Le 28 novembre 2001 dĂ©barquait Atlantide, lâEmpire perdu sur les Ă©crans. Une nouvelle production Disney qui reçut un accueil mitigĂ©, malgrĂ© une excellente campagne publicitaire. Mais pourquoi est-il autant sous-estimĂ© ?
RĂ©alisĂ© par les deux vendeurs de rĂȘves que sont Gary Trousdale et Kirk Wise, qui nous avaient dĂ©jĂ enchantĂ© avec la Belle et la BĂȘte, ou le Bossu de Notre Dame, Atlantide, l’empire perdu renverse tous les codes Ă©tablis par ses prĂ©dĂ©cesseurs. Film d’animation drĂŽle, impertinent, dont l’histoire d’Amour est plus que secondaire, Atlantide est un Disney peu (re)connu, alors quâil est lâun des plus originaux.
Il est probablement l’un des films d’animation les plus sous-estimĂ©. Et nous allons tenter de comprendre pourquoi, afin de le revoir autrement. Alors, attachez vos ceintures les Ă©toilé➱eâž±s, nous nous amarrons dans les profondeurs d’Atlantide. Nous allons ensemble redĂ©couvrir ce grand classique et toute son histoire !

Source : The Walt Disney Company. © Disney © DisneyâąPixar © & âą Lucasfilm LTD © Marvel. Tous droits rĂ©servĂ©s.
Atlantide, l’empire perdu, scĂ©nario inattendu pour un disney
Tout d’abord, le scĂ©nario est inhabituel pour un Disney. Bien qu’Atlantide s’inscrive dans la tradition des live-action d’aventures des annĂ©es 60, son histoire n’est pas banale. En gĂ©nĂ©ral, les productions des Studios réécrivent et se rĂ©approprient une histoire existante (comme un conte de fĂ©es des frĂšres Grimm). Celle-ci repose souvent sur la quĂȘte initiatique du hĂ©ros ou de l’hĂ©roĂŻne. Grandir, vivre une aventure, se marier avec un prince charmant que l’on connaĂźt Ă peine…sont les clefs des rĂ©cits habituels. Qu’il y ait ou non des scĂšnes d’action. Et, ce nâest pas ce que nous raconte Atlantide.
Atlantide nous relate la dĂ©couverte d’un autre monde par un groupe d’Ă©trangers, dont les intentions sont plus ou moins honorables. C’est ainsi que les rĂ©alisateurs sortent des sentiers battus et inexplorĂ©s par les films d’animation, en surfant sur le scĂ©nario qui a fait le succĂšs Star Trek et Stargate SG1. Cela est, en partie, dĂ» au premier scĂ©nariste du projet : Joss Whedon (rĂ©alisateur de Buffy contre les Vampires et Avengers). Ce dernier, qui adore Star Trek, s’en est largement inspirĂ© pour Ă©crire ce qui serait son pilier scĂ©naristique principal.
En fait, il s’agit d’un topos (ou lieu commun) bien connu dans la littĂ©rature : le bel inconnu. Il est largement employĂ© dans les rĂ©cits chevaleresques et autres fictions fantastiques. Dans celles-ci, le bel inconnu (ou l’Ă©quipe d’inconnus) dĂ©barque dans un univers en pĂ©ril, et parvient Ă le dĂ©fendre contre une menace. Harry Potter ou Le Seigneur des Anneaux en sont de bons exemples. Le Bel inconnu est le topos idĂ©al des rĂ©cits d’action et d’aventures.
Grùce à ce topos, Atlantide possÚde une trame narrative dont les enjeux dépassent largement ceux des Disney de sa génération. Il nous raconte comment et pourquoi cette civilisation est devenue un empire perdu.

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Au cours du film, nous apprenons que c’est en perdant leur culture, que les Atlantes se sont perdus eux-mĂȘmes. Ce peuple ne sait plus ni lire, ni Ă©crire. Il est prisonnier des flots, mais surtout, prisonnier de son ignorance. Milo dĂ©tient le pouvoir de le faire renaĂźtre grĂące Ă ses connaissances. C’est ainsi qu’Atlantide nous montre Ă quel point notre culture et notre langue sont primordiales. Elles sont intrinsĂšquement constitutives de notre identitĂ©, et les laisser mourir revient Ă Ă©teindre ce que nous sommes.
A l’image du Crystal qui reprĂ©sente la richesse et la longĂ©vitĂ© des Atlantes.
Les hĂ©ros de l’Histoire doivent non seulement sauver une CitĂ© d’une dĂ©perdition intellectuelle, mais aussi, la prĂ©server de pilleurs qui sont prĂȘt Ă l’assassiner pour voler ses richesses, alors qu’un chaos planĂ©taire se prĂ©pare. En effet, l’intrigue se dĂ©roule en 1914, Ă l’aube de la premiĂšre guerre mondiale. Le commandant Lyle compte vendre le Crystal Ă des Nations qui paieraient cher : entendez par lĂ , le vendre Ă des nations qui se prĂ©parent Ă la guerre. Une façon subtile de dĂ©noncer le colonialisme et le capitalisme. L’appropriation d’une culture, de ses richesses, et leur exploitation. Atlantide nous invite Ă rĂ©flĂ©chir sur la richesse que nous octroient nos connaissances et sur ce que nous en faisons. Le savoir est littĂ©ralement le pouvoir.

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Tout est fait pour que l’action et la citĂ© soient au cĆur de l’intrigue, comme le confirme de le producteur Don Hahn[1]. Afin que ne soient pas perdus de vue les enjeux principaux, mĂȘme la musique prend une autre dimension.
En effet, la B.O. de James Newton Howard (Ă qui l’on doit celles de la trilogie The dark Knight) nâest prĂ©sente que pour ambiancer les scĂšnes. Elle permet de crĂ©er un univers musical, d’accompagner les scĂšnes d’action, de leur donner de la profondeur. Aucun personnage ne chante. L’une des clefs du succĂšs de Disney rĂ©side pourtant dans ses chansons.
En effet, les productions sont souvent construites sur le modĂšle des comĂ©dies musicales de Broadway[2]. Chaque chanson doit permettre de dĂ©velopper les Ă©mois et les personnalitĂ©s des personnages, faire progresser l’action, ou dĂ©clencher une crise d’Ă©pilepsie. L’aspect comĂ©die musicale a Ă©tĂ© dĂ©laissĂ© avec Tarzan, mais l’est dĂ©finitivement avec Atlantide, rompant ainsi avec la tradition et la recette qui a fait le succĂšs des Studios (et des antiĂ©pileptiques).
Un autre point de rupture est atteint concernant les personnages, qui sont pour le moins atypiques.
Atlantide, et ses personnages principaux atypiques
La patte des deux rĂ©alisateurs, Gary Trousdale et Kirk Wise, est d’emblĂ©e reconnaissable Ă leur personnage principal. A l’origine, Milo devait ĂȘtre un descendant du pirate Barbe Noire, mais sous l’impulsion des rĂ©alisateurs, il est devenu tel qu’on le connaĂźt[3]. Que pouvait-on attendre d’autre des crĂ©ateurs de Belle ?
Intellectuel, fĂ©ru de livres, brillant mais farfelu, dans une position sociale inconfortable car rĂ©parateur de la chaudiĂšre au MusĂ©um d’Histoire Naturelle alors qu’il se rĂȘve en explorateurs de ruines, Milo apparaĂźt comme la caricature d’un intellectuel idĂ©aliste qui rĂȘve de partager ses connaissances avec le monde entier, mais qui doit se contenter de le faire avec ses balais.
Comme Belle apprend Ă lire Ă la BĂȘte (dans une scĂšne ajoutĂ©e dans la version longue), Milo apprend Ă Kida comment dĂ©chiffrer sa propre langue. Milo ressemble Ă Belle en tous points. Le syndrome de Stockholm en moins. Son histoire dâamour avec la princesse Kida est passĂ©e au second plan, et elle est traitĂ©e de façon rĂ©aliste. Kida et Milo sont attirĂ©s lâun par lâautre mais leur idylle ne se dĂ©clenche pas au premier regard. Ils construisent leur histoire en redĂ©couvrant l’Histoire d’Atlantide.
Kida : une princesse Disney pas comme les autres
La princesse Kida n’a rien d’une princesse Disney ordinaire. Impitoyable, curieuse, maligne, elle est une conquĂ©rante. Elle a Ă©tĂ© Ă©levĂ©e pour diriger son peuple d’une main de fer. Pourtant, cette princesse-guerriĂšre n’apparaĂźt jamais en tant que telle sur les produits dĂ©rivĂ©s. Vous trouverez toujours Aurore, Cendrillon, Blanche-Neige, Belle -qui n’est mĂȘme pas une princesse-, Tiana, Ariel, ou encore Jasmine et Raiponce. Kida, jamais.
Pour cause, Kida ne correspond pas Ă l’archĂ©type des princesses Disney : elle n’est pas naĂŻve, elle ne porte pas de robe sublime, ses passe-temps prĂ©fĂ©rĂ©s ne sont pas de passer le balai ou de parler Ă des animaux. Comme Milo, Kida aime apprendre, c’est l’amour de l’apprentissage qui les rassemble. Elle passe son temps libre Ă essayer de dĂ©chiffrer les instructions d’un vĂ©hicule afin de le faire voler.
Kida se rapproche d’un autre personnage créé par les deux rĂ©alisateurs. Il s’agit bien sĂ»r d’Esmeralda (qui n’est pas non plus reprĂ©sentĂ©e sur les produits dĂ©rivĂ©s). D’ailleurs, un dĂ©tail n’est pas sans rappeler le modĂšle dont elle s’inspire. Comme la gitane, Kida ne porte qu’une seule boucle d’oreille.

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Les membres de l’Ă©quipage : drĂŽles et atypiques
Tous les membres de l’Ă©quipage sont dĂ©veloppĂ©s, malgrĂ© leur rĂŽle secondaire. Ils sont tous drĂŽles et attachants, mais eux aussi sont atypiques dans l’univers Disney. En effet, Atlantide est le premier Disney dans lequel les alliĂ©s du hĂ©ros sont aussi ses ennemis au dĂ©but de l’histoire. Les personnages secondaires sont ambigus, mais intĂ©ressants : analysons qui sont Helga Sinclair, le Docteur Gentil, GaĂ«tan MoliĂšre, Aude Ramirez, Vincenzo Santorini, Cookie et Madame Placard.
Helga Sinclair est la parfaite incarnation de la Queen Bee : vĂ©nale, autoritaire, sociopathe, et sĂ©ductrice-manipulatrice. Femme fatale idĂ©ale, elle se dĂ©tache de l’ensemble des personnages par son caractĂšre toxique. Helga Sinclair est l’antithĂšse parfaite d’une princesse Disney, tout en respectant ses codes. Belle, blonde, intelligente, elle use de ses charmes pour obtenir ce qu’elle dĂ©sire. Redoutable par son cynisme, elle participe de façon involontaire au sauvetage de la CitĂ© lorsqu’elle se venge de Lyle.
L’ennemi du hĂ©ros est quant Ă lui un beau lieutenant, brun, viril, musclĂ©, inculte, qui a pour unique ambition de s’enrichir, et ce, au dĂ©triment d’une civilisation entiĂšre. Vous l’aurez compris, il s’agit d’un Gaston : le parfait prince charmant qui se rĂ©vĂšle ĂȘtre le pire des tortionnaires. Son deuxiĂšme prĂ©nom, « Tiberius » est une rĂ©fĂ©rence directe au commandant James Tiberius Kirk (Star Trek).
Le Docteur Gentil n’est en rĂ©alitĂ© pas si gentil qu’il n’y paraĂźt, puisqu’il est, comme les autres, avant tout intĂ©ressĂ© par l’argent. Extraverti et profondĂ©ment compatissant, il sera le premier Ă se rĂ©vĂ©ler comme un alliĂ© auprĂšs de Milo. Son histoire est briĂšvement dĂ©veloppĂ©e : ostĂ©opathe Ă ses heures perdues, il a grandi dans une rĂ©serve indienne. Ses diplĂŽmes de mĂ©decine sont d’ailleurs des titres amĂ©rindiens. Comme la plupart des personnages secondaires, le Docteur Gentil est donc issu d’une « minorité », et pas n’importe laquelle : une minoritĂ© qui a subi un massacre.
GaĂ«tan MoliĂšre est français : il est donc sale, et sa plus grande peur est le savon, merci pour le clichĂ©. Le personnage est mystĂ©rieux, Ă la fois Ă©rudit dans son domaine, et traitĂ© comme un animal. Il incarne probablement le petit animal mignon accompagnant le hĂ©ros que les rĂ©alisateurs ont refusĂ© d’intĂ©grer Ă leur trame. Il est le parfait comic relief.
Audrey Ramirez est une jeune mĂ©canicienne, qui a pour but de reprendre l’atelier de son pĂšre. Responsable, elle a Ă©tĂ© Ă©levĂ©e comme un garçon par son pĂšre qui ne voulait que des hommes : l’un pour reprendre son atelier, l’autre pour devenir champion de boxe. Elle a une sĆur qui concourt pour dĂ©crocher le titre. FidĂšle et attachĂ©e aux valeurs que son pĂšre lui a enseignĂ©es, Audrey Ramirez est touchante par sa sincĂ©ritĂ©. Comme tous les personnages fĂ©minins d’Atlantide, elle dĂ©note par sa personnalitĂ© et son caractĂšre franc.
Vincenzo Santorini est italien, passionnĂ© par les explosions. Mafieux, vĂ©nal et parfaitement immoral, il aurait pu se trouver dans un Ă©pisode de Rick et Morty. Fils de fleuristes qui a mal tournĂ©, il souhaite rouvrir un commerce. Parfait mĂ©chant, il finit nĂ©anmoins par basculer du cĂŽtĂ© du hĂ©ros, car il sait faire preuve d’une grande humanitĂ©, malgrĂ© son manque de moralitĂ©.
Les membres les plus marquants sont Madame Placard et Cookie, le chef cuisinier pour qui les quatre groupes dâaliments sont le whisky, les fayots, le lard et les patates.
Lorsquâil sâadresse Ă Milo la premiĂšre fois, il lui dit : « Tâes tellement maigre que si tu te mets de profil et que tu tires la langue, tâas lâair dâune fermeture Ă©clair ! ». Quant Ă Madame Placard, lâopĂ©ratrice tĂ©lĂ©phonique du troisiĂšme Ăąge, elle possĂšde un cynisme presque lĂ©gendaire. « On va tous crever ! » est sa phrase fĂ©tiche. Flegmatique jusqu’au bout des ongles, elle passe son temps Ă fumer et Ă tĂ©lĂ©phoner Ă l’une de ses amies, ne se contentant que de faire le service minimum.
Malgré ces personnages haut en couleurs, Atlantide possÚde une face plus sombre. Il est le premier Disney qui se permet de faire mourir de nombreux personnages tertiaires et secondaires.
Il nây a jamais de pathos rajoutĂ©, ou de rĂ©surrection improbable (comme dans Mulan 2). La quasi totalitĂ© de l’Ă©quipage de l’Ulysse dĂ©cĂšde lors de la confrontation avec le LĂ©viathan. Puis, le roi meurt. Enfin, Helga et Lyle succombent Ă leur tour. Ce point est particuliĂšrement dĂ©routant pour un Disney : la rĂ©alitĂ© de la mort n’est pas dramatisĂ©e, ni cachĂ©e. Ce rĂ©alisme se ressent Ă©galement dans l’Ă©criture des scĂšnes, et des dialogues percutants.
Tous les personnages sont drĂŽles, et leurs dialogues ont Ă©tĂ© travaillĂ©s. Ce ne sont pas des personnages empreints de bons sentiments : ils ressemblent davantage Ă Flynn Rider, qu’Ă Cendrillon. Ils sont manipulateurs, vĂ©naux, moqueurs et ambigus : ni tout Ă fait bons, ni tout Ă faits mauvais. Et leur interprĂ©tation ne fait que renforcer l’attachement que nous leur portons.

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Le talent du casting au service de l’interprĂ©tation des personnages
Dans la version origiale, Micheal J.Fox interprĂšte Milo Thatch. Trouver plus iconique que le hĂ©ros du lĂ©gendaire Retour vers le Futur aurait Ă©tĂ© impossible ! Et pourtant…les rĂ©alisateurs rĂ©ussirent Ă convaincre Leonard Nimoy (Spock dans Star Trek) de rejoindre cette aventure en interprĂ©tant le vieux roi.
Le choix de ces acteurs ne peut que rĂ©vĂ©ler le dess(e)in Ă peine masquĂ© de ce film. Gary Trousdale et Kirk Wise nâavaient quâune idĂ©e en tĂȘte : dĂ©montrer que les geeks finiront par assouvir leur domination sur le monde. Dâhabitude, les producteurs choisissent des stars Disney (comme Demi Lovato pour interprĂ©ter sa B.O. de la Reine des Neiges) ou des acteurs connus et apprĂ©ciĂ©s par le jeune public. Or, ce sont des acteurs d’autres univers qui leur ont Ă©tĂ© prĂ©fĂ©rĂ©s.
Malheureusement pour l’Ă©quipe, Jim Varney, l’interprĂšte de « Cookie » dĂ©cĂ©da alors que le tournage n’Ă©tait pas terminĂ©. Toute l’Ă©quipe lui rendit un vibrant hommage[4].
CĂŽtĂ© VF, l’ensemble du casting français donne une claque ! Qui pourrait se lasser des voix de Reno ou Timsit ? Et du regrettĂ© Mouss Diouff, en tant que Dr Gentil ? Les blagues sont drĂŽles car elles sont trĂšs bien adaptĂ©es Ă la version française et trĂšs bien interprĂ©tĂ©es. Atlantide est un rĂ©gal dans les deux langues, ce qui est rare !
Les graphismes ont été inspirés par le dessinateur du comics Hellboy
Le saviez-vous ? Vous pouvez superposer la plupart des personnages d’un film Disney Ă un autre. D’une part, cela participe Ă une identitĂ© stylistique et visuelle globale. D’autre, part, cela peut permettre de rĂ©aliser des Ă©conomies sur les plans sĂ©quences.
Par exemple, la fin de la Belle et la BĂȘte a dĂ» ĂȘtre rapidement achevĂ©e par manque de moyens. Ainsi, les rĂ©alisateurs et dessinateurs ont-ils repris la sĂ©quence de fin de La Belle au Bois Dormant, en modifiant le background et la couleur des vĂȘtements de Belle et son Prince[5]. Ce serait impossible avec Atlantide, car les rĂ©alisateurs sont allĂ©s chercher lâun des meilleurs dessinateurs de comics actuel pour enrichir leur univers et faire se faire plaisir.
Mike Mignola, alias LE dessinateur dâHellboy, a Ă©tĂ© sollicitĂ© par Disney pour les conseiller. Reconnaissable entre tous, son style donne une vĂ©ritable identitĂ© visuelle Ă Atlantide[6],[7]. Une identitĂ© unique. SublimĂ©e par les plans au format cinĂ©mascope (format large), une utilisation intelligente des effets numĂ©riques et de la lumiĂšre.
Ce nâest pas tout.
LâĂ©quipe a travaillĂ© sur la civilisation des atlantes comme celle de Peter Jackson lâa fait pour Le Seigneur des Anneaux. Une langue a mĂȘme Ă©tĂ© crĂ©e par Marc Okrand, un expert linguistique, qui a aussi travaillĂ© sur Star Trek. L’animateur John Emerson a ensuite travaillĂ© sur le graphisme des lettres[8]. Celle-ci se rĂ©vĂšle ĂȘtre la langue mĂšre des autres langues indo-europĂ©ennes (l’ancĂȘtre de toutes les langues du continent EuropĂ©en et de l’Inde).
Par consĂ©quent, les membres de lâĂ©quipage et les autochtones nâont donc aucun mal Ă communiquer. Ce qui est particuliĂšrement incohĂ©rent pour toute personne qui a Ă©tudiĂ© la naissance et l’Ă©volution des langues et de l’alphabet (et notamment les proto-langues auxquelles l’Atlante est sensĂ©e appartenir). Mais incroyablement original dans un film d’animation Disney, habituĂ© Ă nous servir des productions qui ne prennent mĂȘme pas la peine de traduire l’ensemble de ses plans dans les langues des tĂ©lĂ©spectateurs.
Tout a Ă©tĂ© travaillĂ© en consĂ©quence. Les animaux, les plantes, les fourchettes, lâarchitecture. Tout ce travail fait d’Atlantide une Ćuvre de la fantasy, tout en l’ancrant dans un contexte rĂ©aliste.
En effet, certains producteurs nâhĂ©sitent pas Ă payer des voyages Ă l’autre bout du monde Ă leurs dessinateurs, afin dâobtenir des esquisses rĂ©alistes. Une folie de lâArt dĂ©mentielle et enivrante, Ă la hauteur du vertige faramineux de lâinvestissement des studios. Disney, câest aussi ça. Un film d’animation est un projet gargantuesque que les Ă©quipes rĂ©alisent. Plus que de lâanimation, une production Disney est une performance crĂ©ative et artistique. Cela vaut particuliĂšrement pour Atlantide.
Ainsi, l’Ă©quipe technique d’Atlantide a visitĂ© des musĂ©es et d’anciennes installations militaires pour dessiner au mieux le dĂ©but du XXĂšme siĂšcle et retranscrire sa technologie.
Elle est aussi descendue dans la Carlsbad Caverns du parc national des grottes de Carlsbad au Nouveau-Mexique, Ă 240m sous terre. Et ce, pour s’inspirer des chemins souterrains, lesquels ont servi de modĂšle pour les grottes aux abords de la CitĂ© perdue[8]. Les bĂątiments, quant Ă eux, sont inspirĂ©s par l’architecture de l’Asie du Sud Est.
Cette cité multiculturelle est aussi une retranscription graphique presque parfaite des écrits platoniciens.
Atlantide, l’empire perdu, Ă l’image de l’architecture imaginĂ©e par Platon
Bien qu’Atlantide sâinspire d’autres Ćuvres, voire, les reproduise fidĂšlement sur le plan graphique, elle en reste indĂ©pendante. Parmi les inspirations, nous retrouvons le TimĂ©e et le Critias de Platon[9], et Voyage au centre de la Terre et Vingt mille lieux sous les mers de Jules Verne. Le sous-marin Ulysse a sans conteste Ă©tĂ© inspirĂ© par le Nautilius[10].
Le film se permet mĂȘme de citer le philosophe grec en guise d’introduction. Du jamais vu : Disney cite Platon.
Mais Disney ne fait pas que citer Platon. Il reprend aussi l’une de ses thĂ©matique les plus forte : l’Ăąge d’or dĂ©cadent et la CitĂ© IdĂ©ale qui est tombĂ©e sous le joug des rĂȘves dĂ©mesurĂ©s de son roi. Par orgueil, le pĂšre de Kida, roi de l’Atlantide, a transformĂ© le Crystal en une arme de guerre. Dans ses rĂȘves de grandeurs, il a voulu conquĂ©rir d’autres civilisations. C’est ce rĂȘve aveuglant qui a perdu Atlantide. Or, cette idĂ©e d’un monde sur le point de s’Ă©teindre Ă cause de la dĂ©mesure de son roi n’avait jamais Ă©tĂ© abordĂ©e dans un film d’animation.
Dans les rĂ©cits de Platon, les Atlantes tentent eux aussi de conquĂ©rir de force l’Europe et l’Asie. En grec ancien, il existe un terme pour dĂ©noter cette dĂ©mesure : l’hybris (áœÏÏÎčÏ). Elle est considĂ©rĂ©e comme une transgression violente, un crime. Elle est la cause des plus grandes tragĂ©dies.
Et les scĂ©naristes ne sont pas contentĂ©s de s’inspirer de la tragĂ©die de l’Atlantide, ils ont aussi fidĂšlement reproduit son architecture.

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D’aprĂšs le philosophe grec, l’architecture de l’Atlantide est une succession de cercles concentriques. La mĂ©tropole atlante a Ă©tĂ© Ă©rigĂ©e artificiellement au milieu de l’Atlantide proprement dite, elle se compose d’une Ăźle centrale dâun diamĂštre de 5 stades (ou 588 m). A l’intĂ©rieur de laquelle se trouve lâAcropole de la citĂ©, qui est son centre politique et religieux. On y trouve le palais royal et un temple dĂ©diĂ© Ă PosĂ©idon (Dieu de la Mer), ornĂ© dâivoire, dâor, dâargent et dâorichalque. Tout autour, une clĂŽture d’or a Ă©tĂ© Ă©rigĂ©e. L’agropole est isolĂ©e par un fossĂ© circulaire rempli dâeau, mesurant 1 stade (un peu plus de 117 m).
Puis, une bande de terre large de 2 stades (ou 235 m) sur laquelle se trouve des habitations. Et de nouveau, un troisiĂšme fossĂ© circulaire rempli d’eau, de largeur Ă©gale au prĂ©cĂ©dent. Ensuite, lui succĂšde une autre bande de terre, large de 3 stades (352 m), qui est encerclĂ©e Ă son tour dâun dernier fossĂ© rempli dâeau, de 3 stades Ă©galement. Sur cette derniĂšre, se dresse un dernier rempart. Puis, aussi loin que peut se porter le regard, Platon nous indique des pleines, des prairies gorgĂ©es de fleurs, des sources abondantes d’eau froide et chaude, des mines de pierres prĂ©cieuses. Une citĂ©e idĂ©ale et rayonnante.
Dans le film d’animation, le dispositif architectural comprend bien cinq cercles. Deux anneaux de terre et trois anneaux de mer et deux remparts, rĂ©putĂ©s infranchissables. C’est aussi un mĂ©lange des types maya, cambodgienne, indienne et tibĂ©taine. L’idĂ©e Ă©tait que la CitĂ© prenne vie, et devienne un personnage Ă part entiĂšre, tout comme le Crystal. Comme le disait Platon :
ÏÏ ÏΔ Όᜎ ÏλαÏΞÎΜÏα ÎŒáżŠÎžÎżÎœ áŒÎ»Î»áŸœ áŒÎ»Î·ÎžÎčΜ᜞Μ λÏÎłÎżÎœ ΔጶΜαÎč ÏÎŹÎŒÎŒÎ”ÎłÎŹ ÏÎżÏ .
Luc Brisson (dir.), Michel Narcy et Platon (trad. du grec ancien par Michel Narcy), ThéétĂšte : Platon, Ćuvres complĂštes, TimĂ©e, 26e, Paris, Ăditions Flammarion, 2008 (1re Ă©d. 2006)
« Que ce ne soit pas une fiction fabriquée, mais une histoire véritable, voilà qui est essentiel »
Si l’architecture a Ă©tĂ© aussi soignĂ©e, c’est parce qu’elle Ă©tait ambitieuse, Ă l’image des Studios Disney qui tentaient d’expanser leur empire. Il ne faudrait pas oublier qu’un film d’animation est une production artistique, mais aussi, une production industrielle. Il doit donc engranger beaucoup d’argent et participer Ă bĂątir une image de marque.
Atlantide, c’est avant tout l’histoire de deux rĂ©alisateurs qui ont hissĂ© les studios au plus haut niveau
Replaçons le contexte dans lequel Atlantide est arrivĂ© et pour cela, retraçons briĂšvement l’histoire de Disney. NĂ© en 1923 et reconnu internationalement en 1937 avec le film Blanche-Neige et les sept nains, la compagnie Disney a prospĂ©rĂ© sur le marchĂ©. Elle est rapidement devenue un leader. MalgrĂ© la seconde guerre mondiale qui ralentit l’activitĂ© des studios (ces derniers ayant Ă©tĂ© transformĂ©s en entrepĂŽts militaires), Disney se relĂšve[11]. La compagnie change plusieurs fois de noms, avalant ses concurrents les uns aprĂšs les autres pour se maintenir Ă©conomiquement et s’expanser.
Les succĂšs s’enchaĂźnent jusque dans les annĂ©e 80, oĂč la franchise perd des sommes colossales, suite Ă une mauvaise presse pour quelques films parmi lesquels La foire des TĂ©nĂšbres(1981) et Tron (1982). Pour se diversifier, la franchise investit et rachĂšte de nouvelles compagnies, et bĂątit Disneyland Resort Paris[12].
CÎté animation, elle renaßtra grùce à La Petite SirÚne, sortie en 1987, qui va instaurer un canon de genre. Economiquement viable et pérenne.
Les annĂ©es 90, considĂ©rĂ©es comme un Ăąge d’or, ont vu naĂźtre une dĂ©ferlante de productions calquĂ©es les unes sur les autres, Ă quelques exceptions prĂšs, dont LâĂ©trange NoĂ«l de Mister Jack. Cette pĂ©riode a aussi marquĂ© un tournant dans l’histoire des Studios. En effet, pour la premiĂšre fois dans lâhistoire du cinĂ©ma, ils ont Ă©tĂ© rĂ©compensĂ©s au mĂȘme titre que les autres films, alors qu’ils Ă©taient boudĂ©s par les toutes les cĂ©rĂ©monies prestigieuses. Cette rĂ©compense, Disney la doit Ă La Belle et la BĂȘte (1991), nommĂ© aux Golden globe en 1992 dans la catĂ©gorie meilleur film, et primĂ© pour sa musique. Les rĂ©alisateurs de ce film nommĂ© et rĂ©compensĂ©, ce sont Kirk Wise et Gary Trousdale, les papas d’Atlantide.
Les rĂ©alisateurs d’Atlantide : primĂ©s et rĂ©compensĂ©s pour La Belle et la BĂȘte
Pourtant, si un film n’Ă©tait pas destinĂ© Ă recevoir une telle rĂ©compense, c’est bien celui-lĂ ! Comme ils l’expliquent dans les commentaires de La Belle et la BĂȘte, le film d’animation est truffĂ© d’erreurs et d’incohĂ©rences. De la tapisserie dans la taverne qui se dĂ©place de plans en plans jusqu’Ă disparaĂźtre sur l’un d’eux -les rĂ©alisateurs la qualifient de « vivante »-, Ă la scĂšne finale oĂč la BĂȘte n’avait toujours pas de prĂ©nom, le film a en fait Ă©tĂ© complĂštement rĂ©alisĂ© Ă l’arrachĂ©e « avec la crĂšme de la crĂšme » en termes de dessinateurs, animateurs, musiciens et techniciens comme le rappellent les deux rĂ©alisateurs[5].
En effet, Comme Kirk Wise et Gary Trousdale ont repris la rĂ©alisation en cours de projet, ils ont fait ce qu’ils ont pu avec ce qu’ils n’avaient plus : du temps et de l’argent. Disney accorde trois annĂ©es complĂštes Ă ses employĂ©s pour rĂ©aliser un film d’animation. Un an avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© consommĂ©.
MalgrĂ© tout, le rĂ©sultat fut unanimement saluĂ© par la critique et connu un succĂšs commercial considĂ©rable. Ayant Ă©tĂ© rĂ©compensĂ© par l’ultime privilĂšge d’ĂȘtre nommĂ© dans la catĂ©gorie meilleur film, les deux rĂ©alisateurs se sont attelĂ©s Ă plusieurs projets. D’abord au bossu de Notre-Dame (en 1996), qui fut un succĂšs. Puis, Atlantide, qui vit le jour en 2001. Atlantide serait Ă sa façon une rĂ©volution, mais ne connaĂźtrait qu’un succĂšs mitigĂ©. Avec un budget de 100 millions de dollars (un des plus cher de son Ă©poque), il n’en a rapportĂ© que 86 millions aux Etats-Unis et 186 millions Ă travers le monde. Par comparaison, la Belle et la BĂȘte avait rapportĂ© 425 millions pour un budget de 25 millions[13].
Atlantide nâest pas sorti au bon moment, il nâa donc pas Ă©tĂ© apprĂ©ciĂ© Ă sa juste valeur
Au dĂ©tour des annĂ©es 2000, la concurrence fut plus rude. La bonne vieille recette ne fonctionnait plus, il fallait innover. Les premiers films dâanimation des studios Pixar tirĂšrent brillamment leur Ă©pingle du jeu. Quant Ă Dreamworks, une fois la bombe Shrek lancĂ©e, ils atteignirent un paroxysme que Disney nâaurait jamais espĂ©rĂ©. Et ce, malgrĂ© l’usage d’une campagne marketing de haut vol, puisqu’il s’agissait de la premiĂšre campagne de marketing digital de la firme[12].
Le 22 avril 2001, cette figure, aujourdâhui mythique, pointait ses oreilles vertes sur les Ă©crans. Sept semaines aprĂšs la sortie d’Atlantide. Un choc. Non seulement, Shrek se moquait ouvertement des concurrents en parodiant des scĂšnes iconiques des Disney (mais, si, souvenez-vous, Fiona fait exploser un oiseau en chantant et rĂ©cupĂšre les Ćufs pour prĂ©parer un petit dĂ©jeuner Ă son amoureux), mais aussi des valeurs qui y Ă©taient attachĂ©es.
Enfin, Shrek Ă©tait une rĂ©volution scĂ©naristique. Le rĂ©cit utilise les mĂȘmes codes que la Belle et la BĂȘte, en les renversant.
Son style est marquĂ© par un humour cynique et grinçant, aussi bon pour les petits que pour les grands. EncensĂ© par la critique, lâarrivĂ©e de ce nouveau type de production pour enfants et grands enfants a rĂ©novĂ© le genre. Atlantide a malheureusement dĂ©barquĂ© alors que le phĂ©nomĂšne Shrek nâĂ©tait pas encore passĂ© de mode, un peu comme si les Beatles avaient sorti un nouvel opus original, juste avant lâĂ©norme succĂšs dâAC/DC. RĂ©sultat : Atlantide a obtenu des notes et des commentaires bien mĂ©diocres par rapport Ă lâoriginalitĂ© de son sujet et de sa production artistique.
Un projet de sĂ©rie animĂ©e s’inspirant du film aurait dĂ» voir le jour, mais face Ă la dĂ©convenue critique et commerciale, elle ne vit jamais le jour. Les quelques Ă©pisodes pilotes furent compressĂ©s sous forme d’un deuxiĂšme film d’une qualitĂ© excessivement mĂ©diocre : Les Ă©nigmes de l’Atlantide, sorti directement en DVD en 2003.
Conclusion :
Pour toutes ces raisons, Atlantide a Ă©tĂ© jugĂ© « trop adulte » pour plaire Ă des enfants Ă sa sortie. Comme si les jeunes enfants Ă©taient incapables de sâamuser devant un film Ă©laborĂ©, rĂ©flĂ©chi, et qui met en scĂšne une morale Ă©cologique et humaniste, prĂŽnant le pluralisme culturel et lâimportance du langage. « Trop adulte » aurait aussi pu convenir Ă Shrek, finalement. Atlantide demeure probablement, Ă l’effigie de son titre, une CitĂ© perdue, ambitieuse, mais sous-estimĂ©e, qui attend que son Crystal soit dĂ©finitivement rallumĂ©.

Rédigé par Tsilla Aumigny
Rédactrice en Chef, ex-Enseignante en Lettres Classiques certifiée, Autrice de roman, Scoute toujours, Jedi à ses heures perdues, Gryffondor.

Relu par Evan Garnier
Rédacteur, Relecteur SEO, Administrateur du groupe facebook « La Galaxie de la Pop culture », écrivain amateur de biÚres, comicsophile, regarde des vidéos youTube sur des sujets que lui seul comprend
Sources :
[1] Peter Henn, « Finding Atlantis », Film Journal International, 1er juin 2001
[2] L’Histoire : le voyage commence de « Atlantide, l’empire perdu », disponible sur le second DVD de l’Ă©dition collector du film.
[3]ScĂ©nario et Mise en ScĂšne : Trouver l’histoire de « Atlantide, l’empire perdu », disponible sur le second DVD de l’Ă©dition collector du film
[4]Animation Production: The Voices of Atlantis de « Atlantide, l’empire perdu », disponible sur le second DVD de l’Ă©dition collector anglophone du film.
[5] Gary Trousdale, Kirk Wise, Don Hahn, Alan Menken, commentaires audio disponible sur le premier DVD de l’Ă©dition collector du film La Belle et la BĂȘte, 2002
[6] Direction artistique : La crĂ©ation d’Atlantide de « Atlantide, l’empire perdu », disponible sur le second DVD de l’Ă©dition collector du film
[7] Jeff Kurtti, Atlantis: The Lost Empire – The Illustrated Script, p. 55
[8] L’Histoire : CrĂ©er la mythologie de « Atlantide, l’empire perdu », disponible sur le second DVD de l’Ă©dition collector du film.
[9] Luc Brisson (dir.), Michel Narcy et Platon (trad. du grec ancien par Michel Narcy), ThéétĂšte : Platon, Ćuvres complĂštes, Paris, Ăditions Flammarion, 2008 (1re Ă©d. 2006), 2204 p.
[10] L’Histoire : CrĂ©er la mythologie de « Atlantide, l’empire perdu », disponible sur le second DVD de l’Ă©dition collector du film.
[11] Franklin Thomas, Ollie Johnston, Walt Disney’s Bambi, p. 186
[12] Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, 564p.
[13] Jerry Beck, The animated movie guide, p. 26

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De Nombreux de sites dĂ©montrent que ce film est un plagiat de Nadia et le secret de l’eau autant par ses personnages que par son histoire.
Donc normal que ce film ne ressemble pas a un Disney.
http://www.thesecretofbluewater.com/atlantis-fr.htm
Don Hahn est aussi le producteur du Roi Lion comme par hasard.
Bonjour,
Merci pour cet avis Ă©clairĂ©. J’irais regarder le manga mentionnĂ© et modifierais l’article au besoin ! TrĂšs intĂ©ressant !! Ă trĂšs vite đ
Atlantide est l’un de mes Disney prĂ©fĂ©rĂ© (avec Kuzco et, paradoxalement… La Belle et la BĂȘte…)
Merci de lui rendre justice !
đ ce sont aussi mes disneys prĂ©fĂ©rĂ©s ! Merci