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[ANALYSE] Comment bâtir une légende ? Les classiques du Shônen Jump (Ken, JoJo, Les Chevaliers du Zodiaque) ! : La Revue de la Toile
Analyse de la pop culture

[ANALYSE] Comment bâtir une légende ? Les classiques du Shônen Jump (Ken, JoJo, Les Chevaliers du Zodiaque) !

Umeboshi

Vous vous êtes déjà demandé comment une saga culte était devenue culte ? Et pour quelles raisons ? On vous dit tout dans cette deuxième partie de notre article qui compare Ken, JoJo et Les Chevaliers du Zodiaque ! Alors, lequel sera le meilleur ?

Dans notre prĂ©cĂ©dent article, on a Ă©tudiĂ© les premiers chapitres de trois mangas incontournables du ShĂ´nen Jump dans les annĂ©es 80. Afin de comprendre comment chaque auteur a posĂ© les bases d’un scĂ©nario qui allait devenir une lĂ©gende… Dans ce nouvel article, on poursuit donc l’analyse en s’intĂ©ressant cette fois Ă  la crĂ©ation du personnage du hĂ©ros, et au dĂ©veloppement de l’univers autour, avec en particulier les techniques de combat.

Hokuto no Ken, JoJo, Saint Seiya, : Lequel est le meilleur manga? Le grand tournoi du Shônen Jump le déterminera !

A la fin de l’article prĂ©cĂ©dent, Hokuto no Ken partait avec deux points d’avance, JoJo’s Bizarre Adventure arrivait deuxième avec un point, et Saint Seiya n’avait encore remportĂ© aucune Ă©preuve ! Mais, les amateurs de manga shĂ´nen le savent : dans un combat, rien n’est jamais jouĂ© d’avance…

Les premières apparitions des héros dans les trois mangas.
Sources : HOKUTO NO KEN ©1983 by BURONSON AND TETSUO HARA/SHUEISHA Inc. SAINT SEIYA © 1986 by Masami Kurumada / SHUEISHA Inc. JOJO’S BIZARRE ADVENTURE © 1986 by Hirohiko Araki / SHUEISHA Inc. Tous droits rĂ©servĂ©s. Description : Première apparition du hĂ©ros dans chaque manga. De gauche Ă  droite : Hokuto no Ken ; Saint Seiya ; JoJo’s Bizarre Adventure. J’ai dĂ» entourer Jonathan en rouge pour qu’on le voie mieux…

…Commençons par prĂ©ciser que JoJo’s Bizarre Adventure est sans doute le pire exemple pour cette rubrique, car c’est une sĂ©rie oĂą l’on change rĂ©gulièrement de hĂ©ros ! Jonathan n’est donc pas un investissement durable, contrairement Ă  Seiya ou KenshirĂ´. Et ça n’aurait donc servi Ă  rien de centrer le chapitre sur lui, le but Ă©tant au contraire que les lecteurs ne s’y attachent pas trop et acceptent facilement par la suite le changement de hĂ©ros.

Le personnage qui dure, en revanche, c’est Dio. C’est donc lui que l’auteur cherche absolument Ă  introduire. Ce qui explique que ce premier chapitre soit plutĂ´t centrĂ© sur lui. Dans ses interviews, Araki explique qu’il avait d’abord eu l’idĂ©e de ce personnage, et que c’Ă©tait son Ă©diteur qui lui avait ensuite conseillĂ© rajouter face Ă  lui un hĂ©ros plus conventionnel comme Jonathan.

La première partie de JoJo’s Bizarre Adventure est donc une histoire avant tout centrĂ©e sur l’antagoniste. L’auteur tente d’appliquer la cĂ©lèbre maxime d’Hitchcock : « The more successful the villain, the more successful the picture. » (« Meilleur le mĂ©chant, meilleur le film. »)

Ainsi, Seiya et KenshirĂ´ apparaissent chacun sur une double-page, et dès le dĂ©but du manga. Tandis que l’apparition de Jonathan est anecdotique : on le voit surgir sur un muret, en tout petit au bas d’une page !

KenshirĂ´ paraĂ®t imposant sur sa double-page. Il est debout, vu en contre-plongĂ©e, et sa puissance est symbolisĂ©e Ă  l’arrière-plan par des Ă©clairs. Seiya, au contraire, gĂ®t Ă  terre car il vient de recevoir de plein fouet l’attaque de Marine, qui l’entraĂ®ne pour son combat contre Cassios !

Seiya a donc aussi un point commun avec Jonathan : ce sont des hĂ©ros qui se font tabasser dans leurs scènes d’introduction ! (Jonathan a, quant Ă  lui, voulu se battre contre des gens plus fort que lui pour dĂ©fendre une fille.)

Cela peut sembler Ă©trange comme moyen de mettre en valeur un personnage ! L’idĂ©e derrière est bien sĂ»r que le hĂ©ros est faible au dĂ©but, et qu’il va progresser. Ces deux histoires s’annoncent donc comme des quĂŞtes initiatiques, oĂą le hĂ©ros va grandir Ă  travers des Ă©preuves. KenshirĂ´, au contraire, est dĂ©jĂ  au sommet de sa technique. Son histoire ne met donc pas du tout l’accent sur la notion d’effort ou de progression.

Ces trois exemples sont très intĂ©ressants Ă  comparer car on a vĂ©ritablement diffĂ©rents types de hĂ©ros :

Image de Seiya et Marine. Seiya est petit et brun. Lors de son entraînement, il porte un bandeau. Marine a les cheveux clairs, bien qu'elle soit elle aussi japonaise.
Source : SAINT SEIYA © 1986 by Masami Kurumada / SHUEISHA Inc. Tous droits rĂ©servĂ©s. Description : Seiya, et son maĂ®tre Marine.

Il est présenté comme déterminé, voire têtu. Il s’entraîne depuis six ans en Grèce pour obtenir son armure ! Dans son flash-back, on apprend qu’il a une raison secrète de vouloir être Chevalier, mais il refuse de la dire à Marine.

…Cependant, il peut aussi être espiègle. Lors de son combat, il nargue Cassios après lui avoir coupé l’oreille. En revanche, il a beaucoup de respect pour Marine, son maître. Ce qui indique qu’il a en fait un bon fond, malgré ses airs de bandit.

Le nom « Seiya Â» signifie « flèche d’étoile Â». On peut ajouter que, si le manga est a priori inspirĂ© de la mythologie grecque, le fait que Seiya semble tomber du ciel au tout dĂ©but renvoie plutĂ´t Ă  des lĂ©gendes japonaises, comme celle de la princesse Kaguya, qui vient de la lune.

Jonathan a les cheveux bruns mais, contrairement à Seiya, il est bien coiffé et, même si c'est un enfant, il porte un costume avec une cravate. Sur l'image, il n'est pas content et il est en train de crier. Il est dessiné de manière plus détaillée que Seiya.
Source : JOJO’S BIZARRE ADVENTURE © 1986 by Hirohiko Araki / SHUEISHA Inc. Tous droits rĂ©servĂ©s.  Description : Jonathan dans JoJo’s Bizarre Adventure. Contrairement Ă  Seiya et KenshirĂ´, il n’est pas Japonais et aurait donc pu avoir une couleur de cheveux plus excentrique. Mais l’auteur l’a quand mĂŞme dessinĂ© brun pour qu’il ressemble Ă  un enfant japonais de l’Ă©poque et paraisse ainsi plus proche des lecteurs.

C’est un personnage très droit, voire trop sage. Il intervient pour dĂ©fendre une petite fille, puis s’offusque quand elle veut le remercier…Ce qui dĂ©note aussi une certaine maladresse car, dans sa volontĂ© de bien faire, il en oublie d’être poli avec cette fille et se met Ă  lui crier dessus !

Quand il parle, il utilise les pronoms personnels « boku Â» et « kimi Â», qui sont le « je Â» et le « tu Â» des garçons gentils et bien Ă©levĂ©s. C’est normal quand on sait qu’il est riche et vit dans un manoir. Mais cela le fait aussi paraĂ®tre un peu coincé… Les hĂ©ros de mangas prĂ©fèrent habituellement « ore Â» et « omae Â», qui sont plus familiers. On peut noter que dans la suite du manga, Jonathan continue de parler ainsi mĂŞme Ă  l’âge adulte, lorsqu’il n’est plus dans son manoir.

On sait aussi – grâce Ă  la carte d’identitĂ© rĂ©alisĂ©e par l’auteur – que Jonathan est de groupe sanguin A. Ce qui, au Japon, indique un tempĂ©rament patient et disciplinĂ©. La plupart des hĂ©ros de manga sont gĂ©nĂ©ralement très impulsifs, c’est-Ă -dire de groupe sanguin B. Le groupe sanguin A, d’habitude, c’est celui des personnages secondaires ! Enfin, on sait qu’il aime les animaux. Il est choquĂ© lorsque Dio frappe le chien Danny. Ce qui rĂ©vèle une personnalitĂ© amicale et gentille, voire un peu naĂŻve.

L’alternative, pour les lecteurs qui n’accrochent pas à ce personnage, est bien sûr Dio :

Dio est blond et a des yeux plus petits que Seiya et Jonathan, ce qui signifie qu'il est plus intelligent et réfléchi. Il est habillé avec un petit ruban autour du cou, ce qui est très mignon !
Source : JOJO’S BIZARRE ADVENTURE © 1986 by Hirohiko Araki / SHUEISHA Inc. Tous droits rĂ©servĂ©s.  Description : Dio a les cheveux blonds, ce qui, dans les mangas de l’Ă©poque, indique que c’est un personnage stylĂ© !

Dio est prĂ©sentĂ© comme un intellectuel. (Il est en train de lire un livre lors de sa première apparition.) C’est un dĂ©tail important car, par la suite, le manga se centrera sur des combats de stratĂ©gie.

Il est froid et énigmatique. Ses expressions sont souvent impassibles. On ne peut donc pas lire ses pensées sur son visage. Il paraît aussi plus déterminé que Jonathan, et beaucoup plus cynique.

On peut ajouter que l’auteur nous prĂ©sente Ă©galement les pères des personnages : George Joestar et Dario Brando. Dessiner George Joestar revient Ă  peu près Ă  dessiner Jonathan avec une moustache. Jonathan est donc bien l’hĂ©ritier de son père ! Dio, en revanche, est très diffĂ©rent de son père, qui est un personnage grotesque. Contrairement Ă  Dio, Dario est un personnage très expressif, ce qui augmente encore le contraste entre eux.

KenshirĂ´ a toujours l'air un peu hagard sur les images du manga ! Il est brun, avec de gros sourcils et de petits yeux.
Source : HOKUTO NO KEN ©1983 by BURONSON AND TETSUO HARA/SHUEISHA Inc. Tous droits réservés. Description : Kenshirô dans Hokuto no Ken. Le style de dessin de Tetsuo Hara est plus mature et plus réaliste.

Enfin, dans Hokuto no Ken, Kenshirô est un justicier sombre, peu loquace et plus âgé que les héros de mangas habituels. Si l’univers semble inspiré de Mad Max, le héros rappelle plutôt Rambo. Il a un air blasé, et même déprimé. Ce qui laisse deviner un drame dans son passé…

Ce personnage un peu inexpressif est contrebalancĂ© par la prĂ©sence d’enfants de l’âge des lecteurs : une petite fille sensible, et un jeune garçon bavard et comique. Les deux enfants introduisent donc dans l’histoire de l’Ă©motion et l’humour. On dĂ©couvre que, malgrĂ© sa technique effrayante, KenshirĂ´ est en rĂ©alitĂ© bienveillant, car il se lie d’amitiĂ© avec les deux enfants. En outre, sa technique, inspirĂ©e de l’acupuncture chinoise, peut aussi ĂŞtre bienfaisante et utilisĂ©e pour guĂ©rir.

…Mais il part Ă  la fin sans emmener Lynn : c’est donc un hĂ©ros solitaire qui erre seul de ville en ville. Il ne trouvera jamais, comme Seiya, un groupe de camarades pour le soutenir. L’univers chaotique dans lequel il Ă©volue semble indiquer que sa mission sera de ramener l’ordre et la justice. On est dans un schĂ©ma oĂą le hĂ©ros est seul face au monde, dans un univers hostile.

Enfin, on peut noter que le hĂ©ros doit ĂŞtre un rĂ´le model pour les lecteurs, et promouvoir les valeurs du Jump : « AmitiĂ©, effort, victoire Â».

Seiya est donc introduit avec des qualitĂ©s comme la persĂ©vĂ©rance et la dĂ©termination. Il illustre le mot-clĂ© « Effort » ! Tandis que Jonathan dĂ©fend une petite fille, aime les animaux et parle Ă  tout le monde avec un « kimi Â» amical. On part donc plutĂ´t sur « Amitié » ! …Quant Ă  KenshirĂ´ qui terrasse ses ennemis en quelques secondes, c’est dĂ©finitivement « Victoire » !

…Ainsi, paraît-il difficile de trancher entre des personnages aussi différents. Et JoJo’s Bizarre Adventure a deux personnages au lieu d’un, ce qui déséquilibre la compétition. Pour cette épreuve, on réservera donc notre jugement !

Sur le plan du dessin, il est de notoriĂ©tĂ© publique qu’Araki s’inspire du style de Tetsuo Hara. (Les listes de rĂ©fĂ©rences dressĂ©es par les fans sur internet rĂ©vèlent qu’il est allĂ© jusqu’Ă  recopier des cases, voire des pages entières de Hokuto no Ken.) Leurs deux mangas ont donc un style très dĂ©taillĂ©, pour les personnages comme pour les arrière-plans. Tandis que Saint Seiya a un dessin moins rĂ©aliste et beaucoup plus simplifiĂ©.

Si l’on cherche au contraire les diffĂ©rences entre le style d’Araki et celui de Hara, on peut noter qu’Araki utilise plus d’ombres dessinĂ©es Ă  la hachure, notamment sur les visages des personnages. Dans l’ouvrage Manga in theory and practice, il raconte en effet qu’il travaillait beaucoup sur les contrastes d’ombre et de lumière dans l’arc de Phantom Blood. Ainsi, si vous prenez au hasard une page de Phantom Blood et une de Hokuto no Ken ou de Saint Seiya, et que vous vous amusez Ă  la regarder de loin, les pages d’Hokuto no Ken et de Saint Seiya vous sembleront grises, tandis que celle de JoJo vous apparaĂ®tra blanche et noire.

La seconde différence concerne les positions des personnages. Chez Araki, elles sont souvent assez esthétiques, parfois inspirées de gravures de mode, de couvertures d’albums de musique, ou de statues de la Renaissance italienne. Enfin, Araki a un style de dessin plus angulaire, notamment pour les visages des personnages. Kenshirô, au contraire, se tient droit comme un piquet et possède une tête plus ronde.

Masami Kurumada accorde moins d’attention au dessin de ses personnages. Sa particularité la plus notable est qu’il semble plus à l’aise pour dessiner les visages de trois-quarts que de face, alors que c’est généralement considéré comme plus difficile. Ainsi, dans Saint Seiya, les personnages sont-ils presque toujours vus de trois-quarts, rarement de face.

Si les personnages ne sont le point fort de Kurumada, ce sur quoi il s’applique en revanche, ce sont les armures, qui ont chacune un design très réfléchi. Il insère même des schémas en fins de chapitres – très utiles pour les fabricants de figurines ! – qui expliquent comment elles se replient.

Marine, revêtue de son armure. Elle est vue en contre-plongée, et son masque la fait paraître un peu inquiétante.
Source : SAINT SEIYA © 1986 by Masami Kurumada / SHUEISHA Inc. Tous droits rĂ©servĂ©s. Description : L’armure de Marine. Marine est un personnage fĂ©minin assez moderne pour les mangas shĂ´nen de l’Ă©poque, car elle se bat et est plus forte que le hĂ©ros, Ă  qui elle enseigne. …Dommage que, dans la suite de la sĂ©rie, on la voie rarement se battre et gagner des combats !

Dans ce premier chapitre par exemple, on dĂ©couvre l’armure de l’aigle, que porte Marine. L’armure de Marine ne semble pas protĂ©ger grand-chose ! Elle semble donc plutĂ´t dĂ©corative. Certaines pièces Ă©voquent d’ailleurs des bijoux : un collier, un bracelet, un serre-tĂŞte. Marine porte Ă©galement un masque entièrement blanc qui rend son expression impassible.

Enfin, le design futuriste des armures semble anachronique par rapport au cadre de la Grèce antique. Il Ă©voque plutĂ´t la science-fiction, ce qui renforce l’impression que les Chevaliers viennent d’un autre monde. Lorsqu’ils lancent leurs attaques, l’auteur Ă©crit d’ailleurs les onomatopĂ©es en kanji, ce qui souligne leur puissance et leur mystère, car ce sont des caractères que tous les lecteurs ne peuvent pas lire !

Concernant les scènes de combat, on trouve dans les trois mangas des procédés de dramatisation similaires :

Comme le fait de dessiner les ennemis beaucoup plus grands que le héros pour les faire paraître terrifiants. Dans le premier chapitre de Saint Seiya, Cassios est un géant qui rappelle ceux de Hokuto no Ken. Un peu plus loin dans JoJo’s Bizarre Adventure, on trouvera un personnage similaire avec Tarkus. La scène où Cassios tente de broyer Seiya dans sa main rappelle d’ailleurs celle où le chef des motards menace Lynn dans Hokuto no Ken.

Image du combat de Cassios contre Seiya. Cassios est au moins deux fois plus grand que Seiya !
Source : SAINT SEIYA © 1986 by Masami Kurumada / SHUEISHA Inc. Tous droits rĂ©servĂ©s. Description : Cassios, un exemple de gĂ©ant. Plus un exemple des longues cases verticales que Kurumada utilise pour les ruptures de rythme !

Les scènes gores de Hokuto no Ken, avec notamment les fameuses têtes qui explosent, ont également inspiré Araki pour ses scènes de combats. Il faut ajouter qu’Araki adore les films d’horreur, et en particulier les films de zombies, et qu’il s’en inspire également pour ses combats.

On peut noter en outre que le design de Lynn dans Hokuto no Ken, son regard un peu vide, sa personnalité sensible et silencieuse, ont peut-être inspiré Erina dans JoJo’s Bizarre Adventure.

Enfin, le premier chapitre de JoJo’s Bizarre Adventure est très intéressant à étudier car on y trouve une scène où l’auteur dramatise au maximum une simple dispute d’enfants, qui a pour enjeu le vol d’une poupée (Scène 3).

Cette bagarre nous donne une bonne idĂ©e des procĂ©dĂ©s qui sont utilisĂ©s massivement dans une scène de combat :
  • Ombres sur les visages et coloriage en hachures 
  • Disposition des personnages, très rapprochĂ©s pour paraĂ®tre oppressants 
  • Le visage de la poupĂ©e, qui semble exprimer de la dĂ©tresse 
  • DiffĂ©rence de taille des personnages. (Les deux voyous sont des enfants plus âgĂ©s : ils sont très grands par rapport Ă  Jonathan et Erina.)
  • Gros plans sur les visages des personnages pour mettre en avant les diffĂ©rentes Ă©motions 
  • Des traits pour indiquer la vitesse et l’action…

Le dessin de ces scènes est finalement plus canonique qu’innovant.

Sur le plan du dessin, la victoire revient une fois de plus Ă  Hokuto no Ken, qui a le style le plus original !

Saint Seiya n’a donc encore remportĂ© aucun point depuis le dĂ©but ? Il faut dire que les adversaires sont de taille ! Et l’on ne peut Ă©videmment pas juger une sĂ©rie entière uniquement sur son premier chapitre. Mais attendez, il reste une dernière Ă©preuve…

Puisque l’on parle ici de battle royale et d’Ă©preuves, interrogeons-nous ! Comment le hĂ©ros surmonte-t-il une Ă©preuve ? C’est-Ă -dire, comment triomphe-t-il d’un combat ?

Prenons pour cela l’exemple du combat de Seiya contre Cassios dans le premier chapitre de Saint Seiya…

Ce combat est mis en scène selon des procĂ©dĂ©s classiques : taille dĂ©mesurĂ©e de Cassios par rapport Ă  Seiya, contre-plongĂ©e pour le rendre encore plus imposant, cases consacrĂ©es aux rĂ©actions enthousiastes ou inquiètes du public. Kurumada cherche Ă  faire peur aux lecteurs en faisant croire que Cassios a coupĂ© l’oreille de Seiya mais – plot twist – c’est en rĂ©alitĂ© Seiya qui a coupĂ© l’oreille du gĂ©ant ! C’est un retournement de situation, classique dans Saint Seiya. OĂą le hĂ©ros commence toujours par perdre et renverse finalement la situation Ă  la moitiĂ© du combat. On enchaĂ®ne alors avec la scène 4, qui est un flash-back sur l’arrivĂ©e de Seiya en Grèce et sur son entraĂ®nement.

Interrompre un combat par un flash-back est un schéma typique de Saint Seiya. Le flash-back et la morale qui en est tirée constituent en réalité le point crucial du combat. C’est le moment qui est déterminant pour gagner.

Le héros doit se replonger dans son passé pour comprendre comment il est arrivé jusqu’ici et pourquoi il se bat. Si sa raison est juste, il triomphe. S’il découvre au contraire qu’il a agi pour de mauvaises raisons ou qu’il a été manipulé, il s’effondre complètement.

Saint Seiya est donc l’un des rares mangas de combat où la victoire ne dépend ni de la stratégie, ni de la technique utilisée, mais uniquement de la motivation.

La morale du manga a parfois Ă©tĂ© jugĂ©e naĂŻve. Elle repose en effet sur le postulat que celui qui se bat pour de mauvaises raisons ne peut triompher. Tandis que celui qui croit en la Justice de sa cause ne peut Ă©chouer. Peu importe le niveau des deux adversaires. Ce qui, dans la vraie vie, n’est certes pas toujours le cas ! Dans Saint Seiya, les hĂ©ros sont d’ailleurs immortels. Ils meurent parfois mais ressuscitent toujours car le Mal ne peut triompher.

C’est aussi un schĂ©ma qui met Ă©normĂ©ment l’accent sur l’introspection. Les personnages peuvent passer des heures Ă  monologuer dans leurs tĂŞtes ! Et le dĂ©veloppement personnel est particulièrement mis en valeur avec la quĂŞte du septième sens. Pour triompher, le hĂ©ros doit Ă©liminer le doute qui l’empĂŞche d’avancer. Cela vient aussi de la philosophie du budĂ´, oĂą l’on considère que le doute est l’un des quatre Ă©tats d’esprit nĂ©gatifs qui peuvent faire Ă©chouer en combat.

A travers les flash-backs, le manga accorde aussi une place prĂ©dominante Ă  l’enfance. Les flash-backs permettent de comprendre comment les personnages ont construit leur personnalitĂ© et quelle est la ligne directrice de leur existence. La plupart poursuivent le mĂŞme but depuis qu’ils sont tous petits. Lorsqu’ils sont perdus, se replonger dans leurs souvenirs leur apportent les rĂ©ponses aux questions existentielles qu’ils se posent. Enfin, les flash-backs permettent de mettre l’accent sur la progression : on voit les hĂ©ros s’entraĂ®ner encore et encore pendant des annĂ©es, et parfois mĂŞme se dĂ©courager. Cela rappelle que leur victoire d’aujourd’hui est le fruit de durs efforts, et qu’elle est mĂ©ritĂ©e.

Sans passé, donc, pas de futur.

On peut aussi voir dans cette importance attachĂ©e au passĂ© une forme de philosophie toute japonaise : l’importance des traditions, le culte des ancĂŞtres et le respect des professeurs, l’apport de l’expĂ©rience, la nostalgie face au passage du temps.

Ici, le flash-back de Seiya est sĂ©parĂ© du prĂ©sent car il commence sur une nouvelle page. On nous montre la rencontre entre Marine et Seiya et l’on apprend Ă  cette occasion que Seiya a un but secret pour vouloir autant obtenir une armure, mais qu’il ne veut pas le dire. On suit ensuite l’entraĂ®nement de Seiya pendant plusieurs pages.

Mais le point le plus important du flash-back est la leçon de Marine sur le cosmos, l’énergie intĂ©rieure de laquelle les chevaliers tirent leur puissance. On voit les silhouettes Marine et Seiya, debout en haut d’une falaise, se perdre dans l’immensitĂ© de l’univers, reprĂ©sentĂ© par un ciel Ă©toilĂ©. Le rythme s’accĂ©lère ensuite avec l’onomatopĂ©e « Go, go, go Â», et un zoom progressif sur le poing de Seiya, tandis que la voix de Marine continue de rĂ©sonner dans sa tĂŞte… Et brusquement, on revient dans le prĂ©sent : l’attaque de Seiya vient de creuser dans le sol un immense cratère, que Cassios n’a Ă©vitĂ© que de justesse !

Après ce point crucial, situé aux trois-quarts du chapitre, comme le veut la règle, le combat se résout rapidement. Le discours de Marine qu’il s’est remémoré permet à Seiya de réaliser pour la première fois sa technique, les météores de Pégase, et de terrasser son ennemi. L’auteur vient ici de mettre en place un modèle qu’il utilisera dans tous les combats au cours de la série.

Image du flash-back. Lors de la leçon sur le cosmos, Marine et Seiya sont tous petits face à l'immensité de l'univers. C'est pourquoi l'auteur ne dessine que leurs silhouettes.
Source : SAINT SEIYA © 1986 by Masami Kurumada / SHUEISHA Inc. Tous droits rĂ©servĂ©s. Description : La leçon sur le cosmos et la fin du flash-back. C’est le point crucial du chapitre.

Le modèle de combat dĂ©veloppĂ© par Saint Seiya, fondĂ© sur un souvenir clĂ© montrĂ© dans un flash-back, est souvent imitĂ©, encore aujourd’hui avec des mangas comme Demon slayer (Kimetsu no Yaiba).

D’ailleurs, mĂŞme dans JoJo’s Bizarre Adventure, on trouve – quelques chapitres seulement après l’extrait Ă©tudiĂ© – une scène oĂą Jonathan gagne un combat en se remĂ©morant le moment oĂą il jouait avec son chien Danny.

Son père lui avait expliquĂ© que pour amener Danny Ă  lâcher un objet, il fallait le lâcher aussi, plutĂ´t que de continuer Ă  tirer dessus car cela ne fait qu’encourager Danny Ă  tirer de son cĂ´tĂ©.  En appliquant cette morale Ă  sa situation actuelle, Jonathan, qui Ă©tait tombĂ© dans l’eau au cours du combat, comprend qu’au lieu d’essayer de remonter Ă  la surface, il devrait plutĂ´t se laisser couler pour trouver de l’air cachĂ© sous une pierre. Ce qui lui permettrait d’utiliser Ă  nouveau sa technique, qui fonctionne grâce au souffle. L’exemple est certes caricatural, mais Araki imite ici le schĂ©ma de Saint Seiya !

Cependant, le souvenir permet Ă  Jonathan de trouver une stratĂ©gie et non une raison de se battre. Il a trouvĂ© la solution Ă  un problème. Mais non pas Ă  ses problèmes. Et il n’est pas ressorti du combat en ayant grandi intĂ©rieurement.

Araki pense donc vraiment la rĂ©solution des combats en termes de stratĂ©gie. Tandis que Kurumada pense uniquement en termes de motivation. 

Chez Kurumada, la résolution d’une telle scène aurait certainement été beaucoup moins pragmatique. La présence du héros sous l’eau (cadre à la fois symbolique, poétique et propice à l’introspection) aurait été l’occasion parfaite de se ressourcer. En se posant des questions existentielles et en se remémorant toute sa vie.

Au lieu de chercher de l’air sous une pierre, le hĂ©ros aurait trouvĂ© en lui la motivation de faire exploser encore une fois son cosmos. MĂŞme s’il ne peut plus respirer, le hĂ©ros s’en fiche ! Car sa motivation est tellement forte, qu’elle rend l’impossible possible. C’est d’ailleurs le sens des paroles de l’opening de l’anime, « Pegasus Fantasy Â», qui ont Ă©tĂ© rĂ©digĂ©es par Kurumada lui-mĂŞme : « Dakishimeta kokoro no Cosmo, atsuku moyase, kiseki wo okose ! Â». Et que l’on peut traduire par « Le cosmos que renferme ton âme, fais-le brĂ»ler très fort, et accomplis un miracle ! Â».

Et cette attaque aurait Ă©tĂ© tellement puissante, qu’elle aurait vidĂ© toute la rivière de son eau et envoyĂ© valser l’ennemi Ă  des kilomètres de lĂ . VoilĂ  comment se serait dĂ©roulĂ© la scène dans Saint Seiya !

Pour finir avec l’exemple de JoJo, par rapport Ă  Saint Seiya, on peut trouver qu’il est parfois difficile de comprendre les motivations de Jonathan lors de ses combats…

La plupart du temps, en fait, il se bat juste parce qu’il est attaquĂ©. Ce qui est une raison plutĂ´t logique et pragmatique, que philosophique.

Donc il se bat surtout en rĂ©action Ă  Dio, l’antagoniste. Mais il n’a pas su trouver en lui-mĂŞme de raison profonde de se battre. Ses combats ont d’ailleurs assez peu d’intĂ©rĂŞt lorsqu’il se bat contre quelqu’un d’autre que Dio. Et Ă  la fin, il ne semble pas avoir particulièrement mĂ»ri ou progressĂ©. La preuve est qu’il meurt et ne ressuscite pas : ce n’est pas vraiment le parcours d’un hĂ©ros qui progresse ! Toutes ses Ă©preuves ne lui ont donc finalement rien apportĂ©. La seule grande vĂ©ritĂ© qu’il semble avoir dĂ©couverte est que, tout compte fait, Dio et lui ne s’entendaient pas si mal ! …Et dans ce cas, une fois de plus : pourquoi se battent-ils ? VoilĂ  ce qui me dĂ©range beaucoup chez le personnage de Jonathan : c’est qu’il manque parfois cruellement de profondeur psychologique et de cohĂ©rence dans ses actions.

Dans la seconde partie du manga, Battle Tendency, on trouve en revanche un hĂ©ros qui progresse vraiment et mĂ»rit Ă  travers son entraĂ®nement et ses combats. Joseph, le second JoJo, a donc un parcours initiatique beaucoup plus proche de celui des personnages de Saint Seiya. …Bien qu’il triche en combats, ce qui serait bien sĂ»r impardonnable dans l’univers de Saint Seiya ! Et son maĂ®tre, Lisa-Lisa, rappelle clairement le personnage de Marine. Lisa-Lisa se rĂ©vèle d’ailleurs ĂŞtre la mère de Joseph ; et Seiya soupçonne Marine d’être sa sĹ“ur Seika, qu’il recherche depuis des annĂ©es. MĂŞme si l’on trouve ensuite de nombreuses rĂ©fĂ©rences Ă  Saint Seiya dans l’arc de Stardust Crusaders, Battle Tendency est sĂ»rement le passage oĂą Araki s’inspire le plus de Kurumada. Dans Stardust Crusaders, il ne reprend vraiment que les aspects les plus superficiels du manga.

Kurumada est considĂ©rĂ© Ă  juste titre comme l’un des fondateurs du nekketsu shĂ´nen, ou « manga Ă  sang chaud Â». De nos jours, le nekketsu shĂ´nen a quelque peu perdu de son sens. C’est devenu « le manga oĂą il suffit de faire un beau discours chargĂ© d’émotion pour gagner Â». Mais ce n’était pas cela au dĂ©part.

Le problème de nombreux mangas actuels est que l’on a parfois l’impression que les personnages se battent pour se battre, et ne savent pas (ou oublient en cours de route) pourquoi ils se battent. Le principe de Saint Seiya Ă©tait de trouver du sens dans les Ă©preuves, et plus gĂ©nĂ©ralement dans l’existence. Les personnages qui perdent de vue leurs objectifs Ă©chouent.

Ainsi, Kurumada dĂ©veloppe dans son manga une sorte de philosophie positive de l’existence, inspirĂ©e de celle du budĂ´. Le cosmos est une Ă©nergie vitale et spirituelle, dont le seul Ă©quivalent est peut-ĂŞtre la Force dans Star Wars.

Araki a un point de vue plus cynique, et pense simplement que, dans un combat, le plus intelligent triomphe. (MĂŞme si le jeu peut parfois ĂŞtre faussĂ© par des variables comme le destin ou la fatalitĂ©.)

Kurumada pense les combats comme l’affrontement de deux âmes ; et Araki, de deux esprits.

Dans Hokuto no Ken, il est plus difficile d’analyser les combats car ils sont la plupart du temps résolus très vite. Le héros cherche surtout à retrouver du sens dans son existence, plutôt qu’à en trouver. Mais cela ne se fait pas uniquement au travers des combats.

Pour juger cette Ă©preuve, donc, tout dĂ©pend des sensibilitĂ©s et des philosophies. Je sais qu’il doit y avoir parmi vous de vĂ©ritables adeptes des combats de stratĂ©gie… Mais, personnellement, je donne le point Ă  Saint Seiya !

Battle Royale du Shônen Jump : Résultats des combats!

Les trois mangas représentés chacun sur une couverture du shônen Jump. Tetsu Hara et Masami Kurumada ont chacun dessiné le héros, tandis qu'Araki a dessiné à la fois Jonathan et Dio car il tenait vraiment à ce qu'ils soient tous les deux les personnages principaux ! Sur la couverture, on voit aussi le masque de pierre, qui fait comme un troisième visage, à côté de Dio et Jonathan.
Sources : Weekly ShĂ´nen Jump, SHUEISHA, 1984 n°12 ; 1986 n°1-2 ; 1987 n°1-2. HOKUTO NO KEN ©1983 by BURONSON AND TETSUO HARA/SHUEISHA Inc. © 1986 by Masami Kurumada / SHUEISHA Inc. © 1986 by Hirohiko Araki / SHUEISHA Inc. Tous droits rĂ©servĂ©s. Description : Couvertures du ShĂ´nen Jump. De gauche Ă  droite : Hokuto no Ken ; Saint Seiya ; JoJo’s Bizarre Adventure. …Regardez, Dio a finalement rĂ©ussi Ă  s’incruster sur la couverture, oĂą normalement seul le hĂ©ros figure !
  • Hokuto no Ken : 3 points (Round 1, 2 et 5)
  • JoJo : 1 point (Round 3)
  • Saint Seiya : 1 point (Round 6)

C’est donc sans surprise Hokuto no Ken qui remporte le tournoi ! En mĂŞme temps, c’Ă©tait celui qui avait le plus de mĂ©rite, Ă©tant le plus ancien.

Mais, JoJo n’est pas en reste, car – de tous les mangas que j’ai lus – c’est celui dont le premier chapitre m’a le plus donnĂ© envie de savoir la suite ! En gĂ©nĂ©ral, les shĂ´nen mangas commencent par introduire un seul personnage, le hĂ©ros, et le premier chapitre ou le premier Ă©pisode n’est jamais très intĂ©ressant… Mais dans JoJo, on introduit dès le dĂ©but l’antagoniste et on entre directement dans l’histoire, ce qui rend le manga immĂ©diatement captivant !

Quant Ă  Kurumada, c’est le meilleur pour introduire dès le dĂ©but de la profondeur dans son histoire. Il nous explique le cosmos, puis montre un premier flash-back qui rend Seiya attachant et laisse entendre qu’il y aura plus Ă  savoir sur son passĂ© au cours de la sĂ©rie. Et il introduit mĂŞme de manière anecdotique le grand Pope, le « grand mĂ©chant » de l’histoire, qui est pour l’instant prĂ©sentĂ© comme un personnage bienveillant… C’est particulièrement intĂ©ressant !

…Et vous, quel est votre classement ?


Umeboshi : prune japonaise séchée et amer

Rédigé par Umeboshi

RĂ©dactrice, Relectrice SEO, Community Manager, enfant prodige, passionnĂ©e d’univers gothiques, mangaphile, parle le japonais couramment, a rĂ©digĂ© 80 pages d’analyses sur JoJo’s Bizarre Adventure.


Sources 

Ouvrages théoriques :

ANZALONE Frederico, JoJo’s Bizarre Adventure. Le diamant inclassable du manga, Toulouse, Third Editions, 2019.

ARAKI Hirohiko, Manga in Theory and Practice. The craft of creating manga, San Francisco, VIZ Media, 2017. [Traduction anglaise de Nathan A. Collins]

BOUVARD Julien, Manga politique, politique du manga. Histoire des relations entre un medium populaire et le pouvoir dans le Japon contemporain des annĂ©es 1960 Ă  nos jours. Sous la direction de Jean-Pierre Giraud, UniversitĂ© Lyon III Jean Moulin, dĂ©cembre 2010.

BUISSOU Jean-Marie, Manga: Histoire et univers de la bande dessinée japonaise, 2010, Editions Picquier.

GOTÔ Hiroki, Jump. L’âge d’or du manga, Paris, Kurokawa, 2018 [Traduction française de Julie Seta].

OKAMOTO Katsuto, Â« Les OnomatopĂ©es de la Langue Japonaise (1) â€“ Le système et le sens fondamentaux des giongos Â», UniversitĂ© de KĂ´chi, pp.189-197. Disponible sur : https://kochi.repo.nii.ac.jp/record/6948/files/H041-15.pdf

PINON Matthieu, LEFEBVRE Laurent, Histoire(s) du manga moderne 1952-2012, Paris, Ynnis Editions, 2019-2022.

PRECIGOUT ValĂ©rie, Le mythe Saint Seiya. Au PanthĂ©on du manga, Toulouse, Third Edition, 2019.

TILLON Fabien, Culture Manga, Paris, Nouveau Monde Éditions, 2020.

TRUBY John, L’anatomie du scénario, Paris, Nouveau Monde Editions, 2010. Traduction française de Muriel Levet.

Ouvrage collectif

CrĂ©er un manga : L’école du ShĂ´nen Jump [rĂ©digĂ© par un collectif d’éditeurs du ShĂ´nen Jump], Bruxelles, Kana, 2023. [Traduction française de Sophie Lucas]

Magazines

Rockyrama – Otomo n°7 : Aux sources de Saint Seiya, octobre 2021.

Rockyrama – Otomo n°8 : Saint Seiya, aux confins de la mythologie, dĂ©cembre 2021.

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Référence bibliographique

Umeboshi. (2024). [ANALYSE] Comment bâtir une légende ? Les classiques du Shônen Jump (Ken, JoJo, Les Chevaliers du Zodiaque) !. La Revue de la Toile. https://revuedelatoile.fr/shonen-jump-jojos-bizarre-adventure/

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