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[INTERVIEW] Rutile et Edouard Tréfert, artistes du collectif Les Dumariolles, nous donnent leur avis sur Les Trois Mousquetaires - Milady ! : La Revue de la Toile
Adaptations littéraires

[INTERVIEW] Rutile et Edouard TrĂ©fert, artistes du collectif Les Dumariolles, nous donnent leur avis sur Les Trois Mousquetaires – Milady !

Umeboshi

Les Dumariolles est un collectif d’artistes passionnĂ©s qui dessinent des fan-arts sur les romans de Dumas: Les Trois Mousquetaires, Vingt Ans Après, La Reine Margot, ou encore Le Comte de Monte-Cristo.

Maëva Poupard, alias Rutile, est scénariste de la bande dessinée Colossale et membre fondatrice des Dumariolles.

Edouard TrĂ©fert est l’un des principaux illustrateurs du collectif. Il a rĂ©alisĂ© plusieurs fanzines sur Les Trois Mousquetaires.

Les nouveaux films de Martin Bourboulon sur Les Trois Mousquetaires ont ouvert un dĂ©bat et un vaste champ de rĂ©flexion sur la manière d’adapter ce roman ! Les Dumariolles nous partagent ici leur avis sur le dernier film Les Trois Mousquetaires – Milady et sur les adaptations des Trois Mousquetaires en gĂ©nĂ©ral. Et nous racontent leur propre vision d’une bonne adaptation…

Rutile :

J’ai une licence de Lettres Modernes à la Sorbonne et j’opère surtout dans les milieux littéraires. Après avoir sorti mon premier livre, Histoire à décrocher la Lune, aux éditions Anne Carrière à l’âge de 16 ans, je me suis tournée vers une carrière dans la bande dessinée en tant que scénariste, avec une quinzaine d’ouvrages à mon nom. Et récemment je suis devenue éditrice aux éditions Dargaud.

Edouard :

J’ai fait cinq ans d’études dans le Cinéma d’animation. Et je fais en ce moment de l’illustration, du fanzine et un peu d’écriture.

Rutile :

Ce Milady est vraiment très mĂ©diocre. Les Trois Mousquetaires ont eu beaucoup de navets en adaptations, mais rarement d’aussi chers, et rarement d’aussi arrogants par rapport au matĂ©riau d’origine. Ce n’est pas la pire, mais c’est clairement la plus grosse dĂ©ception alors qu’il y avait une vraie fenĂŞtre d’opportunitĂ© pour proposer un truc moins mĂ©diocre.

Le premier film aussi m’a saoulée dans sa volonté de faire des Mousquetaires des flics et de recentrer la trame sur l’action et les enjeux politiques plutôt que sur la caractérisation des personnages et leurs dynamiques.

Edouard :

Je n’ai pas tellement aimĂ© le premier film. D’un point de vue cinĂ©matographique, il est très brouillon. Le parti pris du filtre jaune marron ruine vraiment toute la photographie. Et on ne discerne tout simplement pas les personnages les uns des autres… Quant aux scènes de combats plans-sĂ©quences, ils me paraissent juste ĂŞtre un gimmick pour faire « cinĂ©ma Â». Mais quelle utilitĂ© cela a quand on n’arrive pas Ă  suivre l’action ?

Je déteste particulièrement le parti pris des films historiques (surtout de ces dix dernières années) qui montrent les périodes pré-deuxième guerres mondiale comme sombres, avec des couleurs jaunâtres/marrons noirs de partout, dans les décors comme dans les costumes.

On est dans la France catholique du XVIIe siècle, chez la petite noblesse et dans les sommets de l’État en plein mouvement baroque. On est censĂ©s voir des couleurs, de l’or, et des ornements de partout. Surtout dans un film qui veut parler du conflit catholique/protestant de l’époque ! Certes, Paris Ă©tait une ville avec des conditions d’hygiène Ă©pouvantables Ă  l’époque, mais il ne me semble pas que c’était le cas aussi chez la garde d’élite du roi de France ou au Louvre…

Rutile :

Je pense que pour être féministe, il aurait fallu que Dumas l’écrive avec des intentions féministes, ce dont je ne suis pas tout à fait sûre. Par contre ce qui est sûr c’est qu’il a eu la volonté d’écrire un excellent personnage féminin, fort et marquant. Et en cela il a réussi, et nous nourrit nous aujourd’hui en tant que féministes. Milady est une femme de tête, plusieurs chapitres dans le livre sont dédiés à un tour de force qu’elle accomplit avec sa seule intelligence. Et Dumas, chose rare pour un homme écrivain, décrit avec précision cette intelligence en action.

Dans la plupart des adaptations filmiques, Milady est présentée comme cette séductrice blasée et vénéneuse, très vamp d’après-guerre. Alors que Dumas l’écrit comme une sorte d’ange blond très jeune qui cache une jeune femme froide, déterminée et dotée d’un esprit brillant. Ce qui est à mon sens un personnage beaucoup plus fort et choquant que la vieille vamp. Il faudrait montrer ce que Dumas a réellement écrit, tout est dans le bouquin. C’est le sexisme moderne qui excise ce personnage à ce point.

Edouard :

Pour moi, le « fĂ©minisme Â» de Milady dans le livre ne vient certainement pas de l’aspect « femme fatale Â» qui est souvent la seule caractĂ©ristique qu’on lui donne dans les films. C’est la sous-estimer que de la rĂ©duire Ă  une vamp qui sĂ©duit les hommes pour parvenir Ă  ses fins. C’est avant tout une femme intelligente, qui utilise sa capacitĂ© d’adaptation et son manque de scrupules pour survivre. Pour moi, Milady est un produit de son environnement misogyne. (Elle tient elle-mĂŞme par moments des propos misogynes.)

Et on l’admire parce qu’elle a un esprit extrêmement vif et comprend comment manipuler les gens autour d’elle. Pas juste les hommes, mais aussi les femmes comme Constance à la fin du livre. Et elle atteint ses objectifs malgré les situations extrêmement précaires où elle se trouve. Vers la fin du livre, elle parvient non seulement à s’échapper d’Angleterre des griffes de son beau-frère le lord De Winter, mais aussi à faire assassiner par proxi le duc de Buckingham. Sans même être impliquée personnellement ! Sa fin tragique n’arrive que parce que les mousquetaires ont eu la chance de trouver par hasard la ville où elle est réfugiée. Sans cela, elle aurait gagné la partie.

Dessin de Milady, jeune et blonde, avec une robe verte, en train d'examiner un poignard. Sa servante Ketty, petite, les cheveux courts et la tête ronde, marche derrière elle d'un air docile.
© Edouard Tréfert. Tous droits réservés. Description : Milady et sa servante Ketty.
Edouard :

Cela a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© fait en 2004, avec le tĂ©lĂ©film Milady rĂ©alisĂ© par JosĂ©e Dayan, qui a un cĂ´tĂ© nanard très savoureux avec Milady jouĂ©e par Ariel Dombasle et D’Artagnan jouĂ© par Florent Pagny… Il faut aussi mentionner l’excellente BD Milady d’Agnès MauprĂ©, qui redore enfin l’image de ce personnage en lui redonnant toute sa complexitĂ© originale. Je pense qu’il est impossible (et aussi inintĂ©ressant honnĂŞtement) de faire une adaptation fidèle Ă  100 % de ce livre.

Il est très dense, et par essence, un travail d’adaptation demande de faire des changements lors de la transcription de l’écrit au format cinématographique. Mais là où se porte l’attention du/de la réalisateur·ice et ce qu’iel choisit de montrer et de mettre en scène. Ça, ça m’intéresse beaucoup. Peu m’importe que cela soit calqué sur le livre ou pas, tant que c’est une proposition artistique et narrative intéressante. Et cela s’applique aussi sur le personnage de Milady.

Rutile :

Constance est toujours présentée, à l’inverse de Milady, comme la jeune et fraîche jeune première, totalement insipide, et qui sert de simple relais entre d’Artagnan et la reine. C’est oublier que Dumas l’a écrite comme une bourgeoise mariée piquante, moqueuse, débrouillarde, bien plus vieille que d’Artagnan (il en a 18, elle en a 25 au bas mot au début du roman). Et elle n’a pas le time pour ce gamin qui la suit partout, elle a des choses à faire.

Constance est aussi la seule à être sincère dans sa volonté d’aider la reine. Et, dans un roman qui parle de la mort de la chevalerie, Dumas lui écrit une scène de véritable serment prêté de roman courtois où elle jure à la reine de France qu’elle va l’aider. Constance est le seul vrai chevalier dans ce roman où les chevaliers sont tous des escrocs sans honneur.

Sur ce dessin, Constance, plus grande en taille que la reine, porte une armure et est accompagnée d'anges, comme sur les illustrations traditionnelles de Jeanne d'Arc. La reine semble suppliante, elle la regarde d'un air qui signifie "Vous êtes mon seul espoir !"
© Edouard TrĂ©fert. Tous droits rĂ©servĂ©s. Description : Constance, symboliquement habillĂ©e en chevalier, qui fait un serment Ă  Anne d’Autriche.
Edouard :

Les femmes dans le roman ont des vies derrière le décor extrêmement riches. Je pense par exemple à Marie de Rohan, duchesse de Chevreuse, qui est mentionnée par moment dans le premier livre mais présente seulement à partir de Vingt Ans Après (parce qu’elle était en exil à ce moment). Elle mériterait une série entière tellement sa vie a été riche et mouvementée, entre le gouvernement de Louis XIII, son rôle dans la Fronde pendant la Régence, ses multiples exils et maris, et le début du gouvernement de Louis XIV.

Constance aussi, si elle est tout Ă  fait un personnage de fiction, a une vie bien remplie Ă  cĂ´tĂ© de ses relations avec d’Artagnan ; bourgeoise de Paris, lingère de la reine mais aussi espionne et confidente… Toutes ces femmes ont des personnalitĂ©s diffĂ©rentes, des vĂ©cus diffĂ©rents et leurs relations et interactions serviraient seules Ă  raconter des histoires passionnantes.

Rutile :

La plupart des adaptations essayent de coller à la trame du livre en sacrifiant ce qui en fait le sel, ce qui est une erreur. Même Dumas ne s’intéresse pas à ce point à sa propre trame. Ce qu’il aime, lui, c’est l’humour, le drame, la tragédie ; les relations entre les personnages et faire évoluer lesdits personnages dans des situations qui font ressortir leur personnalité. Si une adaptation pouvait respecter tout ça, j’en serais ravie.

De mon cĂ´tĂ©, si je devais faire une adaptation des Trois Mousquetaires, je ne la ferais pas. Je commencerais par Vingt Ans Après, qui est la meilleure suite jamais Ă©crite et injustement sous-cotĂ©e. Et je raconterais la trame des Trois Mousquetaires, qu’on connaĂ®t dĂ©jĂ  assez comme ça, en flash-backs. 

Edouard :

Pour moi, les adaptations que j’ai vues ne sont que des adaptations d’adaptations. Lorsqu’on apprend Ă  bien connaĂ®tre le livre, ça devient visible quand les rĂ©alisateur.ice.s n’ont pas lu le livre original. Cela ne me dĂ©rangerait pas si les personnages ne perdaient pas toute leur saveur et que ce n’était pas toujours la mĂŞme portion du livre qui Ă©tait adaptĂ©e…

Le focus des adaptations reste aussi sur le mĂŞme axe : l’intrigue et l’action. Cependant, ce sont des Ă©lĂ©ments qui sont au second plan dans Les Trois Mousquetaires, et le vrai sel du livre, ce sont ses personnages et leurs relations interpersonnelles. Ce sont des passages parfois très drĂ´les (la fameuse scène d’Aramis et de ses dĂ©bats thĂ©ologiques incomprĂ©hensibles) et parfois très tragiques (le rĂ©cit d’Athos et du meurtre de sa femme).

Si je devais faire une adaptation, j’aimerais travailler soit sur une histoire originale, soit sur la séquelle Vingt Ans Après. Une histoire originale permettrait de jouer avec les personnages et leur écriture, alors que Vingt Ans Après est un véritable chantier d’adaptation attendant d’être commencé. Les deux possibilités présentent des défis différents mais tout deux très intéressants.

Edouard :

Puisque vous parliez du Sphinx Rouge, je l’ai rĂ©cemment lu et j’ai fait quelques croquis d’Etienne Latil et de Marie de Chevreuse dĂ©guisĂ©e en page :

Trois dessins en noir et blanc : deux de Latil avec une cape, puis en costume. Et un de Mme de Chevreuse, de trois quart dos, qui lance au spectateur un regard espiègle.
© Edouard Tréfert. Tous droits réservés. Description : Etienne Latil, puis Mme de Chevreuse en page.

Il m’est très important que les costumes soient les plus colorés possibles dans mon travail. Quand on regarde les costumes d’époques, ils sont jaunes, bleus, rouges, ornementés et brodés de dentelle, avec des rubans roses, verts… Le vert était moins présent à cette époque certes, mais je ne recherche pas une fidélité historique stricte dans mon travail. Je cherche à être fidèle à un état d’esprit, à une mentalité d’époque plutôt.

Les personnages plus âgĂ©s auront des costumes qui seront un peu plus vieux, parfois passĂ©s de modes. Alors que j’autorise les personnages les plus riches et/ou les plus « fashionable Â» Ă  porter des coupes qui sont parfois dix ou vingt ans d’avance sur leur temps. Les couleurs, les coupes et les silhouettes reprĂ©sentent aussi des affiliations politiques, des nationalitĂ©s, des religions, une classe sociale, ou juste parfois des liens et des parallèles plus subtils entre les personnages.

Edouard :

Pour mes décors, je m’inspire beaucoup des gravures d’Abraham Bosse, un des plus grands graveurs du XVIIe. Il dessinait des portraits des grands personnages de son temps, mais aussi des scènes morales, des allégories, des gens du peuple…

Avec beaucoup de meubles et de dĂ©tails d’intĂ©rieurs. Je m’inspire aussi de la peinture Troubadour du XIXe siècle, qui illustre des scènes du Moyen-âge et des Temps Modernes dans un mĂ©lange de regain d’intĂ©rĂŞt pour l’Histoire, de la naissance du style nĂ©o-gothique et Ă  une nostalgie pour la monarchie pendant des dĂ©cennies passĂ©s dans une grande instabilitĂ© politique. Est ce que Les Trois Mousquetaires eux-mĂŞmes sont nĂ©s de ce mĂ©lange aussi ?

Les photos et peintures de Paris avant les travaux Haussmanniens sont aussi des ressources très précieuses pour tenter de reconstruire l’ambiance d’un Paris au XVIIe siècle.

Rutile :

Les amis de Dumas le surnommaient “Porthos”. Dumas lui-même a été inconsolable quand il a “tué” Porthos dans le feuilleton… La BBC l’a fait en premier mais une fois qu’ils ont ouvert les vannes, il nous a été impossible de voir Porthos autrement que de la carnation de celui qui l’a créé. Ça semble l’évidence même.

Edouard :

C’est un hommage non-seulement Ă  Alexandre Dumas, mais aussi Ă  son père, Thomas Alexandre Dumas. Il meurt alors qu’Alexandre Dumas est très jeune. Et si je me souviens bien, il aurait inspirĂ© des composantes du personnage de Porthos, dans sa très grande stature notamment. Je n’irais pas jusqu’à dire que Dumas aurait aussi projetĂ© la dĂ©chĂ©ance de son père sur le personnage de Porthos, le seul mousquetaire du quatuor Ă  ne pas avoir de titre de noblesse. Mais il y a lĂ  un parallèle qui me touche beaucoup. Ça me semblait donc une Ă©vidence de dessiner Porthos noir.

Rutile :

Dumas n’était pas un perdreau de l’annĂ©e qui n’a jamais Ă©tĂ© exposĂ© Ă  l’homosexualitĂ©. En homme de théâtre, ami de George Sand et autres Ă©crivains et poètes romantiques qui en avaient parfaitement conscience ou avaient une vie sexuelle riche et fluide eux-mĂŞmes, il aurait fallu ĂŞtre aveugle. Ou encore comme Dumas Ă©tait un grand fan d’Homère et de mythologie grecque, quand il associe des hĂ©ros mythologiques homosexuels ou bisexuels Ă  ses personnages, mĂŞme Ă  l’époque un public averti pouvait repĂ©rer les rĂ©fĂ©rences.

Les problématiques LGBT sont certes plus cachées et codées au XIXème siècle, mais ça ne veut pas dire que les homosexuels ont été inventés dans les années 80 et que personne ne savait que ça existait avant, au contraire ! Il serait même anhistorique de ne pas *du tout* en tenir compte!

Edouard :

Au XIXe siècle, les artistes, les Ă©crivains et les danseurs forment un cercle social avec beaucoup d’échanges et d’interactions : il y avait beaucoup de personnes LGBT+ dans ces milieux. Il est certain que Dumas ait cĂ´toyĂ© des hommes gays, des femmes lesbiennes, des personnes bisexuelles et des personnes trans. Bien sĂ»r, ces personnes ne se qualifiaient probablement pas par ces termes, mais iels Ă©taient une dĂ©viance de la norme hĂ©tĂ©ronormative qui Ă©tait imposĂ©e. Evidemment, on ne parle pas de ces « dĂ©tails Â».

Il me semble important de montrer des personnes LGBT dans des périodes antérieures au XXe siècle. Encore aujourd’hui, l’idée qu’être LGBT est une invention du XXe est plus répandue que l’on ne pense. Il m’est aussi important de pouvoir de réapproprier des classiques et de les désacraliser.

Aussi, certains pourraient avancer l’idée que les relations et les manières dont les hommes et les femmes interagissaient entre elle.eux autrefois étaient différentes et peuvent avoir des sous-entendus que l’on entend à notre époque qui n’étaient absolument pas voulus.

Mais lorsqu’on parle d’œuvres fictionnelles, qu’est-ce qui m’empĂŞche de rĂ©flĂ©chir Ă  cela ? Qu’est-ce qui m’empĂŞche de voir un sous-entendu romantique dans Athos qui montre son jardin Ă  D’Artagnan en lui tenant la main ? Au contraire, c’est un tout nouveau champ de nouvelles histoires et de possibilitĂ©s qui s’ouvre. C’est l’intĂ©rĂŞt de la fiction transformative. Et le plus important, c’est de s’amuser et de prendre du plaisir Ă  crĂ©er ces scĂ©narios alternatifs et Ă  Ă©changer dessus.

Rutile :

Mes préférées sont La Fille de d’Artagnan de Bertrand Tavernier, qui a bien su rendre toute la truculence des personnages et l’esprit de Dumas sans s’assujettir servilement à la trame des bouquins. Et The Musketeers l’adaptation des années 2010 de la BBC. Parce qu’ils ont compris que Dumas avait écrit des personnages masculins qui sont des canons de beauté et qu’ils nous ont casté les plus beaux gosses qu’ils aient pu trouver, merci pour ça (et le Athos de Tom Burke est le meilleur Athos toutes adaptations confondues) !

Edouard :

Comme je l’ai dit précédemment, j’ai beaucoup d’affection pour Milady de Josée Dayan. J’aime beaucoup ce côté nanard, qui ne se prend pas toujours au sérieux mais qui sait l’être, à la limite du dramatique quand il le faut. J’adore cette ambiance de vieux film français très costumé, avec peu de budget mais beaucoup de passion. J’ai également adoré les BD Milady d’Agnès Maupré et Le Journal D’un Cadet de Nicolas Juncker, que j’ai mentionné plus haut. Ce dernier met vraiment en valeur les jeux de hiérarchie sociale et d’emprise dans le groupe des mousquetaires.

Rutile :

Plus le temps passe, plus d’Artagnan est mon préféré, surtout dans Vingt Ans Après. Mais je garde aussi une grande affection pour l’homme profondément imparfait qu’est Athos.

Edouard :

J’adore tout particulièrement les personnages de Constance et de Porthos. J’ai un faible pour les personnages secondaires moins développés que les protagonistes, et ces deux-là en particulier ont énormément de potentiel.

J’adore Constance, pour sa détermination et la confiance inébranlable qu’elle donne aux personnes qu’elle choisit. Elle refuse de se laisser enfermer dans son rôle d’épouse et de simple travailleuse et est une actrice active dans l’intrigue. Sans pour autant être une caricature de girlboss.

Porthos me touche pour la confiance inconditionnelle qu’il accorde à ses amis dans un univers remplis de traîtres et d’intrigues. Ça n’en fait pas pour autant un personnage caricatural, et il peux aussi se montrer franchement odieux par moments. Mais c’est cette dualité qui me fait l’apprécier autant.

Rutile :

Rien n’est sacré et surtout pas la littérature, il ne faut pas avoir peur de la prendre à bras-le-corps et se l’approprier. Tendez la main à travers les siècles pour découvrir que les monstres sacrés d’antan sont des gens exactement comme nous et tâchez de les comprendre comme vous-mêmes.

Edouard :

Il ne faut pas avoir peur des « classiques Â». S’il sont justement classiques, c’est qu’il ont rĂ©ussi Ă  toucher Ă©normĂ©ment de personnes. Et qu’ils continuent Ă  faire rire, Ă  faire pleurer et Ă  passionner.

Dumariolles :

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Rutile : @sparklerutile sur Instagram

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Edouard : @edoutft sur Instagram et Tumblr

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Umeboshi : prune japonaise séchée et amer

Rédigé par Umeboshi

RĂ©dactrice, Relectrice SEO, Community Manager, enfant prodige, passionnĂ©e d’univers gothiques, mangaphile, parle le japonais couramment, a rĂ©digĂ© 80 pages d’analyses sur JoJo’s Bizarre Adventure.

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Référence bibliographique

Umeboshi. (2024). [INTERVIEW] Rutile et Edouard TrĂ©fert, artistes du collectif Les Dumariolles, nous donnent leur avis sur Les Trois Mousquetaires – Milady !. La Revue de la Toile. https://revuedelatoile.fr/interview-dumariolles-avec-rutile-et-edouard-trefert/

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