Tsilla Aumigny/ décembre 22, 2017/ 2 comments

Vous en doutez ? Le harcèlement tue chaque jour, et heureusement, de plus en plus de séries, livres et de films le mettent en lumière. Une enquête exclusive sur ce meurtrier invisible, sa définition et sa représentation dans la pop culture, signée la Revue de la Toile.

Combien de suicides réels ou fictifs faudra-t-il encore pour que l’on se rende compte que le harcèlement est un crime qui ne dit pas son nom ?

Depuis la sortie de la série 13 reasons why, le harcèlement est de nouveau au cœur d’une polémique. Entre les #metoo, et #balancetonporc, le phénomène ne cesse d’être dénoncé. Harcèlement scolaire, harcèlement de rue, harcèlement au travail…Le harcèlement semble s’être insidieusement immiscé dans nos vie, sur tous les plans.  Quelle forme prend-t-il ? Pourquoi aujourd’hui plus que jamais les langues se délient ? Et surtout, comment ce phénomène est représenté ?

Mais d’abord, le harcèlement, c’est quoi ?

D’après la psychologue Ariane Bilheran, Le terme « harcèlement » viendrait de l’ancien français « harseler » [1], soit l’action de malmener la terre avec une « herse » : un outil agricole pourvu de pics. La herse était aussi une grille dotée de pointe qui servait à interdire l’accès au château fort. Le terme dénote donc la maltraitance d’une part, et l’enfermement d’autre part [2].

Une herse, illustration d'un livre médiéval

Illustration d’une herse, à savoir un outil agricole qui sert à retourner la terre, tiré par un cheval.

« Le harcèlement moral » est un terme né en septembre 1998, sous la plume de Marie-France Hirigoyen. Son livre, édité d’abord à 5000 exemplaires, est rapidement devenu un best-seller [3]. Le concept a très vite trouvé un écho positif auprès des médecins, des juristes, puis, des grandes Ecoles [4]. Un an plus tard, en décembre 1999, le livre inspira un projet de loi qui visait à punir le harcèlement au travail. Le concept de harcèlement moral fut ainsi défini dans son cadre légal, comme :

« Des agissements répétés […] de toute personne abusant de l’autorité que lui confèrent ses fonctions, qui ont pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité et de créer des conditions de travail humiliantes ou dégradantes ».

Comme souvent, ce n’est pas la souffrance que voulurent étouffer les autorités, mais bien le manque à gagner que les conséquences d’une telle pression psychologique occasionnaient, comme le soulignait Marie-France Hirigoyen : « Si le gouvernement s’y intéresse, si les chefs d’entreprise s’y intéressent, c’est ce que cette souffrance commence à coûter cher à la société. 69 % des harcelés font un état dépressif, qui occasionne 138 jours d’arrêts de travail en moyenne »[4].

Le harcèlement, qu’il soit physique, moral, sexuel, scolaire ou périscolaire, se caractérise avant tout une pression psychologique exercée par un harceleur sur une victime dans but de la détruire pour se valoriser, dans l’indifférence totale ou l’approbation générale d’un groupe. Cependant, il est maintenant reconnu par la Loi, et sa définition est inscrite dans le Code Pénal. Le harcèlement peut prendre place dans plusieurs sphères : le couple, le cercle d’amis proches, la communauté, internet (on parle alors de cybarhacèlement), le travail, et même la rue. Peu importe le lieu, peu importe la forme : le harcèlement est destructeur.

Pour autant, la reconnaissance de ce phénomène demeure encore un parcours du combattant. Nous allons voir pourquoi, et comment sa représentation a évolué au fil des années dans la pop culture.

L’invisibilité du harcèlement : un défi de taille à représenter 

Effectivement, le harcèlement possède une particularité qui le rend difficilement décelable : il est invisible. Même sur les réseaux sociaux : à défaut d’être invisible, il est souvent anonyme. Commentaires, likes, messages privés tellement insultants qu’ils en feraient pleurer l’empereur Palpatine, tout peut être exacerbé, tout en restant parfaitement anonyme. Les victimes sont toujours nommées, dénommées, pointées, mais les coupables ne le sont presque jamais.

La première œuvre à en faire état dans la littérature française fut sans aucun doute Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos. Afin de mettre l’invisibilité du harcèlement à jour, l’écrivain choisit de montrer tous les points de vue grâce aux lettres que s’échangent les protagonistes : harceleurs comme harcelés. Bien que le harcèlement ne soit jamais nommé (et pour cause, il ne portait pas encore de nom !), on retrouve dans ce roman épistolaire l’ensemble des mécanismes qui sont à l’œuvre. La manipulation, le chantage. Ou encore, la pression psychologique ressentie par les personnages, force qui les pousse à réaliser des actes qu’ils ne désiraient nullement commettre.

En effet, le harcèlement est avant tout une pression psychologique.

Il n’est donc pas perceptible à l’œil nu. Il s’agit d’une « forme d’agressivité implicite qui vise l’exclusion, l’ostracisme, ou le rejet et menace le sujet dans l’expression de ses besoins psychosociaux »[5]. Le but du harcèlement n’est donc pas seulement de heurter si profondément une personne pour qu’elle en vienne à  se considérer littéralement comme une serpillière, c’est aussi de la pousser à s’exclure d’elle-même et par elle-même d’un groupe social. En plus de rejeter insidieusement une personne, les harceleurs la poussent à se culpabiliser, et partir. En soi, le harcèlement est un comme un mauvais fantôme qui plane dans l’air : tout le monde sent sa présence, mais personne ne le voit.

Aussi, le double suicide à la fin des Liaisons dangereuses ne résulte peut-être pas seulement d’un amour absolu contrarié. Il est aussi l’une des conséquences tragiques du harcèlement subi par les protagonistes. Dans l’adaptation de Stephen Frears, les jeux de regards, les jeux des portes qui s’ouvrent et qui se ferment, les plans et les miroirs permettent de rendre le harcèlement visible.

Il n’y a pas de victime idéale…

Qui sont les victimes idéales ? Personne vous disent les sites gouvernementaux [6] : tout le monde peut se faire harceler : vous, moi, votre grand tante Ilda, votre ami imaginaire. Il n’y a pas de victime idéale.

Je nuancerais quelque peu ces propos : nous sommes tous, à un moment ou à un autre, une victime idéale. Je m’explique : le harceleur va souvent se moquer de vous en tirant sur votre corde la plus sensible : ça peut être votre réputation, votre religion, votre façon de vous habiller, votre façon d’être, vos hobbies, etc. Quelque chose qui vous appartient, qui vous tient à cœur, quelque chose auquel vous êtes particulièrement sensible, et ce, même si vous méprisez le reste de l’humanité. Nous sommes tous, à l’instar des personnages d’Harry Potter ou de Victor Hugo, à la fois sublimes et grotesques, solaires et ténébreux, potentiellement héroïques et pathétiques. Or, parfois, nous avons tendance à verser davantage dans un côté, faute d’un contexte personnel qui nous permette d’exploiter l’autre. Ou, nous n’avons simplement pas la foi d’être et d’agir autrement.

Ou, nous n’avons simplement pas envie. Dans ces moments-là, où nous sommes fragiles, sensibles, et à fleur de peau. Nous devenons vulnérables. Nous devenons des cibles idéales.

…Mais le harcèlement ne touche pas n’importe qui : il touche des personnes qui vont s’y montrer réceptives.

Nous pouvons tous y être sensibles, si le moment s’y prête, si notre sensibilité s’y prête. Il n’y a de harcèlement possible que si le harceleur ou la harceleuse trouve une victime sensible à ses agissements. En soit, le harcèlement se produit parce qu’une victime rencontre la mauvaise ou les mauvaises personnes, au mauvais endroit, au mauvais moment. Et que tout s’enraye tout d’un coup.

Malheureusement, les films, les séries et les livres ont tendance à représenter des personnages marginaux, “hors normes”, subissant les foudres des autres à cause de leurs différences. Ce cliché provient en réalité des représentations romantiques typiques du XVIIIème et du XIXème siècle. En effet, que ce soit Werther, le personnage des Souffrances du jeune Werther, ou bien, Adolphe, ou encore Causette dans les Misérables. Tous sont décrits comme étant profondément sensibles, atypiques. Or, tous ces personnages étaient dessinés suivant un canevas précis et révolutionnaire pour l’époque. Ils permettaient à leur auteurs d’affirmer leur singularité, leurs émotions et leurs émois, ce qui n’était pas possible dans les sociétés classiques.

Les héritiers de ces personnages en marge et mis au banc  de la société pour leurs différences sont excessivement nombreux. Les plus célèbres sont probablement les personnages de Tim Burton. Ils incarnent une réalité : les personnes harcelées sont le plus souvent des personnes très sensibles, se sentant différente des autres. Ces personnes dérangent les normes sociétales établies, car elles les questionnent. Cependant, ce ne sont pas les seules à être harcelées, et en cela, la représentation du harcèlement dans la Pop Culture est parfois clichée.

Quels sont les mécanismes du harcèlement ?

La loi définit clairement le harcèlement moral. Il s’agit d’une atteinte de la dignité de la personne, répétitive, dégradant ses conditions de travail (ou autre), et dont le retentissement peut impacter la santé de la victime. Pour comprendre le harcèlement, il faut comprendre quels sont ses mécanismes.

Bruno Humbeeck et Willy Lahaye distinguent plusieurs formes de harcèlements : le Bullying, le Mobbing, l’Intimidation et le Racket [6]. J’y ajouterais le Chantage, la Dévalorisation, le Déni, la Négligence et le Flou Gaussien et l’isolement. Lorsque ces faits sont répétitifs, et non consentis, il s’agit de harcèlement.

  • Le Bullying se caractérise par le fait de produire de l’agacement.

Moqueries, surnoms, blagues, gestes déplacés, le bullying se situe à la limite de l’humour, mais au-delà des frontières de l’irrespect : la différence entre une taquinerie et le bullying est le consentement. Le bullying peut aussi prendre la forme de blagues déplacées et sarcastiques. Le rire de Nelson, dans les Simpson, en est une caricature. Tout comme les blagues du Dr House.

  • Le Mobbing se définit comme le fait d’exclure ou d’isoler quelqu’un d’un groupe.

Passer devant quelqu’un sans le saluer, dire bonjour à tout le monde sauf une personne, proposer une sortie à l’ensemble d’un groupe sauf à une personne, partir volontairement lorsqu’une personne arrive, ne pas répondre à une personne qui vous parle ou lui couper la parole de façon itérative…Le Mobbing ressemble beaucoup à de l’ignorance, sauf qu’elle vise à blesser volontairement une personne. Blair Wardolf en abuse dans Gossip Girl, tout comme l’ensemble des Queen Bee dans les teen drama. On retrouve aussi du mobbing dans Atlantide de Disney. Milo est souvent exclu des différents groupes au début de l’histoire. 

  • L’Intimidation est le fait de soumettre par la peur une personne ou un groupe.

Menaces (verbales, à main armée), contraintes, attitudes violentes (cris, hurlements, tonalité sèche), Viols :  l’intimidation peut être morale, comme physique. Elle peut être confondue avec de la colère, or, la colère est un sentiment saint qui répond à un besoin de justice. Lorsqu’elle est dirigée contre une personne dans le but de lui faire peur, ce n’est pas de la colère, c’est une colère simulée et c’est de la violence pure et gratuite. Loki est le maître de l’intimidation dans Avengers, bien qu’il ne surpasse jamais Hulk.

  • Le Racket désigne le fait d’obtenir un bénéfice matériel.

Le racket se différencie du vol par le fait que la victime se sente obligée d’offrir un objet à son harceleur. Le racket peut être exercé par l’intimidation, ou le chantage. Le plus bel exemple ? Gollum, qui tente de racketter l’anneau à Frodon tout au long du Seigneur des Anneaux.

  • Le Chantage est le fait d’obtenir un bénéfice matériel ou immatériel par la menace, notamment, une menace qui pourrait porter préjudice à la victime, ou lui faire perdre quelque chose, comme l’amour de son harceleur.

Contraindre une personne à dire quelque chose, ou à réaliser un acte qu’il ne ferait pas en le faisant chanter, contraindre une personne à assouvir ses envies en lui faisant croire qu’elle perdra l’amour du harceleur, si elle ne le fait pas. Le chantage peut prendre plusieurs formes, la plus toxique étant le chantage affectif. Le chantage est très souvent utilisé par les méchants de Disney : Frollo ou encore mère Gothel ne cessent d’en abuser.

  • La Dévalorisation consiste à déprécier quelqu’un ou quelque chose, lui faire perdre de sa valeur, de son importance et/ou sa réputation.

Humiliation, insulte, ridiculisation, ou tout simplement, paroles qui utilisent l’implicite et les sous-entendus dans le but de déprécier quelqu’un ou quelque chose (rabaisser quelqu’un ou quelque chose que cette personne aime), insinuations dépréciatives, faux compliments, se montrer volontairement méprisant-e (par son attitude ou dans ses mots), minimisation des faits, des réussites, des qualités d’une personne. La dévalorisation peut être insidieuse et passer pour de l’humour ou des reproches. Cependant, ni l’humour, ni les reproches ne devraient en réalité blesser directement l’estime d’une personne : si c’est le cas, il s’agit de dévalorisation pure et simple. C’est typiquement par cette attitude que s’illustre Drago Malefoy lorsqu’il s’adresse à Hermione Granger dans les premiers tomes de la saga Harry Potter.

  • Le Déni se définit comme le fait de ne pas reconnaître une réalité factuelle, mais aussi, de ne pas reconnaître les talents d’une personne.

Ne pas reconnaître les qualités d’une personne ou celles de ses productions, ne pas reconnaître les sentiments d’une personne harcelée, ne pas reconnaître une violence, mettre en doute ou en cause la parole d’une victime. Le déni peut aussi se transformer en victimisation du harceleur pour mieux décrédibiliser la personne harcelée. Olga Pataki est dans le déni du mal qu’elle fait à Arnold dans la série Hé Arnold, car elle ne a peur de lui avouer ses propres sentiments. Tout comme Rebecca Bunch dans les premières saisons de Crazy ex-girlfriend. Elle ne se rend pas compte qu’elle harcèle Josh Chan.

  • La Négligence est une attitude témoignant un manque de soin ou d’attention envers une personne, un objet.

Oublier volontairement ou involontairement une personne, ne pas prendre soin d’elle ou de ses affaires, ne pas s’adapter à ses besoins, ne pas prêter attention à son travail. La personne harcelée va naturellement penser qu’elle n’est pas suffisamment importante dans le groupe, et s’effacer. C’est ce qu’a vécu Leonard dans The Big Bang Theory, alors qu’il étudiait dans le secondaire. L’excès inverse, l’hypervigilance, peut aussi être caractéristique du harcèlement. Une personne qui surveille tout, tout le temps, exerce en réalité une forme de pression qui pousse le-la harcelé-e à donner le meilleur de lui-même ou d’elle-même, jusqu’à l’épuisement. C’est une forme d’exploitation. Tel est le père de Veronica dans Riverdale ou Miranda dans le Diable s’habille en Prada.

  • Le Flou Gaussien, -terme que j’ai repris d’un item disponible sur photoshop et dont j’assume la maternité-, consiste à ne jamais tenir une personne informée, sur tous les plans : professionnel, personnel, affectif.

Il s’agit de la mettre en permanence devant le fait accompli, ou ne pas lui dire ni lui expliquer ce qu’il se passe, ou encore, le faire par l’intermédiaire d’une tierce personne. Ruby et Olivia tourmentent ainsi Aimee dans la série Sex Education.

  • L’isolement de la victime, qui se caractérise par le fait de couper tous les liens qui permettraient à la victime de s’en sortir 

Il s’agit, pour le-la harceleur-euse d’éloigner sa victime de ses proches, ou d’agir uniquement lorsque la personne harcelée est seule. Le but de l’isolement est de contraindre la victime à ne pas parler, et surtout, à ne pas être crue par son entourage.

Tous ces mécanismes contribuent directement à faire du harcèlement un instrument de pression morale, psychologique et émotionnel parfaitement invisible. Mais alors, pourquoi existe-t-il ? Quel est l’intérêt des personnes qui harcèlent ?

Je vais maintenant tenter de répondre aux questions que vous posez tous-tes : qui sont les harceleurs-euses ? Pourquoi harcèlent-ils ?

Pourquoi les harceleur-euses harcèlent-ils ? 

Les causes du harcèlement sont nombreuses, en voici quelques unes que l’on retrouve dans la Pop Culture :

  • Pour se sentir puissant-e, comme Biff Tanen dans Retour vers le futur.
  • Pour obtenir un ascendant sur quelqu’un, sur un groupe ou toute une galaxie et exercer une emprise, comme Jaffar dans Aladdin qui veut à la fois le pouvoir et Jasmine
  • Par amour obsessionnel (qui n’est donc pas de l’amour, mais de l’obsession), comme les personnages masculins dans Fifty Shade of Grey et Twilight
  • Parce qu’il-elle est dépendant-e de l’image que les autres nous renvoie de nous-mêmes, comme Cersei dans Game of Thrones, qui cumule cette raison et toutes les autres
  •  Pour exclure une personne ou un groupe dont les valeurs ne correspondent pas aux siennes, comme Palpatine dans Star Wars
  • Parce que la personne s’est sentie rejetée, humiliée, abandonnée, ou que son égo a été froissé, comme Izma dans Kuzco
  • Par vengeance comme Alex dans 13 reasons why
  • Par jalousie comme Ruby et Olivia dans Sex Education
  • Pour cacher un secret, comme Dan Humphrey dans Gossip Girl
  • Par intolérance, ce qui comprend : sexisme, racisme, homophobie, transphobie, psychophobie, et plein d’autres mots qui se terminent en “phobie”, ou par le suffixe “isme”. Raymond Holt, dans Brooklyn Nine-Nine, explique avoir été victime de discrimination et de harcèlement pour ces raisons
  • Pour profiter d’une situation ou d’une personne, comme Damon Salvatore dans Vampire Diaries
  • Par plaisir pervers, comme dans Les Liaisons Dangereuses

Qui sont les personnes qui harcèlent ?

Il n’existe aucun profile type de harceleurs-euses. Néanmoins, une étude de Michèle Galietta et Barry Ronsefeld, spécialisés dans le traitement du harcèlement, en a conclu que certains comportement toxiques sont caractéristiques du harcèlement :

  • Le comportement obsessionnel : le fait d’être obsédé par une personne ou par une chose, comme par exemple l’image que les autres ont de vous. Celui-ci peut mener à comportement compulsif : qui se caractérise par une volonté de contrôler l’environnement ou les personnes.
  • Le narcissisme : Le terme vient du mythe antique de Narcisse, qui a péri noyé en contemplant son propre reflet. Un narcissique est une personne qui éprouve un amour démesuré pour elle-même, à ne pas confondre avec un égocentrique qui ramène tout à lui. Ou un mégalomane, qui projette de réaliser de grandes choses ou qui pense les avoir réalisées. Aujourd’hui, le terme “pervers narcissique”, emprunté à la psychanalyse est excessivement galvaudé. Les “pervers narcissiques” sont en réalité des personnalités triadiques et sont caractérisées par la triade : narcissisme, sociopathie et machiavélisme. De plus, il existe plusieurs troubles de la personnalité qui s’apparent au narcissisme, et bien souvent, il est difficile de poser un diagnostic et de les différencier. On trouve parmi eux : le trouble de la personnalité limite (anciennement borderline), le trouble de la personnalité narcissique (qui n’est donc pas une personnalité triadique), le trouble de la personnalité anti-sociale et le trouble de la personnalité histrionique (anciennement hystérique).  Or, toutes les personnes atteintes par ces troubles ne sont pas nécessairement des harceleuses, ni des sociopathes, bien qu’elles manquent d’empathie.
  • La comportement érotomane : le fait de croire et de s’imaginer que quelqu’un est amoureux de soi
  • L’addiction : ou le fait d’être dépendant d’une substance
  • La dépendance affective : le fait d’être dépendant d’une personne, que certains psychologues appellent “le vampirisme émotionnel”
  • Les troubles psychotiques : Les troubles psychotiques sont pluriels, et se caractérisent, globalement, par une perte de contact avec la réalité. In fine, les personnes qui souffrent de ces troubles possèdent une structuration neuronale singulière dans le cerveau. Je tiens à préciser que les psychotiques ne sont pas conscients du mal qu’ils font autour d’eux et qu’en réalité, ils présentent une part infime des harceleurs. En cela, les représentations des psychotiques dans la Pop culture, et plus particulièrement dans les films d’horreur, nuisent véritablement aux personnes concernées par ces troubles qui ne sont pas plus violentes que le reste de la population. Ces mauvaises représentations participent également à la psychophobie ambiante.
  • Le comportement paranoïaque : le comportement paranoïaque se manifeste (entre autre) par un sentiment de persécution, qui peut être irrationnel. La jalousie excessive est l’un des comportements paranoïaques les plus connus.

Bien évidemment, ces troubles sont succinctement résumés, car ils nécessiteraient un article entier afin d’être développés correctement.

Dans la Pop culture, nous retrouvons aussi :

  • Des comportements sociaux inappropriés, comme celui de Sheldon Cooper ou celui d’Howard dans The Big Bang Theory. Ce n’est pas un comportement toxique en soi, mais plutôt un comportement inadapté qui peut mener à des situations ressenties comme du harcèlement.
  • Des comportements violents, colériques et impulsifs décuplés par un fort sentiment d’insécurité, comme celui d’Anakin dans Star Wars. La réponse à un sentiment (dans le cas d’Anakin, la peur de l’abandon) ne sera proportionnelle à la réalité émotionnelle du sentiment qu’elle implique.
  • Enfin, certains types de relations déséquilibrées qui peuvent tourner en relation toxiques, comme celles qui s’apparentent à un triangle de Karpman. Un triangle de Karpman est une relation dans laquelle il y a une victime, un bourreau et un sauveur. Et les personnes qui sont dans ce triangle change constamment de rôle : elles peuvent être victime, puis bourreau, puis sauveur. Ce type de relation est parfaitement illustrée par la relation entre Lancelot, Arthur et Guenièvre dans Kaamelott. Au début, Guenièvre est victime de sa relation avec Arthur, Lancelot est son sauveur. Puis, Guenièvre devient le bourreau d’Arthur en s’enfuyant avec Lancelot, alors qu’elle devient la victime de Lancelot. Et c’est finalement Arthur qui la sauve. Ce type de relation est aussi appelée relation dramatique.
  • Toute autre forme de relation déséquilibrée ou toxique :

Ces comportements peuvent se cumuler. Ils relèvent le plus souvent de maladies mentales, de troubles de la personnalité, ou encore, d’une construction bancale de l’estime de soi. Cependant, si les maladies mentales ou les troubles psychologiques peuvent expliquer ces comportements, ils ne les excusent pas.

De plus, chacun peut développer ce type de comportement déséquilibré, voire toxique, dans un moment de faiblesse. Un quart des personnes dans l’étude de Galietta et Rosenfeld n’étaient pas atteintes par une pathologie psychiatrique.

Nous sommes tous-tes de potentielles victimes de harceleurs-euses, mais nous sommes tous de potentiel-les harceleur-euses. Lorsque ce comportement est inconscient, lorsque nous sommes dans le déni, nous agissons alors de façon déséquilibrée avec les autres. Si nous en prenons conscience, si nous l’acceptons et que nous cheminons vers le pardon, nous pouvons non-seulement nous sauver nous-mêmes, mais aussi, sauver les autres. Par contre, lorsque ce comportement est conscient, il est toxique. Par définition, une personne qui a un comportement toxique ne changera pas. Elle pourra, au mieux et avec beaucoup de volonté, accepter de se faire soigner.

Pourquoi harceler ? Qu’est-ce qui se passe dans le cerveau des harceleurs-euses ? 

Toujours d’après l’étude de Michèle Galietta et Barry Ronsefeld, le harcèlement procure des sentiments forts, qui sont à la fois positifs et négatifs. Le harcèlement provoque une décharge d’adrénaline dans le cerveau.

L’adrénaline est l’hormone “du stress”, celle qui permet d’insuffler une force vitale à nos organes, et plus particulièrement le cœur. Certains médicaments sont fabriqués à partir de cette hormone, notamment ceux pour lutter contre les chocs anaphylactiques (réactions allergiques graves). Combinée au cortisol et à la testostérone, l’adrénaline peut générer des comportements agressifs.

Les personnes qui harcèlent -exceptées celles qui le font par pur plaisir pervers et machiavélique- peuvent donc se sentir agressées, et répondre par l’agressivité.

Il faut comprendre que ces agressions ne sont pas nécessairement réelles, cependant, leur ressenti l’est. C’est par exemple le cas d’Anakin lorsque le conseil des Jedis ne lui accorde pas le rang de maître. Les personnes qui harcèlent peuvent aussi éprouver une peur très forte de l’abandon, qu’il soit réel ou imaginaire.

Se sentir abandonnée peut provoquer un état de stress intense chez elles, auquel la réponse corporelle sera l’adrénaline. C’est le cas de Rebecca Bunch dans Crazy ex-grilfriend : sa peur d’être abandonnée la pousse à harceler tous ceux qu’elle aime de façon obsessionnelle. Ces personnes peuvent aussi ressentir de la frustration, et répondre à ce sentiment négatif par le harcèlement. C’est le cas de Cheryl Blossom dans Riverdale, qui harcèle Josie lorsqu’elle se rend compte des sentiments qu’elle a pour elle et qui ne sont pas réciproques. L’anxiété aussi est source d’adrénaline, et donc, potentiellement, de harcèlement.

Comme beaucoup d’autres sentiments négatifs qui peuvent mener la personne harceleuse à réagir par de l’agressivité.

Toutefois, ressentir ces sentiments négatifs ne pousse pas chacun-e à harceler (et heureusement). Ces sentiments ne sont que le déclencheur d’un comportement violent et agressif qui est déjà présent chez la personne qui harcèle. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de soigner les harceleurs-euses, car ces comportements ne sont pas innés. La personne harceleuse a probablement vécu de la violence qu’elle a intériorisée.

Silence, peur et séduction : le terreau idéal du harcèlement

Règle numéros un du harcèlement : on ne parle pas du harcèlement. La loi principale du harcèlement, c’est la loi du silence. Le-la principal-e harceleur-euse ou les principaux harceleurs-euses installent une omerta sacerdotale. Comment ?

La séduction et les faux-semblants : le masque du harcèlement pervers 

Les harceleurs-euses qui opèrent par plaisir pervers, sont souvent de grands séducteurs-trices[7]. Ils-elles semblent serviables, adorables, travailleurs-euses aux premiers abords, et généralement, reconnus comme tels-telles par leurs pairs. En un mot, les harceleurs-euses jouissent généralement d’une certaine forme de popularité qui les protège. S’ils-elles n’ont pas la chance d’être populaires, ils-elles sont néanmoins dans une position qui leur permet malgré tout d’imposer leur ascendant sur les autres : ce sont alors des figures d’autorité. Grâce à ce pouvoir qu’ils-elles détiennent (soit socialement, grâce à l’assise de leur popularité, soit parce qu’il possède des responsabilités), ils-elles vont être en mesure d’assujettir le groupe. Un grand pouvoir, implique de grandes responsabilités.

Après avoir atteint le sommet de la pyramide sociale, les harceleurs-euses, vont enfin pouvoir agir en toute impunité et tirer sur les cordes sociales pour tout contrôler. Etant à la fois admiré-e-s et craint-e-s par le groupe qui les pose sur un piédestal, les séducteur-trices vont laisser tomber leur masque pour révéler les tyrans qui sommeillent en eux. Si ce paragraphe n’est valable que pour un certain type de harceleurs-euses, néanmoins, tous-tes ont un point commun.

En effet, ils-elles ont tous tendance à utiliser le même mécanisme pour se protéger. Ils-elles portent un masque en société et agissent autrement dans l’ombre. Ces personnes peuvent ainsi manipuler et jouer avec les affects des personnes qu’elles harcèlent. Le cliché de la grosse brute crainte par tout le monde est un leurre. En réalité, la plupart des harceleurs-euses se font craindre d’une autre façon. C’est avant tout parce qu’ils-elles exercent une emprise qu’ils-elles ont du pouvoir qu’ils-elles sont terrifiants-es, pas parce qu’ils-elles impressionnent physiquement.

Le victime-blaming et l’effet Janis, ou comment le harcèlement peut passer inaperçu 

Ce phénomène fut mis en exergue par des psychologues et sociologues. Le victime-blaming consiste à imputer la responsabilité totale ou partielle d’une agression à une victime, ou à faire preuve de solidarité avec un agresseur-euse. Il s’agit en fait d’un mécanisme qui vise à préserver l’intégrité d’un individu et préserver son sentiment de ne pas avoir dérogé au principe de justice [8]. Lorsqu’une victime évoque son histoire, elle vous renvoie nécessairement à vous, et à votre propre vulnérabilité. Souvent, vous avez tendance à la juger plus qu’à la réconforter, à la blâmer donc, pour ne pas faire face à vos propres failles.

A sa place, vous vous seriez débattu, vous vous seriez enfui, la victime était donc un peu responsable de ce qui lui est arrivé, pas vrai ? Et puis, ce n’est pas juste d’accuser quelqu’un sans preuve !

Alors, au lieu de la réconforter, de la rassurer, de compatir, de lui dire que c’est une personne forte, indépendante, et qu’elle pourra passer au-delà de tout ça, vous la blâmer. Réflexe ô combien stupide, mais ô combien humain. Dans une société qui nous impose en permanence un idéal à atteindre, nous nous interdisons d’être vulnérables. Dans un système scolaire qui sanctionne négativement nos fautes et nos erreurs, nous nous interdisons d’échouer. Dès lors, nous ne voulons ni assumer la responsabilité de nos erreurs, ni le mal que l’on fait autour de nous.

En faisant l’effort d’accepter les failles et les échecs des autres, nous pourrions pourtant parvenir à accepter les nôtres. En reconnaissant que nous sommes parfois agressifs ou agresseurs-euses, nous reconnaîtrons aussi les victimes. Nous reconnaîtrons que nous sommes parfois des victimes. « Victime » est toujours une insulte chez les collégiens, et un statut qu’il paraît dès lors difficile à assumer dans l’inconscient collectif commun. « Moi, une victime ? Jamais » [8].

Ce phénomène est amplifié par l’effet Janis.

Certains d’entre vous l’appelleront certainement « l’effet mouton ». Oui, vous comprenez de quoi il retourne. L’effet Janis, qui tient son nom du psychologue Irving Janis, consiste à créer une complicité dans un groupe, à créer une uniformité et une identité à laquelle les membres vont se conformer. Cette cohésion répond à un besoin primordial chez l’individu : le besoin d’appartenance à un groupe et le besoin d’attachement à d’autres individus. Ainsi, lorsque le groupe doit prendre des décisions ou se forger une opinion commune, il aura tendance à sauvegarder la cohésion du groupe et éviter toute forme de conflit, plutôt que de prendre des décisions ou des émettre des avis rationnels.

En réalité, il s’agit plus souvent de l’avis du leader, que de l’avis des membres de ce groupe. L’ambiance créée devient  stressante, anxiogène, et oppressante. Le groupe va alors s’autocensurer, considérer que toute personne qui s’oppose à l’avis collectif est un dangereux criminel qu’il sera important d’ignorer ou tout simplement, d’expulser. Certains membres du groupe vont devenir en quelque sorte les gardiens de cette pensée, et dénoncer tout renégat -ou bouc-émissaire- qui irait à son encontre. Cette pression sociale empêche en fait tout individu de s’épanouir, et paralyse la prise de décisions rationnelles [9].

Dans ces conditions, le constat du harcèlement est simple à tirer : on est soit harcelé-e, soit harceleur-euse.

Dans une situation de harcèlement, quand on est pas harcelé-e, on est nécessairement harceleur-euse. Et on ne va pas se mentir, on a tous été concernés par le harcèlement, à un moment donné ou à un autre de notre vie. Que ce soit au collège, au lycée, dans les études supérieures, au travail, ou même, dans la rue. On a soit été victime, soit été coupable. Peut-être même, les deux, dans deux situations différentes.

En pratiquant le déni de la parole des victimes, la censure d’une pensée divergente à celle de la société, d’un groupe, ou de l’inconscient collectif commun, la négligence, le victime-blaming, nous nous rendons quotidiennement responsables du harcèlement. Harceler, parfois, c’est aussi tout simplement ne rien faire. Ne pas venir en aide à la victime, considérer que ses malheurs ne nous regardent pas, ou répéter une rumeur sans vérifier son fondement [10].

Quelles sont les conséquences du harcèlement ?

Pour la victime, les principales conséquences du harcèlement sont :

  • Le stress post-traumatique et les comorbidités (troubles) associées (trouble du comportement alimentaire, trouble anxieux généralisé, trouble anxio-dépressif, etc.). N’hésitez pas à consulter notre dossier sur le sujet.
  • La perte de l’estime de soi
  • La perte de confiance en soi
  • Des troubles de l’humeur (irritabilité, anxiété, impulsivité, agressivité)
  • Trouble de la socialisation
  • Phobie sociale
  • Addiction
  • De l’automutilation
  • Isolement irrationnel
  • Des idées noires, des idées suicidaires
  • Le harcèlement peut mener au suicide

Pour les harceleurs-euses :

  • Manque d’empathie
  • Dépendance à la violence
  • Addictions
  • Marginalisation
  • Dépression

Pour les spectateurs-trices :

  • Attitude violente
  • Culpabilité
  • Dégradation de l’estime de soi[11]

Ces conséquences ne disparaissent pas d’un coup de baguette magique. Certaines peuvent restées ancrées des années après, tant la violence du harcèlement est grande.

Mais alors, pourquoi une victime ne peut pas partir ? 

Dans le cas où le harcèlement serait entrecoupé de périodes plus positives, il est difficile pour une victime de s’en aller. Par exemple, la relation abusive entre le Jocker et Harley Quinn est toujours ponctuée de moments tendres. Le Jocker sauve Harley Quinn à plusieurs reprises et lui prouve son amour. Malgré la violence qu’elle subit, Harley reste à cause de ces moments-là. Elle est victime du harcèlement, mais aussi d’une certaine forme de conditionnement.

Burrhus Frederic Skinner, un éminent psychologue, a mis en lumière dans ses travaux le principe du conditionnement opérant. Dans l’une de ses expériences, il a volontairement affamé des rats. Avant cela, il leur avait appris à actionner une manette pour obtenir de la nourriture. De la nourriture tombait à chaque fois qu’un rat appuyait sur la manette. Et puis, à un moment donné, l’imprévisibilité a pris place dans cette expérience. Un coup le rat qui appuyait obtenait de la nourriture, d’autres fois, il n’en n’obtenait pas. Malgré tout, les rats continuaient désespérément à actionner la mannette de façon obsessionnelle. Ils en étaient devenus dépendants. La quantité de nourriture n’étant pas suffisante, ils ne survivraient pas. Au final, tous les rats sont morts de faim. L’expérience a été réitérée plusieurs fois, donnant lieu au même résultat.

C’est ce qui s’appelle le conditionnement opérant.

Le rat est conditionné à obtenir quelque chose en ayant un comportement particulier. Lorsqu’il ne l’obtient plus, il continue à avoir le même comportement dans l’espoir de l’obtenir. Il se passe exactement la même chose dans la relation qui unit Harley Quinn au Jocker. Elle fait tout pour obtenir son attention, car elle désire plus que tout recevoir l’amour du Jocker. Ou, à défaut, une réaction de sa part, qu’elle soit positive ou négative. Passé ce stade, il ne s’agit plus d’amour, mais de conditionnement.

Il se passe exactement la même chose dans toutes les relations abusives. Au début, le ciel est bleu. Puis, peu à peu, les premiers nuages. Ensuite, ce sont les tempêtes, entrecoupées de rayons de soleil. Toutefois, la victime ne resterait pas si elle n’était conditionnée à espérer qu’apparaissent un arc-en-ciel au milieu des orages. L’attente crée le manque, qui lui-même engendre la dépendance. La personne prise dans une telle relation ne doit donc pas quitter l’autre, mais s’en sevrer. Ce n’est donc pas la victime qui est responsable de ne pas vouloir quitter sa situation, mais davantage le conditionnement.

En effet, le conditionnement est très puissant.

Il fonctionne sur un principe simple. On peut conditionner une personne ou un animal en renforçant ses comportements positifs (aussi appelé le renforcement), et en sanctionnant ses comportements négatifs (aussi appelée la punition). Toujours selon Skinner, le conditionnement du comportement s’opère suivant 3 critères : les circonstances, le comportement du sujet, et les conséquences qui vont renforcer le comportement du sujet. Or, de nombreuses personnes harceleuses conditionnent leurs victimes en renforçant leurs comportements.

La relation entre Thanos et sa fille Nebula en est un parfait exemple. Nebula ne désire qu’une seule chose : être aimée par son père, et celui-ci l’exploite. Nebula adopte des comportements qui seront renforcés positivement par l’attention de son père. C’est le cas lorsqu’elle travaille pour Renan, dans le but de satisfaire Thanos et recevoir sa gratitude dans les Gardiens de la Galaxie volume 1.

Lorsqu’elle échoue à réaliser ses missions, elle reçoit des sanctions.

Ainsi, son père module constamment son comportement sans qu’elle n’en est conscience : elle désire obtenir des miettes de son amour, et elle est prête à tout pour cela. A contrario, et parce qu’elle a peur des représailles, elle ne se donne pas la possibilité d’échouer. Elle préfère fuir plutôt que d’affronter l’ire de son père.

En outre, le-la harceleur-euse, s’il-elle est proche de sa victime, il-elle utilisera ses propres armes contre elle. La victime de harcèlement possède souvent ce dont le harceleur-euse manque cruellement : de l’empathie. Elle va donc utiliser l’empathie de la victime pour lui faire ressentir toute sa propre souffrance, et empêcher l’autre de partir. C’est le cas dans Raiponce : Mère Gothel rabaisse constamment sa fille adoptive, en lui expliquant qu’elle ne supporterait pas qu’elle l’abandonne.

Comment se protéger du harcèlement ?

Bien sûr, il est toujours possible, comme le fait le héros de Karaté Kid, d’apprendre un Art Martial pour prendre confiance en sa puissance. Toutefois, la seule façon de se protéger des harceleurs-euses est de ne pas rentrer dans leur jeu. Le harcèlement est avant tout une emprise. Il faut donc briser cette emprise en brisant le silence. Cette liste contient l’ensemble des ressources nécessaires pour faire face au harcèlement

Pour se défaire d’une emprise, il convient de :

En conclusion,

Combien de #, à l’instar des #metoo, #balancetonporc, faudra-t-il encore inventer pour que l’on se rende compte que le phénomène, invisible, nous a tous touchés d’une façon ou d’une autre ? Combien de suicides réels ou fictifs faudra-t-il encore pour que l’on se rende compte que le harcèlement est un crime qui ne dit pas son nom ?

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Bibliographie :

[1] Ariane Bilheran, L’autorité, Paris, Armand Colin, , 127 p. Ariane Bilheran, Le harcèlement moral, Paris, Armand Colin, 2006, 3eréédition 2013, 128 p. et Ariane Bilheran, Harcèlement. Famille, Institution, Entreprise, Paris, Armand Colin, , 256 p

[2] D’après le CNRTL

[3] Le Harcèlement moral, la violence perverse au quotidien, Marie-France Hirigoyen, 1998, Syros, 251p. : Ce livre a mis des mots sur des souffrances, qui existent depuis l’Antiquité. Il a mis en lumière un concept qui se tapissait dans l’ombre. Plus tardivement, le concept serait repris pour dénoncer le harcèlement qui sévissait alors dans les collèges et lycées, sous le terme de « harcèlement scolaire ».

[4] D’après Emmanuelle Poncet, “Naissance d’une notion”, Liberation.fr, 06/03/2001 : Un colloque fut même organisé avec l’aval de Martine Aubry, alors ministre du travail. L’idée fit son chemin jusqu’au Medef (syndicat des dirigeants des entreprises) et HEC (Haute Ecole de commerce).

[5] Prévention du harcèlement et des violences scolaires : Prévenir, agir, réagir de Bruno Humbeeck, Willy Lahaye, De Boeck coll. « outils pour enseigner », 2017, 115 p.

[6] http://www.nonauharcelement.education.gouv.fr/ressources/guides/le-harcelement-cest-quoi/ et http://www.marionlamaintendue.com/le-harcelement-scolaire/

[7] Je vous conseille de consulter le dossier de l’associtation Le facteur humain, sur Les différents profils de managers toxiques

[8] Dansmontoiroir a réalisé une bd pédagogique, drôle et synthétique sur le sujet :  Dansmontiroir, “Le victim Blaming ou pourquoi je gronde mon chat après lui avoir marché sur la queue“, 22/09/2016

[9] Le phénomène a été décrit par William H. Whyte dans Fortune en 1952. Irving Janis, en 1972, approfondit ses réflexions sur le phénomène dans Victims of Groupthink: A Psychological Study of Foreign-Policy Decisions and Fiascoes. Puis, Alain Brochet et Alain Trognon dans La psychologie des groupes, en ont conclus que le phénomène émerge lorsqu’un groupe s’auto-paralyse afin de conserver sa cohésion.

[10] : Nino Arial (real.), HARCELEMENT SCOLAIRE (GRAVE), youtube, 08/09/2017, 4min59

[] Michele Galietta et Barry Ronsenfled, International Journal of Forensic Mental Health Volume 11, 2012 – Issue 4: The 2nd Bergen Conference on the Treatment of Psychopathy,Adapting Dialectical Behavior Therapy (DBT) for the Treatment of Psychopathy”, 7 décembre 2012

[11] Ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et des Sports, Agir contre le harcèlement à l’école.gouv.fr, le 27/10/2011 http://ww2.ac-poitiers.fr/dsden79-pedagogie/sites/dsden79-pedagogie/IMG/pdf/les-consequences-du-harcelement1.pdf 

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