Elden Ring, le jeu vidĂ©o culte de Miyazaki Hidetaka, est riche d’une histoire mystĂ©rieuse, et pourtant gigantesque. Demi-dieux descendants d’une Marika christique, familles royales se dĂ©chirant pour le pouvoir, dragons et citĂ©s perdues… Le lore du jeu vidĂ©o, Ă©crit par George R.R. Martin, l’auteur de Game of Thrones (Le TrĂŽne de Fer) et House of the Dragon, est rempli de rĂ©fĂ©rences aux mythologies scandinaves, grecques et chrĂ©tiennes, d’Ă©vĂ©nements historiques et dâĆuvres de fantasy pour construire son mythe.
Ă l’heure oĂč les rĂ©cents projets de From Software, Nightreign et The Duskbloods, suscitent l’inquiĂ©tude pour l’avenir du studio ; il est temps de replonger dans ce qui a fait le charme d’un jeu Souls-like d’exception et de son DLC Shadow of the Erdtree. AprĂšs notre critique d’Elden Ring et de son DLC, nous allons cette fois nous concentrer sur les motifs rĂ©currents de l’Ă©criture de George Martin et les noms des personnages, si riches en pistes et rĂ©fĂ©rences.
George R.R. Martin : Un écrivain caché dans le jeu vidéo

Depuis qu’il a arrĂȘtĂ© d’Ă©crire les rĂ©cits Ă©piques et sans pitiĂ© du TrĂŽne de Fer (car il a rĂ©cemment avouĂ© qu’il ne finirait pas les livres), George R.R. Martin vit sa meilleure vie en Ă©crivant ce qu’il souhaite vraiment Ă©crire, et nous gĂąte de chefs dâĆuvres. C’est ainsi qu’il a rĂ©digĂ© le livre Feu et Sang, chronique historique de la dynastie de Daenerys et Viserys Targaryen. En effet, cette chronique a servie de base Ă la sĂ©rie acclamĂ©e House of the Dragon (rehaussant globalement la qualitĂ© de Game of Thrones Ă la tĂ©lĂ©vision, laquelle en avait bien besoin aprĂšs ses derniĂšres saisons calamiteuses). De plus, il a Ă©galement Ă©crit le lore d’Elden Ring. La geste Ă©pique, mais viciĂ©e, des hĂ©ros et des demi-dieux, qui ont par la suite Ă©tĂ© prolongĂ©s par Miyazaki et ses Ă©quipes, les remaniant pour les rendre corrompus par les tĂ©nĂšbres et le dĂ©sespoir.
Cependant, les mauvaises langues diront que Martin n’a eu qu’un rĂŽle trĂšs limitĂ© dans l’Ă©criture. Ă les entendre, l’Ă©crivain sadique ce serait juste contentĂ© d’encaisser son chĂšque en posant deux/trois dragons. Et Ă©crit les noms des demi-dieux en faisant juste un clin dâĆil Ă ses initiales (ils ont tous un prĂ©nom qui commence par G, R, R ou M).
Pourtant, l’Ă©criture de Martin est partout pour qui sait observer avec attention le lore. Ainsi, les rĂ©fĂ©rences Ă Game of Thrones et House of the Dragon sont-elles lĂ©gion. Mais soit, jouons le jeu des dĂ©tracteurs. Regardons juste les prĂ©noms…
Avertissement : Si je vais faire de mon mieux pour vous Ă©pargner les plus gros spoilers, cet article contient forcĂ©ment une multitude de petits. Et une part d’interprĂ©tation. Ă vos risques et pĂ©rils si vous n’avez pas encore jouĂ© au jeu.
L’Entre-terre : Une rĂ©fĂ©rence Ă J.R.R. Tolkien

Source : FromSoftware / Bandai Namco, 2022. Licence © FromSoftware, tous droits réservés.
Pour commencer, Ă©vacuons d’entrĂ©e de jeu une petite rĂ©fĂ©rence au grand maĂźtre de la fantasy moderne. En effet, il y a un clin dâĆil Ă©vident Ă la Terre du Milieu dans le nom mĂȘme du continent d’Elden Ring : L’Entre-terre. Les deux pays sont situĂ©s au centre de quelques choses, d’autres terres, d’autres mondes… Mais entre quoi et quoi exactement ? Le dĂ©bat reste ouvert pour les deux univers.
Et tout comme Le Seigneur des Anneaux, Elden Ring fait rĂ©fĂ©rence dĂšs son titre Ă un objet circulaire et objet de toutes les convoitises. Beaucoup de gens ont remarquĂ©s qu’Elden fait aussi penser Ă Elder, ancien. L’ancien anneau, donc. Et un petit tacle Ă The Elder Scrolls, pour bien montrer que le jeu est un RPG.
Marika, la déesse-mÚre
Figure centrale d’Elden Ring, la mystĂ©rieuse reine Marika l’Eternelle a fondĂ© l’utopie de l’Ordre d’Or. Une sociĂ©tĂ© religieuse d’ordre et d’abondance, oĂč Marika dĂ©verse gĂ©nĂ©reusement la GrĂące et la bĂ©nĂ©diction sur le croyant. Ayant retirĂ© la Rune de Mort du Cercle d’Elden, artefact rĂ©gissant les lois de la nature, la dĂ©esse blonde aurait ainsi offert la rĂ©surrection et la vie Ă©ternelle Ă ses sujets, si l’on en croit nombre d’archĂ©ologues experts du lore. Elle souhaitait donc crĂ©er un paradis terrestre (avant que tout ne parte en vrille). Un jardin dâĂden, sous les feuilles non pas de l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, mais sous celles de l’Erdtree. AppelĂ© Arbre-Monde en VF. Erdtree vient du vieil anglois « erd », qui veut dire bĂ©nĂ©diction, bienfait. Ainsi, la traduction originelle est-elle plutĂŽt « l’Arbre des BĂ©nĂ©dictions ».

Cependant, le vernis dorĂ© cache bien sĂ»r une rĂ©alitĂ© plus sombre. Et le viel anglois « Erd-tree » peut aussi vouloir dire « heard-tree ». L’Arbre qui entend tout. Marika est donc Ă©galement Eve, premiĂšre femme et cause du pĂ©chĂ© originel pour les chrĂ©tiens.
Un personnage ambigu, donc. Car tour Ă tour conquĂ©rante, impitoyable et idĂ©aliste ; fragile, perfectionniste et instable, elle incarne une figure de dĂ©esse-mĂšre ambivalente. En effet, cette imperfection fondamentale du divin rappelle fortement la mythologie grecque, oĂč les dieux sont remplis de dĂ©fauts bien humains. Ainsi, Marika est une rĂ©fĂ©rence Ă la fois Ă Zeus et HĂ©ra. Zeus, par sa libido dĂ©bridĂ©e, et sa propension Ă semer des rejetons demi-dieux absolument partout. Elle est ainsi la mĂšre de plus d’une dizaine d’enfants ! Elle incarne Ă©galement HĂ©ra, par son comportement nĂ©gligent, voir cruel, envers nombre de ses enfants biologiques. Marika pourrait ĂȘtre nominĂ©e sans souci dans la catĂ©gorie « Pire mĂšre du jeu vidĂ©o » !
George R.R. Martin aime dĂ©cidĂ©ment crĂ©er des familles royales Ă la sexualitĂ© bien Ă©trange, garni d’inceste et autres joyeusetĂ©s. Les jumeaux Lannister et la dynastie Targaryen Ă©tant, bien sĂ»rs, les clins dâĆil les plus Ă©vidents.
Pour ses fautes, Marika finira crucifiĂ©e et empalĂ©e d’une lance sur le flanc. RĂ©fĂ©rence au Christ, percĂ© par la lance de Longinus.
NĂ©anmoins, je trouve ça trĂšs drĂŽle qu’il suffise juste de crĂ©er une belle femme pour qu’un jeu nippon nous donne la possibilitĂ© de se marier avec l’Ă©quivalent d’Hitler. Quand l’on y pense, la blonde Marika a un penchant pour les empires Ă©ternels, la hiĂ©rarchisation des individus, l’Ă©limination des « impurs » et mĂȘme le gĂ©nocide des « peuples Ă©lus ».
L’Erdtree ou l’Arbre-Monde : Un symbole universel
Quand Ă la crĂ©ation majeure de Marika, l’Erdtree, l’Arbre-Monde, il est inspirĂ© d’Yggdrasil, l’Arbre-Monde gigantesque des scandinaves, sur lequel repose les Neuf Royaumes. C’est d’ailleurs une dĂ©esse aux cheveux blonds, Sif, qui cueillait les pommes d’or donnant l’immortalitĂ©. Un mythe universel, puisqu’on le retrouve chez les grecs, avec les pommes d’or du jardin des HespĂ©rides.

De mĂȘme, nombre d’ennemis de l’Erdtree sont issus des chaotiques adversaires des dieux dans la mythologie nordique. Ainsi, Niddhog, le dragon (ou serpent) qui dĂ©vore les racines d’Yggdrasil, a probablement inspirĂ© le Grand Serpent Eiglay, qui se vautre dans le magma et le blasphĂšme. Ă noter qu’EglĂš est aussi le nom d’une crĂ©ature femme et serpentine dans la mythologie balte. TrĂšs liĂ©e Ă la fertilitĂ©. Et d’une des hespĂ©rides prĂ©sente dans le fameux jardin, gardĂ© par un serpent, dans la mythologie grecque. Ainsi, les filles d’EglĂ©, les GrĂąces, reprĂ©sentent la sĂ©duction, la fertilitĂ© et la fĂ©conditĂ©.
Hel, la dĂ©esse de la mort au double visage, a peut-ĂȘtre donnĂ©e la Reine aux Yeux CrĂ©pusculaires, dĂ©tentrice originelle de la Rune de Mort. Quant aux GĂ©ants de Feu, ils sont directement prĂ©sents dans les deux Ćuvres.
Autre inspiration possible, et qui mĂ©rite bien une parenthĂšse : Final Fantasy IX (dont l’Ă©ventuel remake serait en pĂ©ril).
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Elden Ring, inspiré par Final Fantasy IX ?
PremiĂšrement, le RPG culte de Squaresoft s’Ă©tait dĂ©jĂ inspirĂ© des concepts d’Arbre-Monde et Arbre de Vie pour en faire l’Ifa. Une interprĂ©tation plus Ă©trange que l’Erdtree, mais Ă©galement liĂ©e Ă la vie aprĂšs la mort et Ă la renaissance. Dans les deux jeux, nous nous aventurons sur les racines de l’Arbre. Et affrontons un avatar dĂ©charnĂ© de celui-ci. De plus, Final Fantasy IX, comme Elden Ring, parlent tous deux de forces cosmiques et stellaires. Qui s’invitent dans le monde terrestre, et l’influencent de maniĂšre insidieuse. La Brume est Ă©galement omniprĂ©sente dans la gĂ©ographie des deux oeuvres (mais n’a pas la mĂȘme fonction).

Du cĂŽtĂ© des personnages, Kuja, comme Miquella, sont deux figures d’antagonistes androgynes et sĂ©ducteurs. Et leurs plus grands bretteurs, Beate et Malenia, sont deux femmes « invaincues », liĂ©e Ă une fleur et Ă qui ils manquent (au moins) un oeil. Cependant, ce type de personnage est assez commun dans le jeu vidĂ©o et le manga/animation nippone. Enfin, il est possible que la douloureuse condition des mages noirs de Final Fantasy IX se retrouve au travers du peuple artificiel des albinauriques.
[Fin de la parenthĂšse]
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Pour en revenir aux dieux, dans Elden Ring, une divinitĂ© a besoin de se marier avec le Seigneur d’Elden, un prince consort, pour rĂ©gner Ă ses cĂŽtĂ©s. On retrouve ainsi le partage de l’Occident mĂ©diĂ©val, entre le pouvoir spirituel du clergĂ© et le pouvoir temporel des rois.
Godfrey, le patriarche de la Lignée Dorée

Godfrey est le premier Seigneur d’Elden (*tousse*). Le hĂ©ros qui a rassemblĂ© les tribus barbares d’Altus dans une croisade pour Ă©tablir le rĂšgne de la dĂ©esse Marika. Jadis assoiffĂ© de sang et de bataille, lorsque fut venu le temps de monter sur le trĂŽne, il promit de se comporter en vrai seigneur, vertueux et juste. C’est une rĂ©fĂ©rence Ă Conan, le hĂ©ros barbare crĂ©e par Robert E. Howard (et campĂ© au cinĂ©ma par Arnold Schwarzenegger). D’abord assoiffĂ© de combat, Conan finit, aprĂšs moulte aventures, par devenir le roi juste du pays d’Aquilonia.
Mais Godfrey est avant tout une rĂ©fĂ©rence Ă Godefroy de Bouillon (Godfrey of Bouillon en anglais), un des grands seigneurs de la premiĂšre croisade (qui a connue quelques Ă©pisodes trĂšs sanglants). Il fut couronnĂ© premier souverain du Royaume franc de JĂ©rusalem (il par ailleurs Ă noter que les musulmans, et mĂȘme les grecs byzantins, voyaient parfois les francs comme des barbares).

Le prĂ©nom Godfrey ressemble aussi Ă god-free, gott-frei, dieu-libre. Ce que notre manieur de hache deviendra grĂące Ă son exil. DĂ©chu de sa souverainetĂ©, banni par sa femme, la reine Marika, il guide, vers les lointaines Terres StĂ©riles au-delĂ de la brume, ceux qui comme lui ont perdus le droit d’ĂȘtre guidĂ© par la GrĂące divine. Il fait alors acte d’humilitĂ© en renonçant Ă son statut de Seigneur pour redevenir un simple guerrier.
Enfin, et c’est lĂ oĂč l’on voit les nombreux clins d’oeil de George Martin Ă A Song of Ice and Fire, le prĂ©nom Godfrey rappelle Joffrey Baratheon, le dĂ©testable jeune roi des Sept Couronnes (magistralement interprĂ©tĂ© par Jack Gleeson dans la sĂ©rie, qui lui, ironiquement, semble ĂȘtre un gars en or).
Pied de nez symbolique, lĂ oĂč Joffrey Baratheon est vil et lĂąche, Godfrey semble vertueux (relativement on va dire) et courageux. Mais tous les deux se rĂ©vĂ©leront, au final, ĂȘtre surtout des instruments d’un pouvoir familial plus grand (reprĂ©sentĂ© entre autre par sa mĂšre Cersei pour Joffrey, et par sa femme Marika pour Godfrey).
Bref, Godfrey est donc redevenu un simple guerrier. Il se rebaptise alors Hoarah Loux pour marquer cette nouvelle vie. Hoarah rappelle O’Hara, nom de famille irlandais trĂšs courant. Ce qui souligne les inspirations gaĂ©liques d’Elden Ring, et Ă©voque une idĂ©e de lointain, un ailleurs un peu barbare.
L’Ăźle d’Irlande a une longue histoire d’Ă©migration (on trouve, par exemple, une importante minoritĂ© irlandaise Ă New York). DĂšs le Moyen-Ăge, les moines pĂ©lerins irlandais Ă©taient particuliĂšrement dĂ©terminĂ©s Ă voyager pour convertir le continent.

Et, sans dire que l’Irlande est une terre stĂ©rile pour autant, les famines (qu’elles soient ou non provoquĂ©es par la perfide Albion) pouvaient s’avĂ©rer dĂ©vastatrices.
C’est d’ailleurs la mĂȘme logique avec la lointaine terre d’Eochaid. MentionnĂ©e comme un pays d’ascĂštes (et donc de moines… Ou de gens qui ne mangent pas Ă leur faim).
« Godwyn the Golden » : Prince hĂ©ritier et demi-dieu parfait, victime d’un sort tragique
Godwyn est un des fils du Seigneur Godfrey et de la dĂ©esse Marika. Victorieux lors de la guerre contre les dragons (jusque dans son nom, « god-win » : dieu-gagne), d’une bontĂ© peu commune, beau et dĂ©nuĂ© de tares gĂ©nĂ©tiques, il semble avoir toutes les qualitĂ©s pour monter sur le trĂŽne et faire perdurer l’utopie de l’Ordre d’Or.

Naturellement, c’est donc son assassinat, montrĂ© au tout dĂ©but du jeu vidĂ©o, qui constitue l’Ă©lĂ©ment perturbateur aboutissant Ă la guerre civile (l’Eclatement) et Ă l’effondrement de sa dynastie.
Ainsi, le prĂ©nom Godwyn est peut-ĂȘtre une rĂ©fĂ©rence Ă Harold Godwinson, dernier roi saxon d’Angleterre, qui perdit face Ă Guillaume le ConquĂ©rant. Ce dernier instaurant une nouvelle dynastie et une nouvelle Ăšre.

Ătant un modĂšle de vertu, Godwyn la pomme ressemble aussi beaucoup Ă Baldwin. Nom anglais de Baudouin IV, lui aussi roi de JĂ©rusalem. L’un des monarques chrĂ©tiens les plus saints, justes et vertueux. Au point oĂč il Ă©tait honorĂ© et profondĂ©ment respectĂ© par ses ennemis. Notamment áčąalÄáž„ ad-DÄ«n (Saladin), puissant chef musulman que Baudouin a affrontĂ© et vaincu lors d’une bataille. Les deux finissant par Ă©tablir une paix entre chrĂ©tiens et musulmans, qui a vu une grande tolĂ©rance religieuse Ă JĂ©rusalem. MĂȘme schĂ©ma lors de la Guerre Draconique, oĂč Godwyn a gagnĂ© l’admiration du puissant dragon Fortissax, et mĂȘme l’amour de la dragonne Lansseax. L’Ordre d’Or et les dragons anciens finissant par devenir alliĂ©s, et Godwyn fondant le culte draconique dans la capitale.
Mais Baldwin comme Godwyn, malgrĂ© leur grandeur d’Ăąme et leurs prouesses martiales et politiques, furent victimes d’un sombre destin. Le roi de JĂ©rusalem souffrit de la lĂšpre une grande partie de sa vie, terrible maladie qui lui rongeait le corps et l’emporta prĂ©maturĂ©ment. Quand au blond Godwyn, il fut assassinĂ© et la Rune de Mort effaça son Ăąme. Condamnant son corps Ă devenir une abomination rĂ©pandant la Malemort, infection mort-vivante, aux quatres coins de l’Entre-terre.

Enfin, Godwyn partage de nombreux points communs avec Sanguinius, le Grand Ange et primarque des Blood Angels dans Warhammer 40 000. ModĂšles de vertu et de bontĂ©, beaux avec des longs cheveux blonds, trĂšs grands guerriers et meurent tragiquement dans des circonstances atroces. Meurtres qui scellent la fin d’un « ùge d’or » pour plonger dans un Ăąge sombre.
Godrick le Greffé : Un monstre moral et physique ?

Il n’y a pas trente-six noms mĂ©diĂ©vaux qui commencent en God. Donc le GreffĂ© Ă©tait Ă peu prĂšs certain de se voir appeler Godrick. Mais peut-ĂȘtre que c’est un clin d’oeil de George Martin Ă Reek, Schlingue en VF, surnom infamant donnĂ© par le tortionnaire Ramsay Bolton au pauvre Theon Greyjoy. Si ce surnom montre avant tout le sadisme de Ramsay (mĂȘme si Theon est trĂšs loin d’ĂȘtre blanc comme neige), cette puanteur pourrait convenir Ă l’Ăąme de Godrick le GreffĂ©. Car il est fondamentalement sadique, envieux, prĂ©tentieux et dĂ©saxĂ© (nonobstant, serait-il devenu aussi malfaisant si les autres demi-dieux ne l’avaient pas rabaissĂ©s Ă cause de son manque d’essence divine ? La question se pose).

Ăvoquons rapidement le cas de son quasi-homonyme Godefroy le GreffĂ©. Boss cachĂ© et petit easter egg prĂ©sent dans le jeu. Ce personnage est clairement une blague des dĂ©veloppeurs (et un point d’interrogation de mauvais goĂ»t dans le lore). Mais le fait de l’appeler Godefroy joue sans doute sur la prononciation un peu plus comique Ă l’oreille de Godefroy de Bouillon en français. Mais je ne m’Ă©tendrais pas davantage sur ce personnage, il n’en vaut sĂ»rement pas la peine…
Morgott et Mohg : M le Maudit
Toujours issus de la LignĂ©e DorĂ©e (les enfants de Marika et Godfrey), Morgott et Mohg n’ont pas eu le mĂȘme destin que leur frĂšre Godwyn. Car ils sont maudits de naissance (une constante chez les enfants de Marika, Godwyn Ă©tant l’exception qui confirme la rĂšgle). C’est ainsi que nous passons du G de « god » et « golden » au M de « malĂ©diction », « maleus », « maledictus »… Toutes les divinitĂ©s porteuses d’une affliction, d’un mal hĂ©rĂ©ditaire, nichĂ© dans l’hĂ©ritage et l’ADN, arborent ce M en dĂ©but de prĂ©nom.

HorrifiĂ©e par cette impuretĂ© qui remettait en question la perfection de son Ordre d’Or, la reine Marika bannit alors ses propres enfants, Morgott et Mohg, dans les Ă©gouts de la capitale, et les condamne Ă ĂȘtre enchaĂźnĂ©s Ă vie. Et leur pĂšre Godfrey ? On sait pas, il devait boire des biĂšres Ă ce moment lĂ …

Ainsi, le parallĂšle avec Lucifer, crĂ©e par Dieu et prĂ©cipitĂ© et enchaĂźnĂ© aux Enfers, est assez Ă©vident. Mohg notamment, ayant tous les attributs du Diable dans le jeu de base. Mais c’est aussi un schĂ©ma qui se rencontre dans la mythologie grĂ©co-romaine. La dĂ©esse-mĂšre HĂ©ra, dĂ©goĂ»tĂ©e par la laideur de son fils HĂ©phaĂŻstos, le jeta du haut du Mont Olympe. Le pauvre HĂ©phaĂŻstos se brisa une jambe Ă l’atterrissage, devenant boiteux. Tout comme Morgott, qui s’aide d’une canne pour marcher (ou pour nous pĂ©ter la gueule en boucle…). Pourtant, le dieu forgeron comme le RĂ©prouvĂ© cornu, serviront loyalement l’ordre divin qui les a initialement rejetĂ©. Faisant de leur mieux pour mettre leur rancĆur de cĂŽtĂ©. En espĂ©rant, peut-ĂȘtre naĂŻvement, ĂȘtre aimĂ©.
La damnation éternelle est aussi une référence à la mythologie, notamment à Prométhée, le titan qui se fit enchaßner à un rocher des Enfers aprÚs avoir apporté le feu aux hommes. Chaque nuit, un vautour dévore ses entrailles, avec un bon chianti et quelques fÚves au beurre. Chaque jour, il repousse.
Abattons maintenant l’Ă©lĂ©phant au milieu de la piĂšce. Morgott est un clin dâĆil Ă peine voilĂ© de George R.R. Martin Ă J.R.R. Tolkien (eh oui, encore un). Plus prĂ©cisĂ©ment Ă Morgoth, le mentor de Sauron. Le Seigneur des TĂ©nĂšbres originel dans la mythologie de la Terre du Milieu. C’est presque une inversion. LĂ oĂč Morgoth Ă©tait lumineux et parfait, mais sombre dans les tĂ©nĂšbres et la soif de pouvoir, s’opposant aux autres Valar (les Dieux) et adoptant une apparence effrayante… Le disgracieux Morgott s’Ă©chappe des tĂ©nĂšbres des Ă©gouts pour rĂ©gner sous la lumiĂšre de l’Erdtree. Et maintenir comme il peut l’Ordre d’Or, qui pourtant le mĂ©prise.

Une thĂ©orie rigolote qui circule parmi les fans. Lorsque l’on rencontre Morgott pour la premiĂšre fois, sous son pseudonyme de Margit, il nous Ă©largit le fondement encore et encore. Les morts de joueurs s’enchainent. Le joueur doit alors (Mar)GIT GUD. Devenir bon. Suffisamment pour triompher de cette Ă©preuve. Des dizaines d’heures plus tard, le joueur retombe de nouveau sur Morgott. Dans la salle du TrĂŽne d’Elden, et sous son vĂ©ritable nom ce coup-ci. Et le combat, pourtant objectivement technique et difficile, semble cette fois-ci beaucoup plus simple. En vĂ©ritĂ©, c’est le joueur qui est devenu plus fort. Il a (Mor)GOT(t) GUD. Il est devenu bon.
Je vous partage quelques autres de mes pistes les plus tirĂ©es par les cheveux : Marguerite la vache (pardon). RenĂ© Magritte (ceci n’est pas une pipe). Et Margaret Thatcher (aprĂšs tout, Warhammer 40 000 a dĂ©jĂ cachĂ© le nom de l’autoritaire ministre britannique dans celui de l’ork Ghazgkull Mag Uruk Thraka).
Nepheli Loux : GuerriÚre. Fille « illégitime » de Godfrey

Loux vient évidemment de « loup » pour le cÎté sauvage de la barbare. Mais également de « lux » (lumiÚre en latin). Car tout comme son pÚre Hoarah Loux en son temps, Nepheli est légitimement un espoir de ce monde. En ayant la volonté de se battre, mais aussi la volonté de régner de maniÚre juste. (son tempérament belliqueux sera tempéré par Kenneth Haight, comme Godfrey a été tempéré par Serosh).
Quant Ă Nepheli, ce prĂ©nom est une rĂ©fĂ©rence aux nephilim, des rejetons bĂątards, mi-anges et mi-humains. La guerriĂšre est en effet une fille illĂ©gitime (et non reconnue?) de Godfrey, qui est devenue un demi-dieu lorsqu’il Ă©tait Seigneur d’Elden. Du coup, il y a ambiguĂŻtĂ© quant Ă l’origine de ses pouvoirs : savoir si la puissance de Nepheli venait de son sang, qui serait peut-ĂȘtre restĂ© semi-divin, ou de son talent pur.

Miquella : le plus terrible des demi-dieux

L’un des enfants du couple blasphĂ©matoire Marika et Radagon, Miquella est le demi-dieu s’approchant le plus d’une divinitĂ© complĂšte. Son apparence infantile et lumineuse, son idĂ©alisme et sa bontĂ© cachent cependant un pouvoir terrifiant : l’amour. Pour purifier le cĆur des hommes. Les chrĂ©tiens ne disent-ils pas que Dieu est Amour ? Aussi, il est un quasi-anagramme de l’Archange Mikael (Saint-Michel). Le plus puissant des anges restĂ©s fidĂšles Ă Dieu. La terminaison en « -a » suggĂšre une nature fĂ©minine. Qui est confirmĂ©e par son alter ego, Sainte Trina.
Miquella ressemble aussi vaguement Ă Myrcella Lannis…(*tousse*) Baratheon. La mĂȘme belle beautĂ©, l’innocence blonde, pure et compatissante, que tout le monde aime. Une anomalie au sein de leur famille respective.
Messmer l’Empaleur : Le serpent du massacre

Non, je plaisante. Il est inspirĂ© de Pierre Messmer, Premier Ministre sous Georges Pompidou. Bon d’accord, son nom vient trĂšs probablement de l’anglais to mesmerize, hypnotiser. Hypnotiser, car c’est un pouvoir que l’on prĂȘte volontiers aux serpents, Ă qui il est trĂšs liĂ©. Souvenez vous de Kaa dans Le Livre de la Jungle de Disney. Cette capacitĂ© « d’hypnotiser » se retrouve dans la dĂ©votion fanatique de son armĂ©e envers lui. Et dans l’amour inconditionnel que semble lui porter Rellana. Et puis soyons honnĂȘtes, ce nom suinte le fourchelangue et le sifflement des serpents.
Quand Ă son sobriquet d’empaleur, c’est Ă©videmment une rĂ©fĂ©rence Ă peine voilĂ©e Ă Vlad Tepes (encore un nom qui siflotte), le prince de Valachie qui utilisait ce supplice pour terrifier ses adversaires. Et qui a inspirĂ© l’iconique Comte Dracula, d’oĂč les ailettes de chauve-souris.

Melina : Un écho de Mélisandre ?


Melina, notre fidĂšle servante et guide dans Elden Ring, possĂšde un dĂ©but de prĂ©nom quasiment identique Ă MĂ©lisandre dans Game of Thrones. MĂ©lisandre est la prĂȘtresse du dieu surnommĂ© « le Seigneur de la LumiĂšre ». Un dieu lumineux donc, mais mystĂ©rieux et invisible aux yeux des mortels. Et qui est la divinitĂ© lumineuse d’Elden Ring ? Marika, encore et toujours. Dont Melina ne se lasse pas de citer les versets. Notre servante semble mĂȘme prendre ses ordres directement de la dĂ©esse-mĂšre. Mais poussons l’analyse plus loin.
Dans Elden Ring, Marika est une figure omniprĂ©sente, et pourtant secrĂšte et cachĂ©e. Nous n’entendons jamais sa voix. Elle n’intervient jamais directement. Son regard n’est jamais reprĂ©sentĂ©. Tout ce que l’on sait d’elle vient des chroniques du passĂ©, des discours des autres personnages. Et au dessus de Marika, il y a un autre dieu lumineux, omniprĂ©sent et pourtant entiĂšrement cachĂ© et invisible, qui ne s’exprime que par l’interprĂ©tation de ses intermĂ©diaires : La VolontĂ© SuprĂȘme.
De surcroßt, la mission de Mélisandre est de guider Stannis Baratheon vers le trÎne. Tout comme la mission de Melina envers vous, Sans-Eclat. Une mission difficile, puisque dans les deux cas, de nombreux prétendants convoitent le pouvoir.
Les deux personnages ont un rapport bien particulier avec le feu. Et dans un nouveau retournement symbolique dont George Martin a le secret, lĂ oĂč MĂ©lisandre voit le futur dans les flammes, Melina, elle, ignore tout de son passĂ©. Enfin, le Sans-Eclat que nous incarnons s’avĂšre bien moins vertueux que le Stannis Baratheon des livres (si vous pensiez que le Sans-Eclat Ă©tait hĂ©roĂŻque, c’est que vous avez mal compris le scĂ©nario).
Radagon : Le patriarche de la lignée de Caria
Passons Ă la lignĂ©e carienne, la famille rĂ©gnant sur Liurnia. LĂ oĂč l’Ordre d’Or semble plutĂŽt prendre ses racines dans les pays germaniques (avec des touches celtiques et scandinaves) ; Liurnia des Lacs, au contraire, est une terre de sorciers et de chevaliers. Elle semble plutĂŽt inspirĂ©e de la France et de la MatiĂšre de Bretagne : les lĂ©gendes arthuriennes.
La famille royale carienne est formée par le mariage miraculeux entre Radagon et Rennala. Un double R donc.

Mais en tout cas, le prĂ©nom Radagon m’a toujours fait penser Ă Karadoc, chevalier de la Table Ronde. J’ignore si Radagon avait l’obsession de s’empiffrer de barbaque Ă trois heures du matin. Ou s’il faisait du kung-fu torse nu avec Perceval. Mais il y a bien une histoire « d’infidĂ©lité » (en inversion symbolique, Ă©videmment) dans sa biographie. LĂ oĂč Karadoc se fait voler sa femme Mevanwi par le Roi Arthur, Radagon va abandonner sa premiĂšre femme Rennala, pour aller se marier avec la reine Marika. De lĂ , dĂ©couleront toute une sĂ©rie de sombres Ă©vĂ©nements, pour la Bretagne comme pour l’Entre-terre.

Notons que Radagon est aussi un anagramme du mot dragon (pourtant, nulle trace de dragon dans sa biographie…). Et que ce prĂ©nom ressemble Ă nombre de dirigeants Targaryen. Par exemple Daemon, Aemond, mais aussi et surtout Aegon le ConquĂ©rant, premier roi des Sept Couronnes.
Ranni, la petite sorciĂšre
Me fait furieusement penser Ă une marque de pĂątes italiennes… En tout cas ça sonne italien (clin dâĆil Ă Pinnochio qui est lui aussi un pantin ?).
Plus sĂ©rieusement, c’est une contraction mignonne de Rennala : Ranni, comme pour dire « Petite Rennala ».

Je pense que Rellana se comprend facilement. Et pour Renna, la sorciĂšre des glaces (rĂ©fĂ©rence Ă la Reine des Neiges et Ă la SorciĂšre Blanche de Narnia), ce personnage restera dĂ©finitivement un mystĂšre… (curieux d’avoir renne dans le nom d’une sorciĂšre de l’hiver…).
Radahn, le Lion Rouge


Beaucoup de fans ont devinĂ©s que le ConquĂ©rant des Etoiles ressemblait Ă Ganondorf, l’antagoniste massif et roux de The Legend of Zelda. Difficile de leur donner tort, tant les points communs sont nombreux : peau sombre, magie Ă©mettant une lumiĂšre violette, dirige une armĂ©e belliqueuse et conquĂ©rante, nichĂ© dans un dĂ©sert. De surcroĂźt, Ganondorf possĂšde souvent une apparence de sanglier, arborant des dĂ©fenses impressionnantes. Qui font furieusement penser aux cornes du casque de Radahn. D’autres fans ont aussi vus une ressemblance avec l’empereur Gaiseric, le Skull Knight dans Berserk. Nous y reviendrons.
Mais une troisiĂšme inspiration me vient Ă l’esprit. Raoh, l’antagoniste mythique du manga Hokuto no Ken (Ken le Survivant). Lui aussi belliqueux, terriblement puissant et en quĂȘte du pouvoir absolu et d’un adversaire Ă sa hauteur, mais honorable et courageux. Lui aussi jugĂ© sur un cheval, vĂȘtu d’une armure, d’une cape et d’un casque Ă cornes. MĂȘme propension (Ă la fois orgueilleuse et Ă©mouvante) Ă dĂ©fier les cieux, les Ă©toiles et le destin.


Mais n’oublions pas George Martin ! L’iconographie du lion et de la couleur rouge renvoit Ă©videmment aux Lannister. L’une des grandes maisons mythiques d’A Song of Ice and Fire. Et maintenant, vous connaissez la chanson.
Non, pas celle-lĂ … Celle de l’inversion symbolique : celle oĂč les Lannister sont des comploteurs dĂ©cadents dĂ©tenant le pouvoir, Radahn est un guerrier bourrin mais honorable qui recherche le pouvoir.
Quant Ă son fidĂšle cheval LĂ©onard, c’est tout simplement Lion heart, « coeur de lion » en francisĂ© (on a eu droit Ă la mĂȘme francisation pour Squall Leonhart dans Final Fantasy VIII). PrĂ©nom tĂ©moignant du courage et de la tĂ©nacitĂ© absolue du frĂȘle mais fier destrier ! Et en parlant de Coeur de Lion…
Rykard : Des histoires de familyyy…
Non, le prĂȘteur Rykard n’est pas une rĂ©fĂ©rence au Pastis 51 de Marseille. Rykard est une rĂ©fĂ©rence Ă Richard Coeur de Lion.


Roi d’Angleterre courageux, mais colĂ©rique, Richard Coeur de Lion participe Ă la TroisiĂšme Croisade. On retrouve peut-ĂȘtre ces traits chez Rykard, par son cĂŽtĂ© impitoyable et son rapport au feu. Lui aussi mĂšne une guerre religieuse, car il s’est vouĂ© Ă Eiglay, le Grand Serpent (et certains de ses fidĂšles sont convertis Ă la Flamme ExaltĂ©e).
Richard, comme Rykard, sont en conflit direct avec leur fratrie pour le TrĂŽne. Ainsi, la guerre sans merci ni vainqueur entre Rykard et Morgott rappelle l’affrontement entre Richard Coeur de Lion et son frĂšre, surnommĂ© Jean Sans Terre (le mĂ©chant dans Robin des Bois), qui s’estime lĂ©sĂ© par sa mĂšre. Et vu que Morgott a effectivement Ă©tĂ© expulsĂ© de la famille royale par sa mĂšre, avant de revenir pour s’emparer d’Altus et de la capitale, la similitude n’en est que plus intriguante.
Enfin, Richard comme Rykard mourront d’une arme perçante. Richard par un carreau d’arbalĂšte dans l’Ă©paule, qui s’infectera et causera une gangrĂšne. Rykard par la lance lĂ©gendaire Traque-VipĂšre (du moins si le joueur consent Ă l’utiliser).
Kenneth Haight : Une idée de hauteur, de taille
En effet, lors de votre premiĂšre rencontre, le personnage vous regarde de haut. LittĂ©ralement. Parce qu’il est perchĂ© sur les ruines d’un bĂątiment. Mais aussi symboliquement, car il vous indique ĂȘtre de noble lignage. Et semble possĂ©der un ego assez prononcĂ©. Mais en apprenant Ă mieux le connaĂźtre, on comprend qu’en vĂ©ritĂ©, c’est un idĂ©aliste avec une certaine hauteur de vue et grandeur d’Ăąme. Il tient sincĂšrement Ă trouver un souverain vertueux pour NĂ©crolimbe. Sans revendiquer lui-mĂȘme le titre. Alors que, vu le bordel ambiant, il pourrait tout Ă fait. Au contraire, il souhaite ĂȘtre le conseiller, sage et posĂ©, d’un autre personnage.
On pourrait donc y voir une version plus vertueuse et moins ambitieuse d’Otto Hightower, la Main du Roi de Viserys et Aegon Targaryen. Jusqu’Ă leur obsession pour la barbe et les robes de chambre stylĂ©es. Haight, Hightower… Le nom est pratiquement le mĂȘme…


En recherchant l’hĂ©ritier lĂ©gitime de NĂ©crolimbe, Kenneth Haight prend le risque mortel de s’opposer au tyran local, Godrick le GreffĂ©. Haight est Ă©galement un des rares personnages Ă vouloir rĂ©instaurer la paix et le dialogue avec les semi-humains, crĂ©atures simiesques. Le joueur, qui pouvait, jusque lĂ , prendre les semi-humains pour des primates barbares et agressifs, comprend donc alors qu’ils forment une vraie civilisation, qui coexistait jadis pacifiquement avec les humains.
Les dragons : l’obsession de Martin et de Miyazaki
Vous les attendiez. Dans les Ă©crits de George Martin, les noms des dragons viennent du language de l’antique Valyria : Vermithor, Vhagar, Caraxes, Meraxes, Meleys, Syrax…
L’auteur a gardĂ© la prĂ©dominance du son « -ax », Ă la fois agressif et antique, quasiment grec, pour nommer les dragons anciens de Farum Azula : Fortissax, Florissax, Lansseax, Senessax, Granssax…
Ils semblent que leurs noms viennent d’une qualitĂ© qui les caractĂ©rise chacun (maintenant, je vous laisse changer une lettre sur Placidusax…).
Et BAYLE, le vil Bayle la Terreur dans tout ça ? Eh bien c’est une contraction de Balerion la Terreur, le plus grand dragon connu dans l’univers de Game of Thrones !


Igon : Celui qui survécut aux flammes du dragon
Quand Ă sa nĂ©mĂ©sis, Igon le chasseur de dragons (meilleur personnage du jeu), c’est un clin d’oeil au hĂ©ros lĂ©gendaire Aegon Ier Targaryen, le premier roi a unifier les Sept Couronnes. Partant d’une Ăźle minuscule, il a conquis un continent gigantesque. Igon a beau ressembler Ă un clochard Ă cĂŽtĂ©, il n’en est pas moins hĂ©roĂŻque ! Car il affronte et vainc des dragons qui font dix fois sa taille !
MutilĂ© et traumatisĂ© par Bayle (sans doute dans un excĂšs de confiance et d’imprĂ©paration), brĂ»lĂ© et les jambes brisĂ©es, voir arrachĂ©es, Igon va pourtant trouver, auprĂšs d’un alliĂ© inattendu, le courage de se ressaisir et de combattre de nouveau ! Exactement comme l’autre roi Aegon ! Aegon II Targaryen, qui a survĂ©cu aux flammes de Vhagar, au crash aĂ©rien, aux manigances de son frĂšre Aemond. Et qui semble ne pas avoir dit son dernier mot dans la Danse des Dragons.


Maliketh : La Lame d’EbĂšne
Maliketh est un anagramme Ă peine dissimulĂ© de Malekith, le roi des elfes noirs chez Marvel, crĂ©e par l’auteur de comics Walter Simonson en 1984 (et qui inspirera son homonyme dans Warhammer Fantasy Battle). Malekith est inspirĂ© par les rĂ©cits des anciens scandinaves sur les elfes noirs rĂ©sidant Ă Svartalfheim. Mais Ă©galement par Elric de MelnibonĂ©, le hĂ©ros aux cheveux blancs de Michael Moorcock, porteur de l’EpĂ©e Noire qui boit les Ăąmes.
Ennemi de Thor, Malekith est bien sĂ»r associĂ© aux tĂ©nĂšbres (comme Maliketh est associĂ© Ă la mort). L’elfe noir s’illustre par sa duplicitĂ©. Tandis que le loup Maliketh s’avĂšre excessivement loyal. Et c’est lui qui se fera trahir (la trahison Ă©tant Ă©galement un motif rĂ©current dans Le Cycle d’Elric).


Sir Gideon Ofnir, the All-Knowing
Dans son prĂ©nom, Gideon contient les lettres du mot Odin. En effet, ce dernier est le roi des dieux scandinaves (et le PĂšre NoĂ«l accessoirement). Ofnir est en effet une perversion (un peu pathĂ©tique) du concept du sage qui voit et sait tout. Mais lĂ oĂč le Allfather Odin, a sacrifiĂ© son Ćil Ă la fontaine de Mimir pour obtenir la sagesse ; le « All-Knowing » multiplie les yeux et les oreilles sur son armure pour tenter d’accumuler les connaissances. Et s’il sacrifie quelque chose, c’est bien ses semblables Sans-Eclat, qu’il manipule sans vergogne. Ne s’exposant lui mĂȘme que rarement au danger (lĂ oĂč Odin aime guerroyer en personne). Peut-ĂȘtre est-il ainsi Off(n)ir ? Hors Mimir ? (je vous l’accorde, c’est tirĂ© par les cheveux).


En tout cas, Gideon et Odin sont tous deux terrifiĂ©s par la fin du cycle, par la fin de l’Histoire. Et ils feront tout (en vain) pour tenter de l’empĂȘcher. Les mesures radicales d’Odin dĂ©clencheront ainsi tragiquement le Ragnarök, le CrĂ©puscule des Dieux.
Pour finir, quelques inspirations en vrac
L’Entre-Terre, Westeros, les mythes et l’Histoire recĂšlent encore bien des similitudes. Mais cela serait trop long de toutes les dĂ©tailler, alors voici une liste trĂšs courte.
- Blaidd = « Loup » en gaélique, mais aussi « blade » (lame).
- Thops l’apprenti sorcier = Thot, le dieu Ă©gyptien du savoir et de la magie.
- Sellen la sorciÚre = Séléné, déesse grecque de la lune.
- Leda, sĂ©ide de Miquella = Leda, femme sĂ©duite par Zeus sous la forme d’un cygne blanc. MĂšre de Castor, Pollux, HĂ©lĂšne et Clytemnestre.
- Tanith = Stannis. Tous les deux trempent dans l’assassinat de leurs semblables, sont disciples d’une nouvelle religion et sont liĂ©s au feu.
- Metyr, la MÚre des Doigts = Déformation de « mother » et du germanique « mutter » (mÚre).
- Ymir, le Grand PrĂȘtre = Ymir, pĂšre des GĂ©ants des Glaces et l’un des tous premiers ĂȘtres vivants de la mythologie scandinave. Tous deux ont une thĂ©matique de sacrifice de soi pour recrĂ©er le monde.
- Freyja, la guerriÚre balafrée du Lion Rouge = Freyja, déesse scandinave de la beauté. GuerriÚre qui chevauche un chat géant.
- Seluvis = Sidious ? Insidieux, fourbe, manipulateur (érudit).
- Rya = Arya (difficile de trouver des points communs ceci dit. L’art de la dissimulation d’identitĂ© ?)
- Elemer du Roncier = Elemer of the Briar = Ele-mer du Brouillard. Vient de la mer (d’Eochaid), au delĂ de la brume ?
- Midra, Seigneur de la Flamme Exaltée = Déformation de Mithra, dieu perse de la lumiÚre et du bien, qui affronte un dieu maléfique et cornu.
- Nanaya = Nanahuatzin ? L’une est une belle femme qui pousse quelqu’un d’autre Ă endurer un supplice pour Ă©veiller la Flamme ExaltĂ©e qui doit dĂ©truire le monde (et sauver les opprimĂ©s de la souffrance). L’autre est un dieu aztĂšque laid et opprimĂ© qui se sacrifie dans les flammes pour s’Ă©lever en un nouveau soleil pour sauver le monde.
- Corhyn, qui a perdu ses yeux = Qhorin le mi-main, qui a perdu ses doigts.
- Edgar = Anagramme de garde. Chevalier qui veille sur le trĂ©sor de Castle Morne. (y’a t-il une rĂ©fĂ©rence Ă Edgar Allan Poe ?)
- Okina, le samurai = Okinawa, ßle du Nihon. Il y a aussi « oni » dans son nom (démon).
- Alexander, le Guerrier-Jarre = Alexandre le Grand, le cĂ©lĂšbre conquĂ©rant. Tous deux des « hĂ©ros » d’un grand courage.
- Serosh, le lion conseiller du roi-consort Godfrey = Sirrush, le dragon (Ă pattes avant de lion) gardant les portes de Babylone. Guide et protecteur associĂ© au roi des dieux, Marduk. Le nom Sirrush viendrait d’une erreur de traduction des archĂ©ologues. Le vrai nom de la crĂ©ature serait MuĆĄhuĆĄĆĄu (« dragon-serpent rouge »)… Eh oui, c’est de lĂ d’oĂč vient Mushu, le dragon de Mulan chez Disney !
- Torrent = torrent en français. Une chute d’eau, pour montrer la verticalitĂ© du gameplay de notre chĂšvre prĂ©fĂ©rĂ©e, qui peut monter des falaises normalement inaccessibles. Mais aussi et surtout, le meilleur systĂšme anti-piratage. Puisqu’en tapant « elden ring torrent », on tombe non pas sur des liens de transfert de donnĂ©es informatiques… Mais sur des images du fier destrier poilu.
- Ordovis, Siluria et Devonia, chevaliers du Creuset = Ordovicien, Silurien et DĂ©vonien. PĂ©riodes extrĂȘmement lointaines (avant mĂȘme les dinosaures), correspondant Ă l’Ă©volution foisonnante de la vie dans les ocĂ©ans. Ces pĂ©riodes ont Ă©tĂ© nommĂ©s d’aprĂšs des tribus ou rĂ©gions celtiques ou anglaises.
- Astel = Anagramme de « stella » (étoile en latin). Comme un astre mal formé.
- Maleigh Tourbier = La tourbe est une matiĂšre organique issue de la dĂ©composition de matiĂšres organiques dans une zone humide, un marĂ©cage par exemple. Le chĂąteau de ce noble est devenu un marĂ©cage empoisonnĂ©. Ca ressemble aussi Ă bourbier, situation inextricable. L’obsession de ce noble conduit Ă sa chute.
Bibliographie & Ludographie
- Elden Ring [jeu vidéo] par From Software, Bandai Namco, 2022
- Elden Ring : Shadow of the Erdtree, [jeu vidéo] par From Software, Bandai Namco, 2024
- Final Fantasy IX [jeu vidéo] par Squaresoft, 2000
- Game of Thrones [sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e], créée par David BENIOFF et D. B. WEISS. BasĂ©e sur les romans de George R. R. Martin. Ătats-Unis : HBO, 2011â2019.
- House of the Dragon [sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e], créée par Ryan CONDAL et George R. R. MARTIN. InspirĂ©e du roman Feu et Sang de George R. R. Martin. Ătats-Unis : HBO, 2022â en cours.
- Kaamelott [sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e], créée, Ă©crite et rĂ©alisĂ©e par Alexandre ASTIER. France : M6, 2005â2009.
- MARTIN George R.R., Le TrĂŽne de Fer (A Song of Ice and Fire), sĂ©rie de romans. Traduction française par Jean Sola. Paris : Pygmalion / Jâai Lu, 1998â 2025
- MARTIN George R.R., Feu et Sang (Fire and Blood). Traduit de lâanglais (Ătats-Unis) par Patrick Marcel. Paris : Pygmalion, 2019
- TOLKIEN, J.R.R., Le Seigneur des Anneaux [omnibus]. Traduit de lâanglais par Francis Ledoux. Paris : Christian Bourgois, coll. « LittĂ©rature Ă©trangĂšre », 2000.
- TOLKIEN, J.R.R., Le Silmarillion. Mis en forme par Christopher Tolkien. Traduit de lâanglais par Francis Ledoux. Paris : Christian Bourgois, coll. « LittĂ©rature Ă©trangĂšre », 1978.
- MAMEROT SĂ©bastien, Les Passages dâOutremer, illustrĂ© par Jean Colombe, vers 1474-1475. BibliothĂšque nationale de France, DĂ©partement des Manuscrits, Français 5594, f. Domaine public.
- ANONYME, La Navigation de saint Brendan, traduit du latin et prĂ©sentĂ© par Philippe Walter. Paris : JosĂ© Corti, coll. «âŻMerveilleux mĂ©diĂ©valâŻÂ», 2000.
- MARKALE Jean, L’ĂpopĂ©e celtique d’Irlande, de Jean Markale. Paris : Payot, coll. « BibliothĂšque historique », 1975.
- GROUSSET RenĂ©, LâĂpopĂ©e des Croisades, de RenĂ© Grousset. Paris : Perrin, 1934.
- DE TROYES ChrĂ©tien, Romans de la Table Ronde. Traduits de lâancien français et prĂ©sentĂ©s par Jean Marie Fritz, Charles MĂ©la, Olivier Collet et al., prĂ©face de Michel Zink. Paris : Le Livre de Poche, coll. « Classiques », 20 mars 2002.
- BUSNEL François. Les Grands mythesâŻ: dieux et hĂ©ros de la mythologie grecque. ParisâŻ: ArteâŻFranceâŻĂditions, 18âŻoctobreâŻ2023.
- RENDU Jean-Baptiste, Le Grand Atlas de la mythologie nordique, prĂ©face de FrançoisâŻEmion. ParisâŻ: GlĂ©nat, coll. «âŻLe Grand AtlasâŻÂ», 2á” Ă©d., 9 octobreâŻ2024.
- SCHERRER, Monique, MAZUY, FrĂ©dĂ©ric, & SURCOUF, Erwann (illustrateur). Le Dico des symboles chrĂ©tiens dans lâart. Paris : Bayard Jeunesse, coll. «âŻEveil religieuxâŻÂ»
- MOORCOCK Michael, Le Cycle dâElric, Paris : Omnibus, 2006.
- SIMONSON Walt (scĂ©nario et dessin), Thor, volume 1 [bande dessinĂ©e]. Traduit de lâanglais par [Nom du traducteur si connu]. Paris : Panini Comics, coll. « Marvel Deluxe », 2016.
- TECHER JL, « Elden Ring, Sekiro, Dark Souls… Hidetaka Miyazaki, le maĂźtre des plus beaux cauchemars« , article, Ecran Large (derniĂšre consultation le 02/07/2025).
- PESSAUX ClĂ©ment, « George R.R. Martin delivers crushing blow to Game of Thrones fans : « I’ll never finish The Winds of Winter. », article 3DVF (derniĂšre consultation le 30/06/2025)
- LAFLEURIEL Erwan et YIN-POOLE Wesley, « George R.R. Martin s’adresse aux fans Ă©nervĂ©s qu’il fasse d’autres choses qu’Ă©crire The Winds of Winter : « Vous ne croyez plus en moi »., article IGN France (derniĂšre consultation le 30/06/2025)
- Aegon Targaryen, « George RR Martin on Elden Ring », vidéo en libre accÚs sur YouTube.
- The Tarnished Archaeologist, chaĂźne YouTube en libre accĂšs (LA meilleure chaĂźne de lore Elden Ring)
- L’ArchĂ©olore, chaĂźne YouTube en libre accĂšs (trĂšs bonne chaĂźne de lore Elden Ring)
- Loudic, chaĂźne YouTube en libre accĂšs (lore Elden Ring)
- VaatiVidya, chaĂźne YouTube en libre accĂšs (lore Elden Ring)
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Rédigé par Evan Garnier
Rédacteur, Relecteur SEO, Administrateur du groupe facebook « La Galaxie de la Pop culture », écrivain amateur de biÚres, comicsophile, regarde des vidéos youTube sur des sujets que lui seul comprend

Je trouve intéressant le lien que tu fais entre le lion de Godfrey Serosh et la chimÚre Lion/Serpent/Rapace Sirrush, gardien de Babylone.
Godfrey est aussi lié à Voilorage, qui est trÚs lié aux rapaces (aigles et faucons).
Et si le serpent a sĂ©duit et trompĂ© Marika pour qu’elle commette le pĂ©chĂ© originel, Marika est donc Eve et Godfrey Adam.
Et Enir Illim est évidemment une référence à la Tour de Babel, qui est associée au Ziggurat de Babylone.
C’est comme si la bĂȘte originelle Sirrush s’Ă©tait sĂ©parĂ©e selon ses trois parties Lion, Serpent et Aigle, les trois Ă©tant liĂ©es Ă Godfrey/Adam.
Il y a un truc je trouve.
Ca va peut-ĂȘtre chercher trop loin, mais il y a un truc.
Quel article brillant ! âš
Tu parviens Ă tisser avec finesse les multiples fils qui relient lâunivers Ă©pique dâElden Ring Ă lâĆuvre monumentale de GeorgeâŻR.âŻR. Martin, mais aussi Ă un large Ă©ventail de rĂ©fĂ©rences mythologiques et historiques.
đ Le worldbuilding, piĂšce maĂźtresse de lâarticle, est superbement exposĂ©. On y dĂ©couvre que GeorgeâŻR.âŻR. Martin nâa pas simplement servi de caution marketing : il a effectivement posĂ© les bases anciennes du lore de lâEntre-Terre â un fond mythique dense, plein de dynasties, dâintrigues politiques et de lignĂ©es corrompues â qui a ensuite Ă©tĂ© intĂ©grĂ© par Miyazaki et FromSoftware dans une narration cryptĂ©e et immersive
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Millenium FR
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đŠ Les clins dâĆil Ă Game of Thrones sont saisissants : de lâĂ©pĂ©e Grafted Blade Greatsword, inspirĂ©e du TrĂŽne de Fer, aux noms des dĂ©mi-dieux (Godfrey, Rennala, Radagon, Marika) formant les initiales GRRM comme un hommage intĂ©grĂ© dans le mĂ©dium mĂȘme du jeu
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đ Mais lâarticle va bien au-delĂ dâune simple intertextualitĂ© Game of Thrones. La liste des correspondances entre personnages dâElden Ring et figures mythologiques (gaĂ©liques, grecques, scandinaves, mĂ©sopotamiennes, etc.), comme Blaidd / loup, Sellen / SĂ©lĂ©nĂ©, Ymir / sacrifice, Freya, Mithra, Nanahuatzin ou encore les chevaliers gĂ©ologiques Ordovis, Siluria, Devonia, est richement documentĂ©e
Revue de la Toile
.
Cette approche dĂ©montre Ă quel point Elden Ring est un patchwork intellectuel mĂȘlant les mythes antiques, les jeux de langage, lâĂ©tymologie, et la symbolique chrĂ©tienne ou paĂŻenne. Le lien avec Game of Thrones est bien prĂ©sent, mais ce ne reprĂ©sente quâune partie de lâĂ©difice.
đŁ En clair : lâarticle rĂ©ussit Ă montrer quâElden Ring est un univers polyforme, une oeuvre oĂč le culturel (mythes ancestraux, langues anciennes, symboles) et le narratif (politique, tragĂ©die, dynasties) sâenchevĂȘtrent de maniĂšre subtile et fascinante.
Ne serait-ce pas idĂ©al pour apprendre aux fans comment explorer le monde du jeu avec un regard de dĂ©tective littĂ©raire ? Le genre dâarticle qui change la lecture du jeu, et puis donne envie dây replonger avec une loupe Ă la main.
Bravo pour ce travail Ă©rudit et accessible, câest un vrai plaisir de lire une analyse aussi riche â Ă la fois Ă©rudite, crĂ©ative et bien structurĂ©e.