pour faire un casting. Et pour les enfants, c’est sûr qu’on n’a pas en France un nombre important d’enfants qui chantent régulièrement. Alors qu’en Angleterre, le chant et les spectacles de fin d’année chantés font partie de la tradition. Mais heureusement il existe quand même des formations et on a trouvé malgré tout sans trop de difficulté les enfants dont on avait besoin.
Et il y a quatre enfants pour chaque rôle ?
C’est la législation qui impose qu’un enfant ne peut jouer qu’un certain nombre d’heures et sur un nombre donné de jours consécutifs. Donc on est obligés d’avoir un turnover important et nous avons effectivement douze enfants au total pour Cosette, Gavroche et Éponine.

C’est un spectacle aux registres très variés : la chanson-phare, « J’avais rêvé », est lyrique, mais on trouve aussi des chansons dramatiques/épiques comme « La confrontation », et comiques comme « Maître Thénardier ». Est-ce grâce à cela que la comédie musicale parvient à attirer un public aussi large ?
Si on savait les recettes pour faire un succès en spectacle musical, on serait nombreux à être très riches ! Je pense que ce qui est le plus important dans une comédie musicale, c’est le texte, l’histoire. Et Claude-Michel Schönberg, qui est un immense compositeur et musicien, s’est vraiment adapté au texte du roman. Il dit lui-même que le texte est la priorité, ce qui est rare pour un compositeur.
Donc qu’est-ce qui fait qu’il y a une alchimie qui fonctionne ? Oui, il y a effectivement des ingrédients, mais des ingrédients qui sont dans le roman. Parce que, dans le roman, il y a des moments épouvantables, dramatiques, de mort, de suicide. Et en même temps il y a des moments plus amusants, notamment au travers des Thénardier qui sont monstrueux, mais drôlement monstrueux.
Donc, en allant voir ce spectacle, on est un peu dans un ascenseur émotionnel. On a des moments d’extase parce que c’est magnifique, de joie parce qu’on rit et qu’il y a des moments comiques, de pleurs parce qu’on est extrêmement émus par le destin de ces personnages. Et puis, c’est véritablement magnifié par la musique qui porte l’émotion.
Pourquoi Enjolras est-il si populaire auprès des fans du roman à travers le monde ? Est-ce un personnage qui parle particulièrement aux lecteurs aujourd’hui ?
C’est le révolutionnaire, c’est lui qui porte les idées et qui fédère autour de lui tous ces jeunes révolutionnaires qui ont des idéaux : un idéal de liberté, de justice sociale. Je pense qu’il y a sans doute beaucoup de gens qui se reconnaissent dans cette revendication au travers d’un jeune héros.

Comment fonctionnent les effets spéciaux pour la mort de Javert ? On a l’impression qu’il tombe de très haut mais on ne le voit pas atterrir ! Quel est le trucage ?
Le chanteur fait bien le début de la chute, puis il y a un relais de l’image… Mais, sincèrement, je ne connais même pas le mécanisme ! Donc je ne pourrai pas vous révéler le secret. Mais, de fait, il tombe et, effectivement, je pense qu’il est rattrapé au moment où l’image prend le relais.
Quels sont vos personnages préférés dans le roman ? Vos chansons préférées dans le spectacle ?
Ah là là… J’en ai plusieurs, je ne vais pas tous les citer car ils me touchent tous par leur parcours ! Ils ont tous un destin et un parcours fascinant. Valjean, bien sûr, c’est quand même une épopée et une vie incroyables. C’est par une décision de justice – il vole et il va en prison – totalement disproportionnée et injuste, qui est énorme et qui brise un homme, qu’il va trouver le moyen de se reconstruire, par un évènement qui est presque insignifiant : cette rencontre avec l’évêque, puis la pièce du petit ramoneur qu’il vole et qui, d’un coup, déclenche cette réflexion sur le Bien et le Mal, et cette quête de rédemption. Et ça entraîne tout le déroulement de sa vie. Donc c’est fascinant de voir l’évolution de ce personnage, de son caractère. Et il porte dans le spectacle quelques titres absolument sublimes, par exemple « Comme un homme ».

J’aime aussi beaucoup la chanson d’Éponine « Mon histoire ». D’autant plus que nous avons une interprète extraordinaire dans le spectacle. Mais j’aime aussi énormément « J’avais rêvé », la chanson de Fantine, qui est extrêmement bouleversante et qui est grosso modo le premier grand numéro du spectacle.


Javert aussi, extrêmement intéressant dans cette rigueur, cette posture de justice telle qu’il se l’imagine et qu’il se l’applique finalement à lui-même. Jusqu’à aller au suicide. Ensuite, j’aime beaucoup la chanson « Le cœur au bonheur » qui m’émeut énormément, la chanson de la rencontre de Cosette et Marius. C’est une chanson qui me touche beaucoup. Et « Devant ces tables vides » de Marius. Là aussi, c’est un moment très intense.
Et puis, les Thénardier ont quand même des séquences assez improbables !


Sur les réseaux sociaux, les fans étrangers se sont étonnés que la nouvelle mise en scène française fasse revenir Javert et les Thénardier pour le final, dont ces trois personnages sont habituellement exclus. Pourquoi ce changement ? Était-ce pour transmettre une morale plus optimiste ? Un message d’unité ?
Il faudrait demander à Ladislas… C’est au moment de la mort de Jean Valjean, donc il est dans un autre monde et, dans ce monde-là, il recroise tous ceux qui ont fait son parcours. C’est pourquoi, je pense, il recroise notamment les Thénardier et Javert.
Selon vous, quels sont les ingrédients pour faire une bonne adaptation des Misérables ? Qu’attendez-vous du prochain film avec Vincent Lindon ?
Adapter le roman, c’est le métier des auteurs, des compositeurs ou des scénaristes… Et le roman est tellement riche qu’il y a vraiment de quoi faire. Vu le succès du Comte de Monte-Cristo, le prochain film sera sûrement une grande fresque historique avec tous les moyens actuels, donc je pense qu’on peut s’attendre à un évènement visuel.
Après, il ne faut pas dénaturer le roman. Il faut rester le plus proche possible de la réalité du roman. Je pense que c’est une des clefs. Et savoir trouver l’alchimie des personnages, avec les bons acteurs pour incarner chaque personnage dans sa complexité. Parce que tous les personnages ont un destin, une complexité, des drames personnels… Ils sont tous très complets.
Avec le succès du Comte de Monte-Cristo, le public est dans une phase de redécouverte des romans du XIXe siècle, ce qui n’était pas le cas lorsque Cameron Mackintosh est venu en 2010. Le succès de la comédie musicale en 2024 ne tient-il pas simplement au fait qu’elle est arrivée au bon moment ?
Je pense qu’il y a plusieurs facteurs qui font que ce spectacle n’avait pas rencontré le public comme il l’aurait dû avant 2024. Nous sommes le pays d’origine de la comédie musicale et du roman, qui parle aussi de notre histoire. Donc, en toute logique, ce spectacle aurait dû être un triomphe en France depuis 40 ans comme il l’a été à Londres, où c’est devenu quelque chose de patrimonial. Dans tout le Royaume-Uni, les écoles chantent cette comédie musicale. On l’a vu à l’occasion de la fête des 40 ans que Cameron Mackintosh a organisé avec une soirée au Royal Albert Hall, qui était incroyable, où il a fait venir dix écoles de dix villes d’Angleterre différentes pour chanter avec les deux troupes professionnelles anglaise et française !
Chez nous, le roman est connu, mais la comédie musicale n’a pas cette place, même s’il y a eu un énorme succès à sa création. Alors, pourquoi ça n’a pas enchaîné derrière ? D’abord parce qu’à l’époque les producteurs comme Robert Hossein faisaient des spectacles gigantesques qui n’étaient pas conçus pour partir en tournée.
Quand le producteur anglais découvre l’œuvre au travers de l’écoute du disque et qu’il perçoit le potentiel exceptionnel de ce spectacle, il convainc les auteurs et ils signent pour le monde entier. Quand il tente en Angleterre, il ne sait pas encore ce qui va se passer. Au début, les critiques étaient désastreuses, en 1985. Il y a même une critique qui dit : « Qu’est-ce qu’une mauvaise comédie musicale ? Une comédie musicale française ! ». Mais le public a tout de suite adoré ce spectacle et c’est un vrai triomphe puisque c’est toujours à l’affiche 40 ans plus tard.
Mais quand Cameron Mackintosh vient en 1991 à Paris, on est dans un contexte en France où les comédies musicales sont totalement ringardes. On n’en joue quasiment pas et même Starmania rame, alors que c’est considéré comme notre fleuron des comédies musicales. Il a fallu attendre 1998 pour que les comédies musicales reprennent un élan, avec Notre-Dame de Paris qui fait un triomphe au Palais des Congrès. Ça lance une mode et ça lance un modèle de la comédie musicale « à la française », qui entraîne derrière des succès importants avec Le Roi Soleil, Les Dix Commandements, etc.
En parallèle, il y a l’arrivée de Jean-Luc Choplin au théâtre du Châtelet qui, lui, a l’ambition de faire revenir les grands classiques de la comédie musicale anglo-saxonne dans des nouvelles mises en scène. Il lance donc une mode de la comédie musicale anglo-saxonne, mais en anglais.
En parallèle aussi, Stage arrive à Mogador. Et Stage a son propre business model, qui est toujours le même : ils vont dans un pays, ils achètent un théâtre dans la ville principale et ils font venir leurs licences, qui sont généralement des licences anglo-saxonnes jouées dans la langue du pays. Et ils s’installent comme ça.
Donc à partir de 1998, il y a un modèle à la française qui s’installe, un modèle anglo-saxon avec une économie publique au théâtre du Châtelet et un modèle anglo-saxon avec une économie privée avec Stage. Ça remet la comédie musicale à la mode, mais difficilement. Alors qu’on a quand même été le pays de l’opérette, on vient de ça ! On a été un grand pays de spectacle musical avant les années 1980.
Contrairement aux comédies musicales « à la française », celle des Misérables n’a pas de clips sur Youtube, ni de tubes qui passent à la radio. Quelles stratégies mettez-vous en place pour rendre ce spectacle plus accessible et attirer le jeune public ?
Le modèle à la française, c’est : « On fait des tubes à la radio, on sort un album, puis on fait un spectacle derrière ». Et on se moque un peu parfois du livret, de l’écriture… Parce qu’on pense que les gens qui ont entendu les titres à la radio et acheté les disques vont vouloir venir entendre les tubes dans un spectacle, comme à un concert.
Les Misérables, ça ne s’inscrit absolument pas dans ce modèle-là ! C’est un modèle où le spectacle est la star. Et, effectivement, il n’y a pas de clips car, tant que le spectacle n’existe pas, on n’en fait pas. Il n’y a pas de tubes à la radio parce que, de toute façon, ce modèle est dépassé. Il n’y a plus de radios aujourd’hui qui lancent vraiment des tubes de comédies musicales. Donc on est obligé de travailler différemment. Et le travail a été de mettre en avant le spectacle par tous les biais possibles : au travers de sa qualité, de son histoire et de son succès mondial.
Là, on vient de créer les réseaux sociaux du spectacle qui n’existaient pas avant car, en 2024, on a fonctionné avec les réseaux sociaux du théâtre du Châtelet qui étaient suffisant. Maintenant on passe un cap, puisque le spectacle part en tournée. Puis on va revenir au Châtelet et on envisage une deuxième tournée plus importante derrière.
Mis à part Les Misérables, quels autres spectacles avez-vous produits ? Sur quels projets travaillez-vous en ce moment ?
Le premier spectacle que j’ai réellement produit, c’est Oliver Twist, Le musical à la salle Gaveau. Ça a été mon premier très gros projet, puisque c’est une création française dans les codes de Broadway, ce qui est assez rare. Et je suis très heureux de l’avoir trouvé. J’ai eu la chance de trouver les auteurs-compositeurs Shay Alon et Christopher Delarue qui ont cette culture, qui aiment ça et qui sont persuadés que c’est dans ces codes-là qu’on peut faire des œuvres sublimes et toucher le public. Et c’est ce qui s’est passé : on a fait 98 représentations, de septembre 2016 à février 2017. On a eu l’étoile du Parisien de la meilleure comédie musicale, on a eu 6 trophées de la comédie musicale et on a été nommés aux Molières. Donc, pour un premier coup, c’était chouette. Et c’est grâce à ça que j’ai pu faire Les Misérables derrière.
En parallèle, j’ai aussi des productions qui ne sont pas forcément des comédies musicales. J’en ai d’autres dans mon escarcelle que j’aimerais développer. Mais je suis contraint par deux difficultés majeures : les lieux – il y a très peu de lieux où faire les spectacles que j’ai envie de faire et ils sont très prisés – et l’argent. Et ça, il faut convaincre des producteurs financiers ou des investisseurs que ce que je propose va être, bien sûr, de qualité et va rapporter de l’argent. Moi, ce qui me préoccupe en premier, c’est l’artistique et la qualité artistique. Mais après, je suis comme tout le monde : j’ai envie que ça fonctionne, que ça gagne de l’argent et qu’on réussisse.
Donc, en parallèle, j’ai fait plein de choses. J’ai produit un groupe qui s’appelle Les Soignantes, qui sont deux médecins qui pratiquent la musique en tant que thérapie. Elles ont fait La France a un incroyable talent fin 2023, ont été finalistes et ont sorti un album. On a fait 10 000 exemplaires de cet album, ce qui est un très beau score. Et puis, on a d’autres projets avec elles, notamment un projet qui est prêt pour l’hiver 2026.
Je fais un peu de production dans le théâtre. Je coproduits un seul-en-scène qui s’appelle Les frottements du cœur qui se joue au Théâtre des Gémeaux Parisiens jusque fin mars, avec une comédienne formidable, et qui raconte comment elle s’est retrouvée en réanimation suite à un gros problème de santé et a vécu 11 jours de réanimation consciente. Elle en a fait un spectacle qui, dans un contexte dramatique, peut être très drôle, très touchant, très émouvant.
Et j’ai d’autres projets en cours, dont un que je suis sur le point de signer. Je ne peux rien vous dire, mais c’est une grande comédie musicale qui se jouerait à partir de janvier 2027 sur plusieurs mois et c’est une marque internationale connue.
Avant de devenir producteur, quel était votre parcours ?
J’ai toujours eu deux fonctions. Ce qui est compliqué en France où on adore mettre les gens dans des cases ! Je pense qu’on a plusieurs vies dans une vie et qu’on est tout à fait capable de faire des choses différentes, parfois en même temps.
Donc mon premier parcours, c’est un parcours d’attaché de presse. J’ai démarré attaché de presse de chanteurs, puis de spectacles. J’ai fait les tournées The Voice et Stars 80 en tant qu’attaché de presse. J’ai été attaché de presse pendant 18 ans de Sheila. Puis son producteur et son manager de 2015 à 2019.
Dans ce travail d’attaché de presse, j’ai eu la possibilité de travailler sur des comédies musicales anglo-saxonnes. Et la première, c’était West Side Story, qui est la mère des comédies musicales et une référence absolue. J’ai commencé à travailler avec le théâtre du Châtelet en 2007, sur une exploitation de West Side Story, avec des producteurs allemands. Et ces producteurs allemands m’ont mis le pied à l’étrier de la production.
J’ai fait beaucoup de projets avec eux en tant qu’attaché de presse ensuite. West Side Story, je l’ai fait quatre fois : en 2007, en 2012, en 2017 et en 2023. Et en 2013 et 2014, ils ont voulu produire un spectacle qui s’appelait Ballet Revolucion et ils n’ont pas trouvé de partenaire français, donc ils sont venus me chercher et j’ai été le producteur exécutif de ce spectacle au Casino de Paris. C’est là où j’ai eu le virus de la production : ça m’a beaucoup plu et j’ai décidé de produire Oliver Twist. J’ai démarré cette activité de producteur tout en gardant en parallèle des missions d’attaché de presse.
Avez-vous un message final pour nos lecteurs.ices ?
Allez voir des beaux spectacles de comédie musicale ! C’est l’art parfait : vous avez le chant, la danse, la comédie… Les émotions sont sublimées. Choisissez bien les bons spectacles, mais allez voir les bons spectacles de comédie musicale.
Merci à Stéphane Letellier-Rampon pour cette interview !
Retrouvez Les Misérables en tournée…
À Lyon, Amphithéâtre 3000 :
Mercredi 18 février 2026 – 20h
Jeudi 19 février 2026 – 20h
Vendredi 20 février 2026 – 20h
Samedi 21 février 2026 – 14h30
Samedi 21 février 2026 – 20h
Dimanche 22 février 2026 – 14h30
À Nantes, Zénith :
Jeudi 26 février 2026 – 20h
Vendredi 27 février 2026 – 20h
Samedi 28 février 2026 – 14h30
Samedi 28 février 2026 – 20h
Dimanche 1er mars 2026 – 14h30
À Lille, Zénith :
Jeudi 23 avril 2026 – 20h
Vendredi 24 avril 2026 – 20h
Samedi 25 avril 2026 – 14h30
Samedi 25 avril 2026 – 20h
Dimanche 26 avril 2026 –14h30
…Et de retour au théâtre du Châtelet à Paris en novembre et décembre 2026 !

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Rédigé par Umeboshi
Rédactrice, Relectrice SEO, Community Manager, enfant prodige, passionnée d’univers gothiques, mangaphile, parle le japonais couramment, a rédigé une thèse de 80 pages sur JoJo’s Bizarre Adventure.


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