Revue de la Toile

La fantasy, tout le monde en a entendu parler. Le genre principal de littérature que l’imaginaire collectif relie à des œuvres telles que Le Seigneur des Anneaux ou bien Conan le Barbare. Pourtant le genre est assez complexe à saisir et nous vous proposons un éclaircissement sur un genre littéraire pluriel.

fantasy_world

Commençons par la définition officielle proposée par le site officiel de Larousse : « Genre littéraire qui mêle, dans une atmosphère d’épopée, les mythes, les légendes et les thèmes du fantastique et du merveilleux. (Recommandation officielle : fantaisie.) [On dit aussi heroic fantasy.] » Cependant, la définition française pose certains problèmes par rapport à ce qui est dit en anglais. Nos amis anglophones décrivent la fantasy comme « Des fictions qui dépassent le cadre de l’expérience humaine ordinaire« . Pourtant, en y regardant de plus près, il se trouve que le genre existe, sous un autre nom, depuis de nombreuses années à commencer par le roman de chevalerie.

La fantasy a été portée par la chevalerie, la mythologie puis le conte

A vrai dire, les premières œuvres de fantasy sont trouvables au sein des différents mythes de différentes cultures. Que ce soit l’Iliade, l’Odyssée ou bien encore d’autres titres comme l’épopée de Gilgamesh, même Les Métamorphoses d’Ovide font office de background fantaisiste. Toute mythologie contient de la fantasy. C’est ensuite le roman de chevalerie qui a pris le relais. Cela a commencé par les légendes arthuriennes, mais aussi la chanson de geste. Elle aboutit lors de la Renaissance à de nouveaux genres littéraires comme le conte, qui, outre sa portée symbolique déploie, un imaginaire et un bestiaire de plus en plus étoffé.

860-dragon-header-iStock-494839519

En effet, l’appellation de fantasy est encore jeune, mais elle revêt différentes formes au fil des années. Le point commun de toutes ces œuvres est qu’elles mêlent des fictions de l’imaginaire développées aux travers de plusieurs créations. La particularité de la fantasy, c’est par ailleurs son imaginaire collectif qui est pluriel. Cela donne l’occasion aux auteurs de varier la fantasy sous différents thèmes. Des universitaires américains mais aussi français comme Anne Besson ont dénombré les sous-genres de la fantasy. Voici une liste non exhaustive de grands thèmes :

  • Light Fantasy : qui se résume simplement comme une parodie du genre.
  • Urban Fantasy : qui correspond à l’insertion du merveilleux dans un environnement urbain
  • Héroïc Fantasy : un texte qui s’intéresse à un héros solitaire
  • High Fantasy : un texte sous genre de fantasy qui porte sur un héros ou bien un groupe qui lutte contre une grande force antagoniste
  • Dark Fantasy : un univers sombre où les forces du bien sont mises en souffrance

L’avantage de la fantasy, c’est qu’elle peut aussi bien transcender les genres que les médias. En effet, les créations de ce genre ont inspiré les artistes de tous temps, à tel point qu’il est possible de s’attarder sur plusieurs genres. La seule problématique est la distinction entre la fantasy et la science-fiction qui donne du fil à retordre à tous les théoriciens. La différentiation de ces deux courants repose sur le faite que les créations et créatures de la science-fiction ont une origine rationnelle.

Bande dessinée et Manga, nouveaux terreaux de la fantasy

Conan le Barbare.jpg

Commençons par ce qui a fait connaître la fantasy. La bande dessinée a été depuis de nombreuses années un formidable vecteur d’imaginaire, surtout par le biais d’un auteur très créatif : Phillip E. Howard. Ce dernier, est connu dans le monde entier grâce à un personnage devenu désormais iconique : Conan le barbare. Howard est l’un des piliers de l’heroic fantasy, tout comme l’est Tolkien. Par ailleurs, l’univers de la bande dessinée et ce que l’on a appelé par la suite les « Weird Tales » a été le terreau d’une contre culture qui a puisé dans ces textes pour créer différents types de contenus, comme le cinéma de genre. Bien entendu, on pourrait aussi parler de la situation des comics en termes de fantasy, mais comme nous allons le voir par la suite, ces derniers apportent quelques complications. D’autres bandes dessinées plus récentes, comme par exemple le Donjon de Naheulbeuk jouent sur les codes de la High-fantasy d’Howard pour faire rire un public d’initiés.

En ce qui concerne le manga en revanche, on a déjà à faire à un genre littéraire très codifié. Les seinen, Shonen ou bien encore Shojo sont les termes les plus usités pour parler des catégories d’œuvres existantes. Cependant, ce qui nous intéresse concerne plutôt ce qui se trouve au sein de l’histoire, de la diégèse. Ainsi, un manga comme Dragon Ball remplit toutes les conditions pour être considéré comme de la fantasy. Par ailleurs, la situation est identique pour les animés. La grande force du manga repose dans la très grande diversité des œuvres qui sont proposées.

Berserk

Quelques idées de lecture manga en fantasy.

  • Heroic fantasy : Seven Deadly Sins.
  • Dark fantasy : Berserk
  • Autres : Full Métal Alchemist / Death Note / Naruto

La fantasy prend une nouvelle dimension avec le cinéma

Tout d’abord genre réservé seulement aux lecteurs, la fantasy prend peu à peu son envol avec l’essor du cinéma à Hollywood. Les producteurs y virent rapidement un moyen efficace de générer du profit grâce à ces films. Cela passe par des adaptations d’œuvres comme Conan le Barbare mais aussi et surtout, la trilogie du Seigneur des Anneaux. Dirigé par le réalisateur Peter Jackson, le projet est pharaonique tant l’œuvre de Tolkien est riche et complexe. Depuis sa sortie, les trois films sont restés comme des incontournables dans l’imaginaire collectif. La trilogie est devenue l’un des piliers de la fantasy. Elle a même permis un second souffle à la version papier. Cependant, la réelle révolution en terme de fantasy au cinéma concerne une autre saga littéraire : Harry Potter. Ce sont sept livres et huit films sur la trame officielle, sans compter Les Animaux Fantastiques. Le succès de la saga écrite par J.K. Rowling a permis à toute une flopée de cycles romanesques d’être adaptés avec plus ou moins de succès, allant d’Eragon à Twilight. Ainsi, Harry Potter est devenue l’œuvre de fantasy la plus vendue dans le monde à raison de 450 millions d’exemplaires dans le monde. Cependant, le sorcier à la cicatrice n’a pas été le seul à populariser le genre pluriel de la fantasy.

Harry Potter Frodon

En effet, une célèbre société d’animation avec un personnage iconique aux grandes oreilles a proposé un certain nombres d’adaptations de romans. Parmi elles, on peut compter Merlin l’Enchanteur, Peter Pan ou la Planète au Trésor. Même l’animation japonaise avec des films comme Princesse Mononoké ou encore le Château Ambulant reprennent les codes de la fantasy. Enfin en termes de séries à la télévision, Alexandre Astier avec Kaamelott a popularisé le sous-genre de la légende arthurienne tout comme la série britannique Merlin. Au final, la fantasy est désormais présente sous toutes les coutures dans différents genres. Depuis quelques années, un nouveau genre a popularisé ce genre et ses sous-thèmes : le jeu vidéo.

Des mondes pluriels faisant agrandir la fantasy

Silmarillion

Selon Gérard Guéro, la fantasy est un « moteur d’histoires ». Comme il vous en est fait étalage ci-dessus, le genre dispose d’un très fort potentiel de transmédia. Comprenez, la fantasy peut rapidement transcender tous les univers médiatiques quels qu’ils soient. Au fil des années, le genre s’est révélé comme étant très codifié en toutes circonstances. Les auteurs peuvent jouer avec les codes. Le terreau le plus fertile pour la création de nouvelles histoires se pose dans la littérature jeunesse. L’imaginaire des contes permet une très grande flexibilité et chaque œuvre peut se nourrir de la précédente.

Le point décisif sur lequel repose le genre de la fantasy est celle du fameux écrivain britannique J.R.R Tolkien. Dans sa volonté de créer une mythologie définitivement ancrée à la Grande-Bretagne, le linguiste a finalement accouché d’une œuvre a portée internationale qui a par la suite influencé un grand nombre d’auteurs.

Tolkien a redonné vie à la fantasy ; il l’a rendue respectable ; il a fait naître un goût pour elle chez les lecteurs comme chez les éditeurs ; il a ramené les contes de fées et les mythes des marges de la littérature ; il a « élevé le niveau » pour les auteurs de fantasy. Son influence est si puissante et omniprésente que pour bien des auteurs, la difficulté n’a pas été de le suivre, mais de s’en dégager, de trouver leur propre voix […] Le monde de la Terre du Milieu, comme celui des contes de fées des frères Grimm au siècle précédent, est entré dans le mobilier mental du monde occidental

Cependant, l’une des œuvres les plus intéressantes de Tolkien, outre le Silmarillion, se nomme « On Fairy-Stories » qui est un essai sur le conte de fées. Au sein de ce livre, il explique que le conte de fées crée de la « Fantasy », ce qui correspond à la création d’un monde seconde qui s’oppose au monde réel.

La fantasy en résumé

Pour résumer que peut on retenir de la fantasy ? Il s’agit d’un genre littéraire à la fois pluriel mais aussi transmédiatique. Ainsi, le propre de la fantasy est de pouvoir se diviser en sous-genre en fonction de ce qu’elle raconte. Elle a pour caractéristique de mettre en place des histoires qui se déroulent dans un monde plus ou moins proche du réel, sans que cela soit le cas. Il est possible de trouver des histoires de fantasy en bande dessinée, manga, dans la littérature, au cinéma, ou bien même dans les jeux vidéos. En bref, la fantasy est devenu depuis quelques années un genre emblématique de la culture pop.

Sources

https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/fantasy/10910360

Définition de la fantasy

http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2011-05-0095-001

Qu’est-ce que la Fantasy ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/J._R._R._Tolkien#%C5%92uvres

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :